Commentaire composé du poème L’invitation au voyage de Charles Baudelaire

Commentaire composé du poème L’invitation au voyage de Charles Baudelaire

Photo by Andrew Neel on Unsplash
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Texte

L’invitation au voyage Charles Baudelaire

 

 

 

Mon enfant, ma sœur,

 

Songe à la douceur

 

D'aller là-bas vivre ensemble !

 

Aimer à loisir,

 

Aimer et mourir

 

Au pays qui te ressemble !

 

 

 

Les soleils mouillés

 

De ces ciels brouillés

 

Pour mon esprit ont les charmes

 

Si mystérieux

 

De tes traîtres yeux,

 

Brillant à travers leurs larmes.

 

 

 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

 

Luxe, calme et volupté.

 

 

 

Des meubles luisants,

 

Polis par les ans,

 

Décoreraient notre chambre ;

 

Les plus rares fleurs

 

Mêlant leurs odeurs

 

Aux vagues senteurs de l'ambre,

 

Les riches plafonds,

 

Les miroirs profonds,

 

La splendeur orientale,

 

Tout y parlerait

 

À l'âme en secret

 

Sa douce langue natale.

 

 

 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

 

Luxe, calme et volupté.

 

 

 

Vois sur ces canaux

 

Dormir ces vaisseaux

 

Dont l'humeur est vagabonde ;

 

C'est pour assouvir

 

Ton moindre désir

 

Qu'ils viennent du bout du monde.

 

- Les soleils couchants

 

Revêtent les champs,

 

Les canaux, la ville entière,

 

D'hyacinthe et d'or ;

 

Le monde s'endort

 

Dans une chaude lumière.

 

 

 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

 

Luxe, calme et volupté.

 


Si vous étudiez Les Fleurs du mal de Baudelaire en œuvre intégrale je vous conseille de lire ce livre


Commentaire composé

Comment à travers ce poème symboliste Baudelaire nous fait-il voyager à travers son art poétique ?

 

 

 

Introduction

 

Baudelaire : Les fleurs du mal, recueil de poèmes. L’invitation au voyage appartient à la première partie de ce recueil : Spleen et Idéal, il y analyse le mal qui le tourmente.

 

 

 

 

 

  1. Un lieu symbolique

 

 

 

Correspondance femme paysage : ciel brouillé : feu et eau comme dans les yeux de Marie : éclats et larmes. Femme unificateur : parle d’elle à la première et dernière strophe : ouvre et clôt le poème.

 

Le lieu est décrit comme idéal car il est imaginaire, il n’existe que pour le poète. Imagination : songe, longues strophes et vers impairs : pas de véritable règles d’écriture.

 

 

 

La ville paraît ancienne et riche :” polie par les ans”. Le lieu est parfait pour Baudelaire qui le décrit comme un paradis terrestre.

 

Ce lieu provoque le retour aux sources de Baudelaire : l’exotisme est suggéré aux vers 20 23. Evasion du poète : “ailleurs” l3. Les richesses de toute la planète sont amenées pour assouvir ses désirs.

 

 

 

Nombreuses correspondances verticales : éléments qui s’élèvent vers le ciel. Les mâts des bateaux, les arbres, les colonnes.

 

Synesthésie : “ chaude lumière” : toucher / vue, “mêlant leurs odeurs” l'odorat Les sensations sont riches. La lumière est chaude comparée à la froideur du Spleen.

 

 

 

L’eau et la lumière sont liées à travers le reflet : on voit la lumière et on sent l’eau : synesthésie.

 

 

 

Les ciels sont brumeux, ils sont mis en relation avec l’esprit embrumé de Baudelaire à cause du malheur de sa bien aimée. Ses yeux pleurent, il tombe amoureux en la regardant pleurer.

 

 

 

2.            Un texte musical pour faire voyager le lecteur

 

 

 

L’univers de ce poème est harmonieux : il est composé de 3 strophes, symbole de totalité : construction triptyque. Les strophes sont composées de 12 vers avec des rimes régulières.

 

 

 

Allitération en “s” :”Vois sur ces canaux” montre un léger souffle, vent dans les voiles : renforce idée du voyage, comme si les bateaux avançaient.  Beauté de la terre, paradis terrestre.

 

 

 

Le refrain est très musical pour permettre au lecteur de se perdre dans le poème. le refrain symbolise la ville, les sonorités sont douces, liquides :”Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

 

Luxe, calme et volupté.” Le calme triomphe dans cet univers calme : la définition est synthétique. Le refrain indique ses désirs : la perfection, le luxe et la beauté de son art

 

 

 

Dernière strophe traite du paysage et des bateaux : musicalité très aérienne, allitérations en  “v” et en “s” comme si les bateaux volaient. Aspect doux et plaisant du voyage.

 

Il y a une allitération en “r” fait penser à une berceuse qui endort le lecteur.  Permet au lecteur de se laisser bercer par le poème.

 

Il utilise donc des allitérations de manière inhabituelles : elles ne sont pas synonymes de souffrance mais de bonheur.

 

 

 

Conclusion

 

 

 

Baudelaire réalise son rêve, il trouve une terre prête à l'accueillir, grâce à son imagination et ses correspondances. Ce texte est donc une grande synesthésie qui permet au lecteur de voyager.

 

 

 

Vue d'Overschie près de Rotterdam de John Barthold Jongkind 1850

 


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