Etude du chapitre 20 du Roman comique de Scarron

Etude du chapitre 20 de la première partie du Roman comique de Scarron

Photo by Vincent Botta on Unsplash
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Voici deux questions que l'on peut vous proposer à l'oral du Bac de français

Comment le comique fait-il progresser l’action dans le chapitre 20 du Roman comique de Scarron ?

 

Tout d’abord, l’action est statique. On a une description des événements passés et un commentaire du narrateur “Je ne crois pas que défunt Phaéton, de malheureuse mémoire ait été plus empêché [...] que le fut notre petit avocat sur un cheval doux comme un âne”. Mais lorsque Ragotin se met sur le cheval, l’action commence réellement, et le lecteur, avec l’insertion d’un comique de situation, assiste à la chute de Ragotin décrite avec précision “il pendit quelque temps aux crins du cheval, un pied accroché par son éperon à la selle et l’autre pied et le reste du corps attendant le décrochement de ce pied”. On trouve également tout au long du texte des longues phrases signifiant que le narrateur a beaucoup à dire, ainsi qu'une référence à Phaéton, personnage de la mythologie grecque qui à eu un problème similaire avec des chevaux. Un comique de répétition est présent car l’accident arrive également à Roquebrune qui devrait être plus adroit que Ragotin “il y avait quelque sort jeté sur ce malencontreux animal : la selle mal sanglée tourna comme à Ragotin”. L’allitération en [r] est utilisée pour montrer la difficulté que rencontre Ragotin “le reste du corps attendant décrochement de ce pied accroché pour donner en terre, de compagnie avec la carabine, l’épée, et le baudrier, et la bandoulière”.

 

Faites un parallèle entre ce vingtième chapitre et les romans picaresques que vous connaissez.

 

Nous avons ici une description des objets utilisés, plus particulièrement ceux provenant du champ lexical de l’équitation (“pommeau”,”selle”,”bride”...) et le champs lexical du matériel militaire (“épée”,”carabine”,”baudrier”...). Cela crée un parallèle avec les romans picaresque qui sont présenté comme des contes chevaleresques. Scarron en fait même une comédie comme Don Quichotte de Miguel de Cervantès, qui lui est une parodie des romans chevaleresques. Comme dans le roman picaresque, les deux personnages principaux, Ragotin et Roquebrune sont de piètres cavaliers : ”il fallut tomber ; ce qu’il fit bien plus adroitement qu’il n’avait monté.”. À la manière de Don Quichotte, Ragotin choisit un cheval banal “doux comme un âne” mais est pire que le chevalier de la Mancha, car celui-ci arrive à monter sur son cheval qui n’est également pas un pur sang. Normalement, un chevalier doit se battre contre les ennemis, alors que Ragotin se bat avec son propre cheval, qui devrait à la place l’aider “il quitta la bride en homme de jugement et se prit aux crins du cheval qui se mit aussitôt à courre”. Le chevalier doit également protéger les villageois en temps de guerre, mais Ragotin les met en danger en laissant le cheval courir dans leurs résidences “il s’en retourna vers la ville”.  De plus, ils sont exposés aux parties basses de Roquebrune “ses chausses lui étant tombées sur les jarrets”, et donc après avoir bien ri de lui ils ne pourront plus le respecter et encore moins se sentir redevables envers lui qui pourtant devrait endosser le rôle de leur protecteur.


Si vous étudiez Le Roman comique de Scarron en oeuvre intégrale je vous conseille de lire ce livre


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