Commentaire composé du poème « Demain dès l’aube » de Victor Hugo

Commentaire composé du poème « Demain dès l’aube » de Victor Hugo

Photo by Luca Bravo on Unsplash
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Texte

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

 

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


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Commentaire composé

Comment dans ce poème romantique Victor Hugo utilise le rythme et la description du paysage pour nous faire ressentir sa tristesse.

 

I Le rythme

 

Vers 1 et 2 le rythme reproduit la course d’un cheval. De plus le rejet « je partirai » met en valeur le fait que Vicrtor Hugo décide d’entreprendre ce voyage.

Les paroles au discours direct s’adressent à Léopoldine qui est décédée mais pour Hugo est est toujours vivante dans son coeur.

Vers 4 et 5 on sent que Victor Hugo est pressé de rejoindre Léopoldine.

Au vers 7 le mot « seul » accentue le sentiment de solitude du poète. Le rythme haché qui détache chaque mot renforce l’idée de peine et de repli sur soi : « le dos courbé », « les mains croisées », « inconnu ».

Vers 8 l’adjectif « triste » est mis en valeur et la suite du vers montre que pour le poète endeuillé il n’y a plus de séparation entre le jour et la nuit.

Vers 11 la virgule après « j’arriverai » marque la césure à l’hémistiche et indique que ce n’est que lorsqu’il sera arrivé qu’il s’autorisera à s’arrêter : cet arrêt est matérialisé par le rythme du vers.

L’enjambement du vers 11 sur le vers 12 montre son empressement à retrouver Léopoldine.

 

II Le paysage état d’âme

 

Vers 3 « J’irai par la forêt » : la forêt est symboliquement un lieu où l’on se perd donc ici cela représente la peur de ne pas arriver à surmonter ses émotions. « J’irai par la montagne » : la répétition de « j’irai » montre qu’il est prêt à se dépasser pour la rejoindre et la montagne évoque la difficulté de faire face à la souffrance.

Vers 6 le regard de Hugo est tourné vers l’intérieur. La césure à l’hémistiche et la répétition de « sans » soulignent que le poète est prisonnier de sa pensée.

Vers 9 « Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe » : l’or évoque le coucher du soleil sur la mer et le verbe « tombe » évoquent les larmes qui tombent. Cette impression est renforcée par l’allitération en [R] qui évoque la douleur. Le paysage est donc bien intérieur.

 

Au vers 10 la métonymie « les voiles » désigne les bateaux et évoque le temps qui passe.


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