Commentaire composé du poème Aube d'Arthur Rimbaud

Commentaire composé du poème Aube d'Arthur Rimbaud

Photo by Tim Marshall on Unsplash
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Texte

Aube
Arthur Rimbaud


J’ai embrassé l’aube d’été.

 

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route

du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes

se levèrent sans bruit.

 

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

 

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

 

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.

A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,

je la chassais.

 

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu

son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

 

Au réveil il était midi.

Arthur Rimbaud, Illuminations


Pour bien comprendre la vie et l'oeuvre de Rimbaud je vous recommande ce livre


Commentaire composé

En quoi ce poème est il une aventure poétique ?

 

Ce poème a une dimension autobiographique. En effet tout au long de l’aventure de l’enfant rimbaud nous évoque la difficulté de la transition entre la vie d’enfant et a vie d’adulte. Ce poème raconte au travers d’une description de la nature toute l’aventure que le poète a vécue. Son aventure est celle de l’écriture.

 

I) La succession d’étapes magiques

 

“Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route

du bois.” La première étape de son aventure est la contemplation. Il laisse son regard se perdre dans la nature, elle est figée. Cette première étape laisse présager la suivante ou la nature va se dérouler devant lui.

“J’ai marché, réveillant “ Son départ correspond au réveil de la nature et son réveil, à travers sa mise en mouvement le poète

“ les pierreries regardèrent, et les ailes

se levèrent sans bruit.” Personnification de la nature, le poète les a réveillé et il le traduit par des actions délicates douces qui sont berçantes au réveil

“une fleur qui me dit son nom.”  Le poète est en osmose avec la nature il lui parle, de plus c’est la fleur qui lui parle et non le poète , symbolique elle se présente au poète comme lorsque l’on rencontre une personne pour la première fois. Poète donc capable de l’entendre

à la cime argentée je reconnus la déesse.” Il parle de la muse de la poésie, ce qui s’inscrit dans les étapes magiques

“ Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.” Sa muse fuit il la poursuit, “ courant comme un mendiant sur les quais de marbre,” comparaison il se sent dépossédé de son inspiration sans elle, démuni de toute force , il la chasse cependant tout cela est fictif, cela correspond à une nouvelle étape dans la vie du personnage, il doit vivre sans elle.
“je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps.” Son effort est récompensé, il se sent vivant et empli de joie traduit par l’hyperbole “immense” il est dans la démesure face à sa muse



II) Un itinéraire merveilleux

 

“J’ai embrassé l’aube d’été.” Personnification il commence son itinéraire merveilleux, il l’évoque comme si c'était une femme, son départ est déjà féerique

 

“Personnification  “L’eau était morte” l’eau est le symbole de la  vie, l’eau est morte car son itinéraire n’a pas encore commencé, il y a une attente de la nature et du poète qui ne font qu’un

“J’ai marché, réveillant” Le début de son itinéraire est annoncé par sa mise en mouvement

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats,” la première étape est clairement évoquée grâce au déterminant premiere, dès l’aube le matin, la fraîcheur est de sortie comme quand la nature se réveille et que la nuit il y a eu la rosée

“Alors je levai un à un les voiles.” il franchit une nouvelle étape, on s’attend à découvrir qqchose de merveilleux, le fait qu’il dise un à un montre que le poète se démène pour franchir cette étape + “en agitant les bras. “ le poète est impatient de découvrir la suite de son itinéraire,

“courant “ + “elle fuyait” son itinéraire s’emballe, le personnage perd peu à peu le contrôle de son aventure

 

“L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.” Zeugma l’enfant s’associe à l’aube, la fin de l’aube annonce la fin de son voyage, il tombe comme son inspiration poétique l’enfant a grandi, il va laisser place à une chose nouvelle “Au réveil il était midi.”


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