Commentaire composé de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, II, 1

Commentaire composé de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, II, 1

Photo by Kristopher Roller on Unsplash
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En quoi cette comédie qui parodie la tragédie classique permet-elle une critique sociale tout en mettant en avant la place de la femme dans la société du XVIIIème siècle ?

 

 

 

Boileau (Art poétique, 1674) : «Qu'en un lieu, en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli». La règle des trois unités vise à renforcer l'illusion théâtrale en réduisant l'écart entre action et représentation.

 

Introduction :

 

Le mariage de Figaro est une comédie écrite par Beaumarchais en 1778 et jouée pour la première fois en 1784. Elle a un succès fou.

 

Nous allons nous intéresser  en quoi cette comédie qui parodie la tragédie classique permet-elle une critique sociale tout en mettant en avant la place de la femme dans la société du XVIIIème siècle ?

 

Pour cela, nous allons tout d’abord voir comment Beaumarchais fait une critique sociale sur la relation maître/valet à travers son œuvre, comment il arrive à faire une parodie de la tragédie classique et pour finir comment l’union des deux femmes permet la résistance à l'oppression masculine.

 

1) La critique sociale maître/valet

 

“Oh, que non ! Monseigneur n’y met pas tant de façon avec sa servante : il voulait m’acheter.”

Comme Suzanne n’est qu’une servante, le Comte ne va quand même pas la séduire, l’acheter est plus simple > critique sur la relation maître/valet, Suzanne est inférieure car c’est une servante, elle ne mérite pas d’être “séduite”.

 

“Ouvre un peu la croisée sur le jardin. Il fait une chaleur ici ! …”

Bien qu’elles soient complices, Suzanne reste la servante de la Comtesse.

 

“Je n’ai rien caché à madame.”

Suzanne doit tout dire à sa maîtresse, elle n’a pas le droit au secret, à l’intimité (même si elle n’était pas complice).

 

     2)  Une parodie de tragédie

 

“Ah ! Suzon, qu’elle est noble et belle ! Mais qu’elle est imposante !”

Double sens pour le mot “imposante”

Beau vocabulaire “noble” “belle” “imposante” > parodie de tragédie

 

“J’ai voulu le lui ôter ; madame, c’était un lion ; ses yeux brillaient... Tu ne l’auras qu’avec ma vie, disait-il en forçant sa petite voix douce et grêle.”

“c’était un lion ; ses yeux brillaient.” hyperbole ridicule

“Tu ne l’auras qu’avec ma vie” Exagération

 

“ [...] et parce qu’il n’oserait seulement baiser la robe de madame, il voudrait toujours m’embrasser, moi.”

Il veut toujours embrasser Suzanne car il n’ose pas embrasser la Comtesse > excuse ridicule

 

“Comme tous les maris, ma chère ! Uniquement par orgueil. Ah ! Je l’ai trop aimé ! Je l’ai lassé de mes tendresses et fatigué de mon amour ; voilà mon seul tort avec lui”

Orgueil > thème de la tragédie classique

 

 

     3) L’union des deux femmes au delà des classes sociales pour résister à l'oppression masculine

 

“Je n’ai rien caché à madame.”

Suzanne ne cache rien à la Comtesse > complicité

 

“Eh bien, madame, est-ce qu’on peut faire finir ce petit démon-là ?”

Complicité de Suzanne et la Comtesse qui parlent du petit page

 

“Enfin, ma pauvre Suzanne, mon époux a fini par te dire ?”

Complicité de Suzanne et la Comtesse qui parlent du Comte qui désire Suzanne

 

“[...] mais je n’entends pas que cet honnête aveu te nuise, et tu épouseras Figaro.”

La Comtesse veut aider Suzanne, sa servante mais aussi son amie, a épousé celui qu’elle aime.

 

“Sans cette constance à me fuir... Les hommes sont bien coupables !”

Critique les hommes et leur comportement

 

“Ferme la porte, Suzanne, et conte-moi tout dans le plus grand détail.”

La Comtesse parle à Suzanne comme à une amie qui veut tout savoir

 

“Quoi, Suzon, il voulait te séduire ?”

La Comtesse parle à Suzanne comme à une amie, l’appelle par son surnom

 

Conclusion :

Ainsi, nous pouvons constater que Beaumarchais dénonce la place de la femme dans la société en donnant un rôle important aux femmes dans cette comédie. Elles se lient, pour résister à l’oppression des hommes qui veulent les contrôler. Mais malgré cette amitié entre la Comtesse et sa servante on observe toujours une relation maître/valet qui résiste, la servante étant inférieure à ses maîtres. Pour finir, nous pouvons voir que Beaumarchais essaye tout de même de nous faire rire en parodiant la tragédie classique lorsqu’elles parlent du petit page.

 


Pour tout savoir sur Le Mariage de Figaro de Beaumarchais je vous recommande de lire ce livre


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