Commentaire composé du poème de Baudelaire "Harmonie du soir"

Commentaire composé du poème de Baudelaire "Harmonie du soir"

Photo by Stelios Kazazis on Unsplash
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Texte

HARMONIE DU SOIR

 

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;

Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;

Valse mélancolique et langoureux vertige !

 

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;

Valse mélancolique et langoureux vertige !

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

 

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

 

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,

Du passé lumineux recueille tout vestige !

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...

Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !


Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Commentaire composé

 

I La musique du texte

  1. La forme fixe du pantoum

 

Ce poème est pantoum, les vers 2 et 4 de la première strophe sont repris aux vers 1 et 3 de la strophe suivante et ainsi de suite jusqu’à la fin. Cela créé une ressemblance avec le refrain d’une chanson, donnant un aspect musical au poème. Cette forme a été utilisée par les poète du Parnasse, dont Baudelaire assume la filiation.



  1. Les sonorités

 

On retrouve plusieurs allitérations en [s], dans le poème. Cela montre un aspect ténébreux à l’oeuvre, puisque le son en [s] évoque la souffrance.

 

Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;” : évoque la musique et l’associe avec les parfums dans une synesthésie.

 

“Valse mélancolique et langoureux vertige !” : le poème est construit sur le thème de la boucle, qui est transcrit dans ce vers par l’allusion à la valse, une danse où les partenaires tournent en rond. Le vertige vient naturellement lorsqu’on tourne trop sur soi-même. Le poète tourne sans cesse le souvenir de la femme perdue dans son esprit jusqu’à en être ivre.

 

“Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;” : le violon est traditionnellement un instrument triste . L’emploi du verbe “frémir” avec le verbe “vibrer” contribuent à l’évocation musicale. L’allitération en [k] suggère une difficulté.

 

“Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.” : L’allitération en [s] souligne la souffrance du poète qui semble sur le point de se suicider.


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