Commentaire composé du portrait de Mademoiselle de Chartres dans La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette

Commentaire composé du portrait de Mademoiselle de Chartres dans La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette

Photo by Anne Edgar on Unsplash
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Texte

  Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l'avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée.

 

   Cette héritière était alors un des grands partis qu'il y eût en France ; et quoiqu'elle fût dans une extrême jeunesse, l'on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. Lorsqu'elle arriva, le vidame alla au-devant d'elle ; il fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison. La blancheur de son teint et ses cheveux blonds lui donnaient un éclat que l'on n'a jamais vu qu'à elle ; tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient pleins de grâce et de charmes.


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Commentaire composé

Quelle image de l’éducation de la femme transparaît à travers ce portrait ?

 

I)  La prestance que lui donne son rang social

 

“ Il parut alors une beauté à la cour” Le cadre est posé dès le début du texte, cela donne une information direct sur le rang social de Mlle de C, elle a de la tenu, elle sait se tenir en société. De fait sa mère avait quitté la cour, elle connaît bien les coutumes etc, l’éducation de sa fille sur sa tenue est exemplaire.

 

“Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. “ Elle possède un rang social élevé, son éducation est donc plus poussée.

 

“qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite” Elle suscite l’attention des prétendants par sa jeunesse, son innocence et sa beauté. Vb de l’obligation montre que par son rang, elle impressionne

 

“elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes.” Sa nouveauté lui donne des charmes que les autres femmes de la cour n’ont pas. En effet elle n’a pas fait son éducation à la cour, elle est donc différente de toutes les femmes de la cour. Admiration début de l’amour et Mlle de Chartres vient à la cour afin de trouver un mari.

 

“  Cette héritière était alors un des grands partis qu'il y eût en France ; et quoiqu'elle fût dans une extrême jeunesse, l'on avait déjà proposé plusieurs mariages” Sa prestance lui vaut des avances, son rang social intéresse les hommes de la cour

 

“Il  fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison.” Dès son entré elle rayonne par sa beauté, son innocence acquise par la vertu et son écart de la cour lui donne une place particulière à la cour.

 

“la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance.” Une personne qui a de la naissance comme Mlle de Chartres ne peut se reposer seulement sur sa beauté. La vertu fait qu’elle rayonne à la cour, elle lui donne une aura.

II) Le paroxysme de la vertu

 

“Son père était mort jeune,” donc sa mère a eu la charge de l’éducation “ dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires.” La vertu est un héritage familial, sa mère l’a acquis et le transmet à sa fille afin d’éviter les vices de la société

 

“Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour.” La cour est un monde cruel, sa mère la quitte à la mort de son mari afin de préserver sa fille face à tous les moeurs des femmes de la cour.

 

“elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; “ sa mère ne l’éduque pas comme tout le monde, elle veut que sa fille sorte du commun, elle ne l’éduque pas afin que sa fille finisse dans les salons.

“lui donner de la vertu” en effet vertu valeur de la mère

 

“ elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; “ elle lui montre ce qu’il ne faut pas faire afin de lui en inculquer la philosophie qui mène à la vertu. Sa mère connaît les dangers mais lui montre pour lui enseigner sa vertu face à ses dangers.

 

“il était difficile de conserver cette vertu, “ Elle la met aussi en garde que la vertu est difficile à conserver. L’intelligence de la mère est qu’elle anticipe tout pour sa fille afin qu’elle ne tombe pas dans le piège du péché.

 

“ d'aimer son mari et d'en être aimée.” valeur fondamental pour conserver sa vertu

 

“ ne trouvait presque rien digne de sa fille “ La complexité de la mère montre la complexité de l’éducation afin d’être vertueuse.


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