Commentaire composé de Stendhal, La Chartreuse de Parme, Ière partie, chapitre 3

Commentaire composé de Stendhal, La Chartreuse de Parme, 1ère partie, chapitre 3

Photo by Jez Timms on Unsplash
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Texte

Stendhal, La Chartreuse de Parme, 1ère partie, ch. 3

 

Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L'escorte prit le galop; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au-delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres.

 

-- Les habits rouges ! Les habits rouges ! Criaient avec joie les hussards de l'escorte, et d'abord Fabrice ne comprenait pas ; enfin il remarqua qu'en effet presque tous les cadavres étaient vêtus de rouge.  Une circonstance lui donna un frisson d'horreur ; il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore, ils criaient évidemment pour demander du secours, et personne ne s'arrêtait pour leur en donner. Notre héros, fort humain, se donnait toutes les peines du monde pour que son cheval ne mît les pieds sur aucun habit rouge. L'escorte s'arrêta ; Fabrice, qui ne faisait pas assez d'attention à son devoir de soldat, galopait toujours en regardant un malheureux blessé.

 

-- Veux-tu bien t'arrêter, blanc-bec ! lui cria le maréchal des logis. Fabrice s'aperçut qu'il était à vingt pas sur la droite en avant des généraux, et précisément du côté où ils regardaient avec leurs lorgnettes. En revenant se ranger à la queue des autres hussards restés à quelques pas en arrière, il vit le plus gros de ces généraux qui parlait à son voisin, général aussi, d'un air d'autorité et presque de réprimande ; il jurait. Fabrice ne put retenir sa curiosité ; et, malgré le conseil de ne point parler, à lui donné par son amie la geôlière, il arrangea une petite phrase bien française, bien correcte, et dit à son voisin:

 

-- Quel est-il ce général qui gourmande son voisin ?

 

-- Pardi, c'est le maréchal !

 

-- Quel maréchal?

 

-- Le maréchal Ney, bêta ! Ah çà! où as-tu servi jusqu'ici ?

 

Fabrice, quoique fort susceptible, ne songea point à se fâcher de l'injure ; il contemplait, perdu dans une admiration enfantine, ce fameux prince de la Moskova, le brave des braves.

 

Tout à coup on partit au grand galop. Quelques instants après, Fabrice vit, à vingt pas en avant, une terre labourée qui était remuée d'une façon singulière. Le fond des sillons était plein d'eau, et la terre fort humide, qui formait la crête de ces sillons, volait en petits fragments noirs lancés à trois ou quatre pieds de haut. Fabrice remarqua en passant cet effet singulier ; puis sa pensée se remit à songer à la gloire du maréchal. Il entendit un cri sec auprès de lui : c'étaient deux hussards qui tombaient atteints par des boulets ; et, lorsqu'il les regarda, ils étaient déjà à vingt pas de l'escorte. Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée, en engageant ses pieds dans ses propres entrailles ; il voulait suivre les autres : le sang coulait dans la boue.

 

Ah ! M’y voilà donc enfin au feu ! se dit-il. J'ai vu le feu ! se répétait-il avec satisfaction. Me voici un vrai militaire. A ce moment, l'escorte allait ventre à terre, et notre héros comprit que c'étaient des boulets qui faisaient voler la terre de toutes parts. Il avait beau regarder du côté d'où venaient les boulets, il voyait la fumée blanche de la batterie à une distance énorme, et, au milieu du ronflement égal et continu produit par les coups de canon, il lui semblait entendre des décharges beaucoup plus voisines ; il n'y comprenait rien du tout.

 

A ce moment, les généraux et l'escorte descendirent dans un petit chemin plein d'eau, qui était à cinq pieds en contrebas.

 

Le maréchal s'arrêta, et regarda de nouveau avec sa lorgnette. Fabrice, cette fois, put le voir tout à son aise ; il le trouva très blond, avec une grosse tête rouge. Nous n'avons point des figures comme celle-là en Italie, se dit-il. Jamais, moi qui suis si pâle et qui ai des cheveux châtains, je ne serai comme ça, ajoutait-il avec tristesse. Pour lui ces paroles voulaient dire : Jamais je ne serai un héros.  Il regarda les hussards ; à l'exception d'un seul, tous avaient des moustaches jaunes. Si Fabrice regardait les hussards de l'escorte, tous le regardaient aussi. Ce regard le fit rougir, et, pour finir son embarras, il tourna la tête vers l'ennemi.

 


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Commentaire composé

Quelles visions du héros nous donne ce texte qui décrit la bataille de Waterloo ?

 

L'escorte prit le galop; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au-delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres. Pose le cadre du roman, la bataille de Waterloo.

 

I Le Maréchal : un vrai héros

 

- Veux-tu bien t'arrêter, blanc-bec ! lui cria le maréchal des logis. et précisément du côté où ils regardaient avec leurs lorgnettes : Le Maréchal est le héros, ici on le voit grâce à l’autorité qu’il porte sur les autres ; il est supérieur, c’est un personnage qui doit réfléchir car avec l’autorité qui lui est donné il se doit de surveiller les autres, il en est responsable.

 

En revenant se ranger à la queue des autres hussards restés à quelques pas en arrière, il vit le plus gros de ces généraux qui parlait à son voisin, général aussi, d'un air d'autorité et presque de réprimande ; il jurait. : L’autorité n’est pas qu’une question de grade mais également de prestance. Si il hausse la voit ce n’est pas juste parce qu'il est générale mais parce qu’il juge que le comportement d’une autre personne n’est pas méritant et cela peu importe sa fonction dans l’armée. Tout le monde doit avoir un comportement irréprochable. L’armée est en train de subir une défaite et le Maréchal énervé, les invite tous à se remettre en question afin de comprendre leurs erreurs pour ne pas les reproduire et pouvoir gagner les prochaines batailles.

 

- Quel est-il ce général qui gourmande son voisin ?

- Pardi, c'est le maréchal !

- Quel maréchal?

- Le maréchal Ney, bêta ! Ah çà! Où as-tu servi jusqu'ici ?

 

Ici, grâce au discours Fabrice et d’autant plus ridicule car il essaye de se montrer encore une fois mais une personne du même rang que lui le rabaisse. Il ne semble même pas savoir qui est le Maréchal Ney alors qu’il est un grand admirateur de Napoléon, l devait donc connaître ses généraux. Il ne fait pas bonne impression à ses semblables ; il apparaît comme plus bête qu’alors que son but était d'impressionner les autres.

 

A ce moment, les généraux et l'escorte descendirent dans un petit chemin plein d'eau, qui était à cinq pieds en contre-pas.

 

Le maréchal s'arrêta, et regarda de nouveau avec sa lorgnette.

 

II Fabrice : un anti-héros

 

Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. : Grâce au discours indirect libre le narrateur donne un jugement négatif sur le héros Fabrice dès le début texte.

 

Toutefois la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. : Le narrateur utilise un vocabulaire spécifique à l’armée ; le personnage est apeuré par cette situation ; dans la deuxième partie de la phrase on remarque que Fabrice est d’autant plus impressionné par le bruit que par la violence de la scène. On peut alors voir en lui un personnage inhumain. Le personnage se plaint d’une douleur aux oreilles alors que face à lui de nombreuses personnes sont en train de mourir sous les balles.

 

- Les habits rouges ! Les habits rouges ! Criaient avec joie les hussards de l'escorte, et d'abord Fabrice ne comprenait pas ; Grâce à cette phrase on apprend que le narrateur a un point de vue omniscient qui lui permettra d’émettre des jugements sur son personnage en nous donnant accès à ses pensées.

 

Une circonstance lui donna un frisson d'horreur ; il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore, ils criaient évidemment pour demander du secours, et personne ne s'arrêtait pour leur en donner. Notre héros, fort humain, se donnait toutes les peines du monde pour que son cheval ne mît les pieds sur aucun habit rouge.

 

Fabrice porte un jugement sur les personnes qui l’entour, pour lui ils n’agissent pas correctement pourtant il les suit et fait exactement la même chose que ses compagnons.

 

Fabrice, qui ne faisait pas assez d'attention à son devoir de soldat, galopait toujours en regardant un malheureux blessé. Le narrateur critique le comportement du personnage qu’il ne juge pas digne de sa fonction. De plus, on apprend que Fabrice continue à ne pas aider les soldats mourants.

 

Fabrice s'aperçut qu'il était à vingt pas sur la droite en avant des généraux : Le narrateur montre encore un défaut de Fabrice. Il n’est pas concentré, il ne réfléchit pas. Il apparaît ici comme un personnage étourdi. Il ose déjouer l’autorité du Maréchal et se met en avant sans gêne.

 

Fabrice ne put retenir sa curiosité ; et, malgré le conseil de ne point parler, à lui donné par son amie la geôlière, il arrangea une petite phrase bien française, bien correcte, et dit à son voisin: : Encore une fois Fabrice n’a pas le comportement adapté à son grade. Il s'intéresse à tous les détails qui l’entourent et il n’est donc pas focalisé sur ses objectifs et n’applique pas les conseils qu’il lui avait donnés. Il se lance pour la première fois dans une réflexion afin de pouvoir parler correctement dans une langue qu’il ne connaît pas et pour pouvoir par le suite se montrer de la meilleur façon possible aux autres. Il veut que les autres puissent l’admirer.

 

Fabrice, quoique fort susceptible, ne songea point à se fâcher de l'injure ; il contemplait, perdu dans une admiration enfantine, L’auteur souligne par cette phrase le côté vaniteux de Fabrice. Malgré les critiques que le soldat lui a faites il reste toujours sur sa position son idée et ne cherche toujours pas à se remettre en question. Fabrice étant pourtant sur un champ de bataille il rêve et n’est pas du tout préoccupé par son devoir de soldat.

 

Fabrice vit, à vingt pas en avant, une terre labourée qui était remuée d'une façon singulière. Le fond des sillons était plein d'eau, et la terre fort humide, qui formait la crête de ces sillons, volait en petits fragments noirs lancés à trois ou quatre pieds de haut. A travers les yeux de Fabrice on découvre le paysage du champ de bataille. Mais sa description des lieux semble fausse ; car il se trouve actuellement sur un champ de bataille et ici Fabrice nous en parle comme si il se trouvait dans un champ agricole sans histoire pourtant c’est ’ici que de nombreuses personnes y ont perdu la vie. Il se focalise sur de nombreux détails sans importance dans cette situation.

 

Fabrice remarqua en passant cet effet singulier ; puis sa pensée se remit à songer à la gloire du maréchal. Fabrice est perdu dans ses pensées et n’est pas concentré sur son rôle de soldat, il n’est pas attentif aux ennemies qui pourrait surgir et ainsi il met en danger tout les autres.

 

Il entendit un cri sec auprès de lui : c'étaient deux hussards qui tombaient atteints par des boulets ; et, lorsqu'il les regarda, ils étaient déjà à vingt pas de l'escorte. Avec l’emploi du passé simple on vit le brusque retour à la réalité de Fabrice. Il se rend compte de son absence. Il était encore une fois en retard par rapport aux autres ; malgré les reproches qui lui ont été fait il ne change pas de comportement et reste dans l’ignorance totale.

 

Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée, en engageant ses pieds dans ses propres entrailles ; il voulait suivre les autres : le sang coulait dans la boue. Pour la première fois il fait attention aux vrais problèmes qui l’entour et il semble être horrifié par un cheval sanglant alors que s’il avait fait un minimum attention avant il aurait dû remarquer le massacre qui l’entour. Il a une prise de conscience et essaye alors de rattraper les autres mais il est peut être un peu tard.

 

Ah ! M’y voilà donc enfin au feu ! se dit-il. J'ai vu le feu ! se répétait-il avec satisfaction. Me voici un vrai militaire. Contrairement à la scène violente et terrifiante qui l’entour Fabrice lui est heureux car il pense avoir accompli son devoirs et être devenue un vrai soldat alors qu’en réalité depuis le début il n’a absolument pas la bonne attitude.

 

A ce moment, l'escorte allait ventre à terre, et notre héros comprit que c'étaient des boulets qui faisaient voler la terre de toutes parts. Il avait beau regarder du côté d'où venaient les boulets, il voyait la fumée blanche de la batterie à une distance énorme, et, au milieu du ronflement égal et continu produit par les coups de canon, il lui semblait entendre des décharges beaucoup plus voisines ; il n'y comprenait rien du tout. Pour la première fois depuis le début du texte le personnage à une vrai vision de ce qui l’entoure, mais il reste toujours perdu.

 

Fabrice, cette fois, put le voir tout à son aise ; il le trouva très blond, avec une grosse tête rouge. Nous n'avons point des figures comme celle-là en Italie, se dit-il. Malgré sa prise de conscience de l'environnement qui l’entoure, c’est plus fort que lui il continue tel un enfant à admirer son idole.

 

Jamais, moi qui suis si pâle et qui ai des cheveux châtains, je ne serai comme ça, ajoutait-il avec tristesse. Pour lui ces paroles voulaient dire : Jamais je ne serai un héros. Fabrice pense qu’il ne peut pas devenir le héro grâce à son physique mais c’est plutôt son comportement qu’il devrait changer.

 

Pour lui ces paroles voulaient dire : Jamais je ne serai un héros. Il regarda les hussards ; à l'exception d'un seul, tous avaient des moustaches jaunes.

 

Si Fabrice regardait les hussards de l'escorte, tous le regardaient aussi. Ce regard le fit rougir, et, pour finir son embarras, il tourna la tête vers l'ennemi.


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