Commentaire composé du poème L'immortalité de Lamartine

Commentaire composé du poème L'immortalité de Lamartine

Photo by Vincent Guth on Unsplash
Photo by Vincent Guth on Unsplash

Texte

Et l'homme, et l'homme seul, ô sublime folie !

Au fond de son tombeau croit retrouver la vie,

Et dans le tourbillon au néant emporté.

Abattu par le temps, rêve l'éternité !

Qu'un autre vous réponde, ô sages de la terre !

Laissez-moi mon erreur : j'aime, il faut que j'espère ;

Notre faible raison se trouble et se confond.

Oui, la raison se tait : mais l'Instinct vous répond.

Pour moi, quand je verrais dans les célestes plaines,

Les astres, s'écartant de leurs routes certaines,

Dans les champs de l'éther l'un par l'autre heurtés,

Parcourir au hasard les cieux épouvantés ;

Quand j'entendrais gémir et se briser la terre ;

Quand je verrais son globe errant et solitaire

Flottant loin des soleils, pleurant l'homme détruit,

Se perdre dans les champs de l'éternelle nuit ;

Et quand, dernier témoin de ces scènes funèbres,

Entouré du chaos, de la mort, des ténèbres,

Seul je serais debout : seul, malgré mon effroi,

Être infaillible et bon, j'espérerais en toi,

Et, certain du retour de l'éternelle aurore,

Sur les mondes détruits, je t'attendrais encore !

Souvent, tu t'en souviens, dans cet heureux séjour

Où naquit d'un regard notre immortel amour,

Tantôt sur les sommets de ces rochers antiques,

Tantôt aux bords déserts des lacs mélancoliques,

Sur l'aile du désir, loin du monde emportés,

Je plongeais avec toi dans ces obscurités.

Les ombres à longs plis descendant des montagnes,

Un moment à nos yeux dérobaient les campagnes

Mais bientôt s'avançant sans éclat et sans bruit

Le choeur mystérieux des astres de la nuit,

Nous rendant les objets voilés à notre vue,

De ses molles lueurs revêtait l'étendue ;

Telle, en nos temples saints par le jour éclairés,

Quand les rayons du soir pâlissent par degrés,

La lampe, répandant sa pieuse lumière,

D'un jour plus recueilli remplit le sanctuaire.

Dans ton ivresse alors tu ramenais mes yeux,

Et des cieux à la terre, et de la terre aux cieux ;

 

Dieu caché, disais-tu, la nature est ton temple !


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Commentaire composé

Comment dans ce poème mystique l’amour humain permet-il au poète de connaître l’amour divin ?

 

I) La nature état d’âme

“Pour moi, quand je verrais dans les célestes plaines,

Les astres, s'écartant de leurs routes certaines,” Les célestes plaines représentent le tableau de sa vie, et les astres s’écartant s’inscrivent dans l’idée que sa vie a subi un tournant à la mort de Julie

 

“Dans les champs de l'éther l'un par l'autre heurtés,

Parcourir au hasard les cieux épouvantés ;” Les cieux sont contaminés par les sentiments du poète,

 

“Et, certain du retour de l'éternelle aurore,

Sur les mondes détruits, je t'attendrais encore !” : il s’appuie sur les cycles de la nature pour soutenir l’espoir qu’il reverra Julie

 

“Souvent, tu t'en souviens, dans cet heureux séjour

Où naquit d'un regard notre immortel amour,

Tantôt sur les sommets de ces rochers antiques,

Tantôt aux bords déserts des lacs mélancoliques,” L’auteur fait revivre son amour passé au travers de la nature, car son amour est inscrit sur terre il est éternel

 

“Telle, en nos temples saints par le jour éclairés,” les temples saints éclairés représentent la nature, elle est donc divinisée et donne un cadre de sûreté au poète et à sa bien aimée

 

“Quand les rayons du soir pâlissent par degrés,” pour lui la nuit c’est le jour et le jour c’est la nuit, en effet la nuit est un moment apprécié du poète, elle est présente dans plusieurs de ses poèmes comme le lac par exemple, c’est le moment où il évoque son amour avec Julie

 

“Dieu caché, disais-tu, la nature est ton temple !” Il résume la partie entière en disant que la nature est son temple, c’est à dire le lieu de toutes ses rêveries, ses états d’âme et plus encore, il donne une place extrêment importante à la nature puisqu’il la place auprès de Dieu





II) La connexion avec Dieu

 

“ sublime folie !

Au fond de son tombeau croit retrouver la vie,

Et dans le tourbillon au néant emporté.” C’est dans le deuil que le poète découvre la vie spirituelle, la vie éternelle “Abattu par le temps, rêve l'éternité !”

 

“Qu'un autre vous réponde, ô sages de la terre !

Laissez-moi mon erreur : j'aime, il faut que j'espère ;” c’est parce qu’il aime Julie que cela lui donne la foi

 

“Notre faible raison se trouble et se confond” La foi va à l’encontre de l’intelligence, en effet la foi n’est pas une science exacte, on ne peut pas la démontrer de manière rationnelle

“Oui, la raison se tait : mais l'Instinct vous répond.” La foi est une ferme assurance des choses que l’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas (Hébreux 11)

 

“Quand j'entendrais gémir et se briser la terre ;

Quand je verrais son globe errant et solitaire” Il se place près de Dieu, un humain ne pourrait voir et entendre ces choses

 

“Flottant loin des soleils, pleurant l'homme détruit,

Se perdre dans les champs de l'éternelle nuit ;

Et quand, dernier témoin de ces scènes funèbres,

Entouré du chaos, de la mort, des ténèbres,

Seul je serais debout :” Il se voit déjà au côté de Dieu, il s’éloigne de sa condition humaine,

 

“seul, malgré mon effroi,

Être infaillible et bon, j'espérerais en toi,” sa foi est plus grande que sa peur”

 

“La lampe, répandant sa pieuse lumière,” La lampe périphrase pour désigner le soleil, le soleil vient du ciel, il est donc auprès de Dieu, il répand donc la foi par ses nombreux rayons sur l’Homme

 

“D'un jour plus recueilli remplit le sanctuaire.” Le jour le sanctuaire naturel où ils se trouvent est rempli de la foi car toute la nuit le poète et Julie ont prié ensemble

 

“Dans ton ivresse alors tu ramenais mes yeux,

 

Et des cieux à la terre, et de la terre aux cieux ;” rapport entre le réel et l’irréel, grâce à Dieu il peut s’évader et rendre son amour éternel tout en restant sur terre


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