Commentaire composé de Victor HUGO : Elle était déchaussée, elle était décoiffée...

Commentaire composé de Victor HUGO : Elle était déchaussée, elle était décoiffée...

Photo by photo-nic.co.uk nic on Unsplash
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Texte

                       

Victor HUGO   (1802-1885)                   

                       

 

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,

 

Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;

 

Moi qui passais par là, je crus voir une fée,

 

Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

 

 

 

Elle me regarda de ce regard suprême

 

Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,

 

Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,

 

Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

 

 

 

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;

 

Elle me regarda pour la seconde fois,

 

Et la belle folâtre alors devint pensive.

 

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

 

 

 

Comme l'eau caressait doucement le rivage !

 

Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,

 

La belle fille heureuse, effarée et sauvage,

 

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

 


Pour bien comprendre le romantisme je vous recommande de lire ce livre


Commentaire composé

Comment dans ce poème romantique Hugo évoque-t-il le souvenir d’une rencontre amoureuse ?

 

 

 

I Un récit de rencontre bucolique

 

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,

 

Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; : Victor Hugo décrit la femme qu’il vient de rencontrer. Elle a les pieds nus, et les cheveux lâchés comme s’ils étaient dans une intimité. Il semble alors être proche d’elle comme la nature qui l’entoure.

 

Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ? : C’est la première fois qu’il se rencontre, qu’il se parle. Ils sont dans un cadre très bucolique :  les champs.

 

Elle me regarda de ce regard suprême : C’est la première fois que le regard de Hugo et de cette femme se croisent, ils se rencontrent.

 

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ; : Les parties nues du corps de la jeune femme sont encore une fois mises en avant. Ils se trouvent dans un cadre propice à la joie et l’amour.  

 

Elle me regarda pour la seconde fois : le jeux de regard continue entre les deux personnes, c’est la deuxième fois, ils gardent un contacte par le regard.

 

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

 

Comme l'eau caressait doucement le rivage ! : Ils se trouvent dans un cadre doux et  joyeux adapté au désir de Victor Hugo.

 

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers. Cette femme est toujours décrite de façon naturelle, comme les lieux qui l’entoure, comme si Hugo était dans son intimité; ce qui forme une harmonie.

 

   

 

   

 

 

 

II Un lyrisme simple et familier

 

Moi qui passais par là, je crus voir une fée, : Hugo idéalise cette femme, il la compare à une fée, une créature magique, ce qui lui donne d’emblée un pouvoir sur le jeune homme. Elle est au bord de l’eau, et savoure sa vie. Il a écrit ce poème longtemps après avoir vécu  ce moment, ce qui l’embellit encore plus grâce aux souvenirs.

 

Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ? :  Pour la première fois que Victor Hugo parle à cette femme inconnue, il lui fait directement une invitation coquine.

 

Elle me regarda de ce regard suprême : Il utilise des adjectifs mélioratifs pour la décrire, pour faire son éloge. La femme est montrée comme supérieure au jeune homme, elle le domine par son regard.

 

Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, : Malgré la domination de la femme grâce à son regard puissant il a réussi à la conquérir.

 

Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,

 

Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? : Il utilise une anaphore, il insiste, et lui relance une invitation mais d’une façon plus osée. Il n’arrive pas à contenir son désir et souhaite ne pas être vu des autres, pour ne pas être dérangé et pour faire ce qu’il veut.  

 

Et la belle folâtre alors devint pensive. : Hugo arriva à capter l’attention de la jeune femme toute joyeuse. Elle peut alors l’écouter et réfléchir à son invitation.

 

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! : Les oiseaux semblent les appeler, pour qu’ils rejoignent, comme s'ils avaient compris  le désir que ressentait Hugo.

 

Comme l'eau caressait doucement le rivage ! : Il se projette, il songe à la caresser comme l’eau caresse le rivage. Le mot rivage se confond avec les pensées d’Hugo de lui caresser le visage.

 

Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, : La  jeune femme semble avoir accepté sa proposition car elle le rejoint

 

La belle fille heureuse, effarée et sauvage, : même si elle a accepté elle reste toujours dominatrice.

 

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers. : Elle garde une part de mystère car elle ne montre pas son visage, comme si elle ne voulait pas se donner à lui complètement tout de suite.  Cette impression est renforcé par les rimes croisés. Cela montre une résistance de la part de la jeune femme. Il y a une alternance entre rimes féminines et masculines qui montre que la rencontre a bien lieu et qu’elle est pénétrante.

 

 

 

On peut conclure que pour évoquer le souvenir d’une rencontre Hugo utilise tout d’abord un cadre bucolique afin de créer une atmosphère joyeuse et propice à l’amour.  Ensuite grâce au lyrisme il exprime ses sentiments qui peuvent être embellis par le souvenir.

 


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