Commentaire composé sur Phèdre de Racine Acte II scène 2 l'aveu d'Hippolyte à Aricie

Commentaire composé sur Phèdre de Racine Acte II scène 2 l'aveu d'Hippolyte à Aricie

Photo by Alejandra Quiroz on Unsplash
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Texte

RACINE : PHEDRE : ACTE II SCÈNE 2 : VERS 524 - 552

L'AVEU AMOUREUX D'HIPPOLYTE A ARICIE

 

HIPPOLYTE

Je me suis engagé trop avant.

Je vois que la raison cède à la violence.

Puisque j'ai commencé de rompre le silence,

Madame, il faut poursuivre : il faut vous informer

D'un secret que mon cœur ne peut plus renfermer.

Vous voyez devant vous un prince déplorable,

D'un téméraire orgueil exemple mémorable.

Moi qui, contre l'amour fièrement révolté,

Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté ;

Qui des faibles mortels déplorant les naufrages,

Pensais toujours du bord contempler les orages ;

Asservi maintenant sous la commune loi,

Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi ?

Un moment a vaincu mon audace imprudente :

Cette âme si superbe est enfin dépendante.

Depuis près de six mois, honteux, désespéré,

Portant partout le trait dont je suis déchiré,

Contre vous, contre moi, vainement je m'éprouve :

Présente je vous fuis, absente je vous trouve ;

Dans le fond des forêts votre image me suit ;

La lumière du jour, les ombres de la nuit,

Tout retrace à mes yeux les charmes que j'évite,

Tout vous livre à l'envi le rebelle Hippolyte.

Moi-même, pour tout fruit de mes soins superflus,

Maintenant je me cherche, et ne me trouve plus.

Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune.

Je ne me souviens plus des leçons de Neptune.

Mes seuls gémissements font retentir les bois,

Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix.

Peut-être le récit d'un amour si sauvage

Vous fait en m'écoutant rougir de votre ouvrage.

D'un cœur qui s'offre à vous quel farouche entretien !

Quel étrange captif pour un si beau lien !

Mais l'offrande à vos yeux en doit être plus chère.

Songez que je vous parle une langue étrangère,

Et ne rejetez pas des vœux mal exprimés,

 

Qu'Hippolyte sans vous n'aurait jamais formés.

Commentaire composé

 

I Une scène d’aveu

“Je me suis engagé trop avant” : Hippolyte est obligé de faire un aveu à Aricie pour ne pas entraîner un malentendu.

“Puisque j'ai commencé de rompre le silence, Madame, il faut poursuivre : il faut vous informer D'un secret que mon cœur ne peut plus renfermer.” : Hippolyte passe aux aveux car il ne peut plus garder son amour pour lui, c’est devenu trop douloureux.

“Moi qui, contre l'amour fièrement révolté, Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté ; Qui des faibles mortels déplorant les naufrages, Pensais toujours du bord contempler les orages ;” : Hippolyte avoue qu’il se croyait supérieur aux autres jusqu’à maintenant où lui aussi est tombé amoureux.

“Asservi maintenant sous la commune loi, Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi ?” : Hippolyte déclare qu’il est amoureux.

“Depuis près de six mois, honteux, désespéré, [...] Contre vous, contre moi, vainement je m'éprouve :” : Il avoue qu’il est amoureux d’Aricie depuis six mois et qu’il a essayé sans succès de lutter contre cet amour.

“Peut-être le récit d'un amour si sauvage Vous fait en m'écoutant rougir de votre ouvrage.” : Aricie, en tant que princesse, devrait être gênée face aux aveux passionnés d’Hippolyte qui a perdu toute retenue.

“D'un cœur qui s'offre à vous quel farouche entretien !” : Hippolyte avoue clairement son amour à Aricie.

“Mais l'offrande à vos yeux en doit être plus chère” : Par son aveu, Hippolyte sacrifie son rang social puisque son amour est interdit. Il se soumet totalement à Aricie qui est la fille de son ennemie.

“Et ne rejetez pas des vœux mal exprimés, Qu'Hippolyte sans vous n'aurait jamais formés.” : Hippolyte implore la pitié d’Aricie, il est au dernier stade de la soumission.


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