Commentaire composé du poème "Mors" de Victor Hugo

Commentaire composé du poème "Mors" de Victor Hugo

Photo by Warren Wong on Unsplash
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Texte

“Mors”, Hugo, Les Contemplations

 

Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ.

Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant,

Noir squelette laissant passer le crépuscule.

Dans l'ombre où l'on dirait que tout tremble et recule,

L'homme suivait des yeux les lueurs de la faulx.

Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux

Tombaient ; elle changeait en désert Babylone,

Le trône en échafaud et l'échafaud en trône,

Les roses en fumier, les enfants en oiseaux,

L'or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux.

Et les femmes criaient : - Rends-nous ce petit être.

Pour le faire mourir, pourquoi l'avoir fait naître ? -

Ce n'était qu'un sanglot sur terre, en haut, en bas ;

Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ;

Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre ;

Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre

Un troupeau frissonnant qui dans l'ombre s'enfuit ;

Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit.

Derrière elle, le front baigné de douces flammes,

Un ange souriant portait la gerbe d'âmes.

 

Mars 1854.

Commentaire composé

I) Le pathétique

 

Le pathétique est introduit dans ce poème par la question rhétorique d’une femme qui tente de comprendre la raison pour laquelle nous naissons ou nous mourrons :Et les femmes criaient : - “Rends-nous ce petit être. Pour le faire mourir, pourquoi l'avoir fait naître ? -” Ces vers rappellent la douleur du poète qui a perdu sa fille à l'âge de 19 ans. Cela montre aussi l’impuissance de l’homme face à la mort quand la femme réclame qu’on lui rende “ce petit être” expression qui renforce le pathétique lié à la fragilité de l’enfant.Nous voyons aussi que les hommes quels que soient leur rang social ressentent tous de la douleur face à la perte d’un enfant :”Ce n'était qu'un sanglot sur terre, en haut, en bas ;” De plus le champ lexical de la froideur de la mort ajoute à l’angoisse dans le vers : “Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre”. Victor Hugo construit une ambiance terrifiante : “Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre Un troupeau frissonnant qui dans l'ombre s'enfuit ; Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit”.


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