Commentaire composé sur le poème "Je vis, je meurs" de Louise Labbé

Commentaire composé sur le poème "Je vis, je meurs" de Louise Labbé

Photo by Bart LaRue on Unsplash
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Texte

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;

J'ai chaud extrême en endurant froidure :

La vie m'est et trop molle et trop dure.

J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

 

Tout à un coup je ris et je larmoie,

Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;

Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;

Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

Ainsi Amour inconstamment me mène ;

Et, quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me trouve hors de peine.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.

 

Louise Labbé, Sonnets


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Commentaire composé

Comment la forme fixe du sonnet donne-t-elle plus de force au message délivré par le poème ?

 

I Un poème construit sur le mode de l’énigme

  1. Les quatrains évoquent un état physique et émotionnel paradoxal

 

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie” : Le premier vers est très saccadé, on a l’impression que le poète a du mal à parler, à sortir ses mots à cause de l’émotion. Le vers est construit sur des oppositions, même les éléments sont contraires car l’eau devrait éteindre le feu mais il faut s’intéresser à la symbolique puisque le verbe bruler nous fait penser à l’expression “jouer avec le feu” et le verbe noyer renvoie aux émotions incontrolables.

 

Ce quatrain présente des rimes embrassées, sûrement pour évoquer l’amour puisque la poétesse aimerait embrasser l’homme qu’elle aime. On retrouve des rimes masculines qui entourent les rimes féminines, comme si à travers ce poème la poétesse pouvait concrétiser sa relation amoureuse.  Les rimes forment donc une image pour renforcer ce que la poétesse ressent.




  1. Les tercets essayent d’apporter une réponse

 

Ainsi Amour inconstamment me mène” : Ce vers est le vers pivot du poème puisque c’est ici que l’on comprend pourquoi la poétesse ressent tous ces sentiments.

 

Et, quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me trouve hors de peine.” : le verbe penser est répété deux fois et insiste sur l’introspection de la poétesse.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine” : La poétesse nous fait part des étapes de sa réflexion.

 

II Un poème lyrique qui donne une conception de l’amour universelle

  1. Un poème lyrique

 

Tout à un coup je ris et je larmoie,” “Tout en un coup je sèche et je verdoie” : Dans ces deux vers le “je” est répété plusieurs fois, ce qui montre bien l’expression des sentiments de la poétesse.

Mon bien s'en va, et à jamais il dure”: le pronom possessif “mon” renforce l’expression des sentiments. La césure à l’hémistiche montre que la poétesse est partagée entre deux états d’esprits, le négatif et le positif.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.” : On retrouve de nombreuse fois des pronoms possessifs : “ma”, “mon, “me” qui insistent sur la pensée intime de la poétesse.



  1. Quelle conception de l’amour ce poème donne-t-il ?

 

Tout à un coup je ris et je larmoie” : L’amour semble rendre un individu inconstant, comme l’attestent les émotions contraires ressenties par la poétesse.

 

“Il me remet en mon premier malheur.” : La poétesse fait paraître l’amour comme souffrance sans fin avec le verbe remettre qui évoque un cycle négatif.

 

“Ainsi Amour inconstamment me mène” : Pour expliquer ses divers sentiments, la poétesse nous fait comprendre qu’elle ne se contrôle plus parce que l’amour la domine et la guide. Ainsi dans ce poème l’amour est présenté comme une force puissante qui asservit l’homme et le prive de son libre-arbitre.


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