Commentaire composé de la fable de La Fontaine Les Deux Coqs

Commentaire composé de la fable de La Fontaine Les Deux Coqs

Photo by Jairo Alzate on Unsplash
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Texte

Les deux coqs

 

 

 

Deux Coqs vivaient en paix ; une Poule survint,

 

            Et voilà la guerre allumée.

 

Amour, tu perdis Troie; et c'est de toi que vint

 

            Cette querelle envenimée,

 

Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint.

 

Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint :

 

Le bruit s'en répandit par tout le voisinage.

 

La gent qui porte crête au spectacle accourut.

 

            Plus d'une Hélène au beau plumage

 

Fut le prix du vainqueur ; le vaincu disparut.

 

Il alla se cacher au fond de sa retraite,

 

            Pleura sa gloire et ses amours,

 

Ses amours qu'un rival tout fier de sa défaite

 

Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours

 

Cet objet rallumer sa haine et son courage.

 

Il aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs,

 

            Et s'exerçant contre les vents

 

            S'armait d'une jalouse rage.

 

Il n'en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits

 

S'alla percher, et chanter sa victoire.

 

            Un Vautour entendit sa voix :

 

            Adieu les amours et la gloire.

 

Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour.

 

            Enfin par un fatal retour

 

            Son rival autour de la Poule

 

            S'en revint faire le coquet :

 

            Je laisse à penser quel caquet,

 

            Car il eut des femmes en foule.

 

La Fortune se plaît à faire de ces coups ;

 

Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.

 

Défions-nous du sort, et prenons garde à nous

 

            Après le gain d'une bataille.

 


Si vous étudiez les Fables de La Fontaine en œuvre intégrale je vous conseille de lire ce livre


Commentaire composé

Comment dans une parodie de combat épique La Fontaine nous met en garde contre l'orgueil ?

 

I) Un apologue traditionnel

 

 

“Deux Coqs vivaient en paix ; une Poule survint,” il utilise des animaux afin de faire une critique sur les actions des humains,

 

Les étapes du récit sont respectées “Deux Coqs vivaient en paix ;” situation initiale donnée de façon très abrupte sur un seul hémistiche ce qui montre que la paix ne va pas durer.

 

“une Poule survint Et voilà la guerre allumée.”Élément perturbateur

 

Puis le combat se déroule un coq perd

 

“Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour.” Élément de résolution

 

Situation finale le coq perdant devient vainqueur car l’autre coq s’est fait emporter par le vautour

 

La fable enfin se termine par la morale

 

“Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.

Défions-nous du sort, et prenons garde à nous

Après le gain d'une bataille.” A travers sa morale La Fontaine critique les orgueilleux, il nous met en garde face à la vantardise qui malgré une victoire peut causer la perte, en effet dans sa fable le coq si fier de sa victoire alla se vanter et finit par périr de son orgueil, il nous montre aussi que la modestie est une vertu qui paye.

 

II) Une parodie de combat épique

 

“Et voilà la guerre allumée.” Hyperbole, La Fontaine exagère, il donne une dimension symbolique au combat, en effet ce ne sont que deux coqs cependant grâce à l’hyperbole il attise la curiosité du lecteur et donne de l’importance au combat

 

L’allitération en [v] symbolise la friction entre les deux coqs.

 

“Amour, tu perdis Troie;” Il compare le combat à la guerre de Troie, il ironise il se moque des deux coqs qui se battent pour une poule, personnification de l’amour pour donner une dimension encore plus grandiose au combat, il le dit sur un hémistiche pour interpeller encore plus fort le lecteur, cela met sa phrase en exergue

 

“et c'est de toi que vint

Cette querelle envenimée,” Enjambement donc accélération du rythme le combat se rapproche

 

“Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint.” Hyperbole épique

 

“Il voyait tous les jours

Cet objet rallumer sa haine et son courage.

Il aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs,

Et s'exerçant contre les vents

S'armait d'une jalouse rage.” La fin du combat épique en annonce un autre, le coq perdant prépare sa vengeance voyant l’autre coq jubiler et se vanter

 

“Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour.

Enfin par un fatal retour” Le combat se termine par la mort tragique d’un des deux qui périt face à plus fort que soit, fin du combat épique

 

III) La critique de la cour

 

“Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint :

 

Le bruit s'en répandit par tout le voisinage.” La Fontaine critique la cour dans le fait que les nouvelles se répandent très vite car il y a un certain voyeurisme

 

“La gent qui porte crête au spectacle accourut.” Il se moque des perruques extravagantes des courtisans qu’il trouve ridicule, et des courtisans et courtisanes toujours à l'affût d’un scandale

 

“Plus d'une Hélène au beau plumage

Fut le prix du vainqueur” Enjambement, vers important, critique des courtisanes décrites comme des femmes faciles qui voyant le succès du coq font se donner à lui.

 

“ le vaincu disparut.

Il alla se cacher au fond de sa retraite,

Pleura sa gloire et ses amours,

Ses amours qu'un rival tout fier de sa défaite

Possédait à ses yeux” Cruauté de la cour qui n’est intéressée qu’au gagnant ou aux personnes fortes, solitude du deuxième coq

 

“Il voyait tous les jour

Cet objet rallumer sa haine et son courage.” Part de jalousie omniprésente à la cour qui va attirer les problèmes du coq gagnant

 

“Il n'en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits

S'alla percher, et chanter sa victoire.

Un Vautour entendit sa voix :

Adieu les amours et la gloire.

Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour.” La Fontaine fait référence au prétendant de la cour, la cour est un monde cruel, la jalousie amène à beaucoup de vengeance mais aussi la vantardise est dangereuse car elle rend vulnérable à cause de son exposition permanente

 

“Son rival autour de la Poule

S'en revint faire le coquet :

Je laisse à penser quel caquet,

Car il eut des femmes en foule.

La Fortune se plaît à faire de ces coups ;” Critique des prétendantes qui ne sont là que par intérêt, et des courtisanes qui créent un attroupement. Il critique les femmes matérialistes et superficielles.


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