Commentaire composé de Victor Hugo, “Les caves de Lille”

Commentaire composé du discours "Les caves de Lille" de Victor Hugo

Photo by Tom Pumford on Unsplash
Photo by Tom Pumford on Unsplash

Victor Hugo, “Les caves de Lille”.

 

Quels sont les moyens employés par Hugo pour dénoncer la misère ?

 

Comment Victor Hugo soutient la rhétorique de son discours grâce au pathétique et à la poésie ?

 

 

  1. Un discours pathétique

 

de malheureux enfants vêtus de guenilles mouillées qui ne sèchent pas de tout l'hiver, d'autres qui ont toujours envie de dormir parce que, pour gagner leurs trois ou quatre misérables sous par jour, on les arrache de trop bonne heure à leur sommeil, d'autres qui ont toujours faim et qui, s'ils trouvent dans la rue, dans la boue, des feuilles vertes, les essuient et les mangent, s'ils avaient vu les pères et les mères de ces pauvres petits êtres : emploi du registre pathétique et le champ lexical de la misère : guenilles mouillées qui ne sèchent pas de tout l'hiver: une façon implicite de dire que les enfants ont froid donc sont certainement malades,

-trois ou quatre misérables sous par jour- enfants ouvriers qui travaillent pour un rendement nul donc on en déduit que ce sont des enfants esclaves,

-arrache de trop bonne heure à leur sommeil, les enfants sont arrachés à leur enfance, à la paix de leur foyer, le sommeil est important pour la croissance des enfants

- toujours faim- le toujours souligne leur malnutrition et la misère dans laquelle vivent ces enfants  

-s'ils trouvent dans la rue, dans la boue, des feuilles vertes, les essuient et les mangent: animalisation des enfants qui vagabondent dans les rues, suggère qu’ils meurent de faim.  

           

- s'ils avaient vu les pères et les mères de ces pauvres petits êtres, qui souffrent bien plus encore, car ils souffrent dans eux-mêmes et dans leurs enfants: double souffrance des parents d’une part, les parents ne peuvent pas subvenir à leurs besoins et même pas à ceux de leurs enfants, petits êtres les enfants sont fragilises par leur misère,

ils auraient le cœur serré-  ceux qui écoutent le discours devraient souffrir aussi avec eux, ils devraient éprouver de la compassion mais Hugo les accusent de ne pas avoir de cœur.

 

               

- Car, eh mon Dieu ! pourquoi vous méprenez-vous ? parler pour les pauvres, ce n'est pas parler contre les riches !  - Question rhétorique ou il souligne que le fait de se battre contre la pauvreté n’est pas défavoriser les riches.

                   

Messieurs, allez à Rouen, allez à Lyon, à Reims, à Amiens, à Tourcoing, à Roubaix, visitez ici, à Paris, visitez à fond nos faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, vous y constaterez des faits pareils à ceux que je vous ai signalés, des faits pires ! - Hugo fait une énumération de quelques lieux où règne la misère pour montrer que la misère est en train de se généraliser sur tout le territoire français.

               

Sortez des villes, explorez les campagnes, là encore, comme vous l'a dit notre honorable collègue M. Arago, d'inexprimables dénuements se dresseront devant vous, et vous ne trouverez qu'une chose à comparer aux détresses industrielles, ce sont les détresses agricoles. - une montagne de misère qui se dresse en France à cette époque qui se trouve dans tous les secteurs aussi bien industriels qu’agricole donc il n’y a pas d’exception, cela semble insurmontable. 

                                  

Messieurs, on est venu plus d'une fois jeter le cri d'alarme dans cette Assemblée. On vous a dit, comme je viens de le faire, mais à un point de vue autre que le mien, au point de vue du passé, tandis que je me place, moi, au point de vue de l'avenir, on vous a dit que le mal croissait, que le flot montait, que le danger social grandissait d'instant en instant. On a signalé à vos sévérités les plus implacables de grands conspirateurs, de grands coupables, l'esprit de scepticisme, l'esprit de doute, l'esprit d'examen. - anaphore de “on” qui souligne le nombre de fois que ce thème a été mentionné à l'assemblée mais aussi le nombre de fois que les députés n’ont pas agi.                

                                     

Eh bien! Moi aussi, je viens faire ma dénonciation à cette tribune. Messieurs, je vous dénonce la misère ! Je vous dénonce la misère, qui est le fléau d'une classe et le péril de toutes ! - répétition du mot misère qui est un sujet qui doit être traité ou il amènera à la destruction de la société.                    


Législateurs, la misère est la plus implacable ennemie des lois ! Poursuivez-la, frappez-la, détruisez-la !  Dénonciation de la misère avec la gradation qui souligne l’urgence de la combattre, discours direct, verbes à l’impératif pour impliquer l’auditoire, Hugo se place dans son autorité.

 

cette longue agonie du pauvre : la misère est d’autant plus horrible qu’elle tue lentement donc c’est une forme de torture dont on est délivré par la mort.

               

           

 

2. Un discours poétique  au sens où le poète crée un monde par la parole (poièsis)

 

-Ah! Messieurs! Apostrophe qui attirent l’attention de l’interlocuteur.

 

je ne fais injure au cœur de personne, si ceux qui s'irritent à mes paroles en ce moment avaient vu ce que j'ai vu, s'ils avaient vu comme moi : tournure rhétorique qui sert a impliquer le lecteur tel que le lecteur s’il se trouvait a la place de Hugo, lui aussi serait ému.

s'ils avaient vu cela comme moi, ils auraient le cœur serré comme je l'ai en ce moment, et, j'en suis sûr, et je leur fais cet honneur d'en être sûr, loin de m'interrompre, ils me soutiendraient, et ils me crieraient : courage ! parlez pour les pauvres ! : anaphore de s’ils avaient vue,  appel aux émotions et le fait qu’il ne l’ont pas vue, l’opposition ne peut pas avoir de contre argument, par ces procédés, Hugo créé un monde,  

Hugo devient un intercesseur pour les pauvres car il souffre à l’image du Christ pour ceux en souffrance.                        

À quelque opinion qu'on appartienne, est-ce que ce n'est pas votre avis à tous ? on n'a plus de passions politiques en présence de ceux qui souffrent ! et on ne se sent plus au fond de soi qu'un cœur qui souffre avec eux et une âme qui prie pour eux ! - Hugo leur rapproche ne pas mener des combats contre la pauvreté et de s’occuper uniquement de leurs propres intérêts, il leur demande d’avoir compassion. Il est un intercesseur devant les hommes comme un avocat mais il est aussi un intercesseur devant Dieu car il prie pour eux comme Jésus.        

       

La première phrase est très longue et rythmée par des virgules qui rendent la lecture pénible pour mieux transcrire la souffrance des enfants. Le lecteur est essoufflé comme les enfants qui travaillent dans ces conditions horribles.

 

-arrache de trop bonne heure à leur sommeil, arracher qui suggèrent avec l’allitération en [r] qui suggère la souffrance des enfants.                    

                    

- j'en suis sûr, et je leur fais cet honneur d'en être sûr: procédé rhétorique qui souligne le fait que Hugo pardonne son auditoire de son ignorance.

                                   

loin de m'interrompre, ils me soutiendraient, et ils me crieraient : courage ! parlez pour les pauvres ! - Hugo prend la parole à leur place en utilisant le discours direct, il leur fait dire ce qu’il veut entendre.

                                   

La misère, comme l'ignorance, est une nuit, et à toute nuit doit succéder le jour. métaphore de la misère assimilée à la nuit, souligne le fait que la misère et l’ignorance incarnent ce qui est diabolique et mortel mais qu’on peut les combattre.

                                     

La force des choses, qui est le travail d'en haut, tend à détruire la misère. Eh bien ! à la force des choses, ajoutons l'effort des hommes, à l'action providentielle, unissons l'action sociale, et nous triompherons - CL du combat contre la misère, souligne l’union pour la combattre et la possibilité de victoire à condition d’agir tous ensemble. L’emploi du futur simple montre que Victor Hugo est sûr de lui.

 

Je vous dénonce la misère qui n'est pas seulement la souffrance de l'individu, qui est la ruine de la société, la misère qui a fait les jacqueries, qui a fait Buzancais, qui a fait juin 1848 ! Je vous dénonce la misère, cette longue agonie du pauvre qui se termine par la mort du riche ! - métaphore de la révolution. Hugo explique que les émeutes causées par la faim  doivent  prévenues avant une nouvelle révolution.



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Commentaires: 2
  • #1

    Théo (dimanche, 24 juin 2018 16:04)

    Merci pour ce commentaire, je n'avais pas d'informations sur ce texte dans mes cours, je vais pouvoir faire ma fiche révision maintenant !

  • #2

    Gloria (dimanche, 24 juin 2018 17:21)

    Merci Théo, heureuse de t'avoir aidé !