Commentaire composé du poème Le goût du Néant de Baudelaire

Commentaire composé du poème Le Goût du Néant de Baudelaire

Photo by Timon Studler on Unsplash
Photo by Timon Studler on Unsplash

Texte

Le goût du néant

 

                       

 

Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte,

 

L'Espoir, dont l'éperon attisait ton ardeur,

 

Ne veut plus t'enfourcher ! Couche-toi sans pudeur,

 

Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte.

 

 

 

Résigne-toi, mon cœur ; dors ton sommeil de brute.

 

 

 

Esprit vaincu, fourbu ! Pour toi, vieux maraudeur,

 

L'amour n'a plus de goût, non plus que la dispute ;

 

Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte !

 

Plaisirs, ne tentez plus un cœur sombre et boudeur !

 

 

 

Le Printemps adorable a perdu son odeur !

 

 

 

Et le Temps m'engloutit minute par minute,

 

Comme la neige immense un corps pris de roideur ;

 

Je contemple d'en haut le globe en sa rondeur

 

Et je n'y cherche plus l'abri d'une cahute.

 

 

 

Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute ?

 


Si vous étudiez Les Fleurs du mal de Baudelaire en œuvre intégrale je vous conseille de lire ce livre


Commentaire

Comment la situation d’énonciation évolue dans ce poème pour porter le spleen à son paroxysme.

 

Baudelaire : poète malheureux incompris de son temps : est marginalisé de la société. Il cherche son Idéal mais ne le trouve pas et laisse le Spleen l’emporter.

 

Spleen = rate en Anglais : produit bille noire théorie médecine des humeurs : rate = mauvaise humeur.

 

Fleurs du mal : recueil de poèmes 6 parties : 1 où il se diagnostique Spleen et Idéal

 

Et les autres ou il cherche un remède à son mal.

 

Un poème où il évoque son Spleen : Le goût du néant

 

On verra comment la situation d'énonciation évolue dans ce poème pour porter le spleen à son paroxysme.

 

1.    Le poète s’adresse à son esprit

 

Le poète a l’air de se parler à lui même au début de ce poème :

 

V1 : antithèse : un esprit morne ne peut aimer la lutte. Montre clairement la séparation entre le présent et le passé

 

v3 :”Couche-toi sans pudeur,” il qualifie son esprit de vieux cheval (dans une métaphore) que l’espoir délaisse. Il souhaite donc se coucher sur le sol sans honte car il n’est plus capable d’avancer. Allitération en “ch” montre la résignation du poète et sa lassitude

 

Il veut mourir et en finir avec sa vie : v5 :”Résigne toi mon cœur ; dors ton sommeil de brute.” Le poète ne veut plus vivre, il n’arrive pas à atteindre son Idéal et a perdu le sens de la vie.” La césure à l’hémistiche marque un rythme saccadé sûrement similaire à son rythme de respiration en fin de vie.

 

Il désigne son esprit de vieux maraudeur v6,7 : personnification: il montre une différence entre le passé et le présent. Autrefois il profitait de l’amour aujourd'hui il n’en ressent plus le goût. Le cœur du poète est meurtri par le passé et aujourd'hui il est vieux et va s’endormir

 

Les vers 5 10 15 sont des résumés des strophes précédentes.

 

Ils reprennent les éléments évoqués précédemment plus clairement et plus directement pour montrer au lecteur l’avancée de la pensée de l’auteur.

 

Ajoute de la musicalité : nombre de vers impaire pour plus de musicalité : comme Verlaine.

 

2.            Le poète s’adresse à Dieu

 

Il fait ses adieux au monde et tout cas la partie du monde qu’il appréciait : v 8“ Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte!” il fait dans ce vers ses adieux à la musique, élément qui égaye sa vie. Ce vers est par la même occasion très musical : le poète évoque la musique et en reprend le rythme et les sonorités.

 

Le poète implore Dieu de ne plus le tenter de vivre : v9 Plaisirs ne tentez plus un cœur sombre et boudeur!” Il ne veut plus souffrir des plaisirs de la vie. Il souhaite finir son existence de manière simple et morne. il y a une rime intérieur : cœur boudeur qui montre que l’esprit ne cherche plus de plaisir volontairement, il renonce.

 

Le poète reprend un thème des écrivains et poètes romantiques : la fuite du temps v 11 : Et le temps m’engloutit minute par minute / Comme la neige immense un corps pris de roideur”. Le poète souhaite mourir, il se trouve vieux et compare le temps à un meurtrier, comme la neige. Les éléments jouent contre le poète qui se retrouve seul et abandonne. Il regarde le monde et voit la mort en face sans chercher à s’en cacher.

 

Le poète fait quand même paraître des correspondances à travers son poème : il évoque différents sens v8 l’ouïe v10 l’odorat on peut également supposer le toucher vers 12: corps pris de roideur.

 

Il implore Dieu de le tuer : Avalanche, veux-tu m’emporter dans ta chute ? Il refait allusion à la neige et au froid avec de dernier vers

 

Conclusion

 

Comme le poète ne trouvera pas de remède il songe à mourir et voit la mort comme une libération. Le Spleen s’empare de lui et rend le poème triste et lugubre.

 

Synesthésie : correspondances entre les sens


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