Commentaire composé du poème Aux Feuillantines de Victor Hugo

Commentaire composé du poème Aux Feuillantines de Victor Hugo

Photo by Samantha Sophia on Unsplash
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Texte

Aux Feuillantines

 

Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.

 

Notre mère disait: jouez, mais je défends

 

Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles.

 

 

 

Abel était l'aîné, j'étais le plus petit.

 

Nous mangions notre pain de si bon appétit,

 

Que les femmes riaient quand nous passions près d'elles.

 

 

 

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.

 

Et là, tout en jouant, nous regardions souvent

 

Sur le haut d'une armoire un livre inaccessible.  

 

 

 

Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir ;

 

Je ne sais pas comment nous fimes pour l'avoir,

 

Mais je me souviens bien que c'était une Bible.

 

 

 

Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.

 

Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.

 

Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

 

 

 

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,

 

Et dès le premier mot il nous parut si doux

 

Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

 

 

 

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,

 

Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,

 

Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

 

 

 

Tels des enfants, s'ils ont pris un oiseau des cieux,

 

S'appellent en riant et s'étonnent, joyeux,

 

De sentir dans leur main la douceur de ses plumes.

 


Pour comprendre où Victor Hugo puise son inspiration


Pour comprendre le romantisme de Hugo je vous recommande de lire ce livre


Commentaire composé

Comment grâce à la découverte d’une Bible Victor Hugo devient véritablement le poète inspiré qu’il sera.

 

 

 

I) Une enfance idéalisée

 

 

 

Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.

 

Notre mère disait: jouez, mais je défends

 

Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles.

 

- enjambement qui ralentit le rythme et qui renvoie à la mère protectrice

 

Image de la mère protectrice qui prend soin de ses enfants

 

 

 

Abel était l'aîné, j'étais le plus petit.

 

Nous mangions notre pain de si bon appétit,

 

Que les femmes riaient quand nous passions près d'elles.

 

- synérèse qui accélère le rythme- image des enfants qui courent autour des dames

 

Abondance de la nourriture, image d’enfant parfait

 

 

 

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.

 

Et là, tout en jouant, nous regardions souvent

 

Sur le haut d'une armoire un livre inaccessible.

 

- synérèse- image des enfants qui courent

 

Image d’enfants obéissants qui ne grimpent pas aux échelles car cela est une interdiction de la mère.   - enjambement qui ralentit le rythme- et qui met en valeur le temps mis à observer le livre inaccessible. - allitération en [s] qui souligne le fait que le livre qui jusqu’a lors leur était inaccessible leur tombe dans les mains  

 

 

 

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,

 

Et dès le premier mot il nous parut si doux

 

Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

 

Enfant qui  sait quand se calmer

 

Poème écrit en alexandrins  pour parler d’une situation parfaite: son enfance, la mère protectrice, son entourage.

 

 

 

II) Un enfant touché par la grâce

 

 

 

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.

 

Et là, tout en jouant, nous regardions souvent

 

Sur le haut d'une armoire un livre inaccessible.

 

Le livre était au haut car symboliquement ce livre est près des cieux  et inaccessible puisque jusqu'à cet âge, les enfants Hugo ne pouvaient pas le comprendre.

 

 

 

Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir ;

 

Je ne sais pas comment nous fimes pour l'avoir,

 

Mais je me souviens bien que c'était une Bible.

 

- accent qui met en valeur la Bible avec le présentatif “c'était”

 

Image de transport de l’enfant qui ne se souvient pas comment il a fait pour attraper cette Bible, car celui-ci est poussé par le Saint-Esprit dans ses mains (Jésus a dit : “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis”) : romantisme messianique : Hugo se sent investi d’une grande mission : sortir le peuple de l’ignorance et de la pauvreté :”Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons”.

 

 

 

Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.

 

Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.

 

Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

 

Rythme ternaire avec trois points d’exclamation qui souligne l’enthousiasme (avoir Dieu en soi)  des enfants.

 

Sensations olfactives:  Nous pouvons repérer une double dimension d'appréhension de la Bible, il reçoivent le Saint-Esprit donc ils sont dans la joie (Jésus a dit dans Jean 15 : “Que votre joie soit parfaite !”) et de toutes sortes de sensations : synesthésie..

 

 

 

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,

 

Et dès le premier mot il nous parut si doux

 

Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

 

- mis en valeur par l’enjambement. Ils sont émerveillés par la Bible puisque dès le premier mot ils oublient leurs jeux. Ils perçoivent une douceur et reçoivent la paix puisque la Bible est un message d’amour. Césure à l’hémistiche qui marque la rupture entre jouer et lire -

 

 

 

 

 

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,

 

Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,

 

Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

 

Évocations de plusieurs personnages bibliques qui vont inspirer Victor Hugo  tout au long de sa vie. Ils sont charmés, subjugués par les histoires de personnages bibliques qu’il relisent les histoires plusieurs fois. - rythme ternaire qui montre le grand nombre d’histoires dans le livre, source inépuisable d’inspiration.

 

 

 

 

 

Tels des enfants, s'ils ont pris un oiseau des cieux,

 

S'appellent en riant et s'étonnent, joyeux,

 

De sentir dans leur main la douceur de ses plumes.

 

L’oiseau des cieux représente le Saint-Esprit, qui frappe comme le tonnerre (étonner) les enfants Hugo. Ils reçoivent le baptême du Saint-Esprit qui leur a été mentionné auparavant mais jusqu’alors ils ne le ressentaient pas. “Bonheur”, “délire”, “Riant” et “joyeux” sont les signes du baptême du Saint-Esprit. (Jean 15 : “Je vous ai dit ceci pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite”). - allitération en [s] pour souligner la douceur de Dieu.

 

 

 

Poème écrit en alexandrins =, vers noble pour traiter un thème noble qui est la foi

 

= C’est un poème de la Genèse (récit des origines, critique génétique à la façon de Gérard Genette) de l’écriture de Hugo (comment il est devenu un écrivain inspiré : romantisme messianique) qui raconte la Pentecôte de Victor Hugo : son baptême dans le Saint-Esprit avec ses frères.   

 


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