Commentaire composé sur Rhinocéros de Ionesco, Acte I. Après le passage du 1er rhino, J. et B. reprennent leur conversation antérieure à la terrasse d'un café

Commentaire composé sur Rhinocéros de Ionesco, Acte I. Après le passage du 1er rhino, J. et B. reprennent leur conversation antérieure à la terrasse d'un café

Photo by Mattias Diesel on Unsplash
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1ère partie : l'opposition entre les deux protagonistes

 

Bérenger boit pour s'évader de lui-même, c'est un refuge contre ses angoisses.

En effet, il décrit son mal-être comme une anxiété vague ("C'est comme si j'avais peur". "des angoisses difficiles à définir"), une difficulté à s'insérer dans la société ("Je me sens mal à l'aise parmi les gens"), une fatigue et un dégoût de lui-même, un poids qui l'écrase (champ lexical : plomb, fardeau, pèse), un dédoublement de personnalité ("c'est comme si je portais un autre homme sur le dos"; "je ne sais pas si je suis moi"). Il s'analyse, réfléchit, se pose des questions fondamentales.

=> Bérenger = incarnation de l'homme du XXe siècle, qui remet en question toutes les certitudes, parce qu'il a perdu ses points de repères au sein d'un monde égoïste et stérile; anticonformiste; il ressemble à "l'étranger" de Camus, qui a du mal à comprendre le monde et qui reste un incompris: mal-être «existentiel» 

Jean, au contraire, apparaît comme le conformiste, l'homme des certitudes.

Il ne comprend pas du tout Bérenger dont il ridiculise et nie les angoisses existentielles, les ramenant à des problèmes physiques ("C'est de la neurasthénie alcoolique"; "je pèse plus que vous"). Lui, il se sent "léger", il ne se pose aucune question. Il ne pense que par stéréotypes, formules ttes faites, affirmations schématiques, questions oratoires («Comment peuvent peser des choses qui n'existent pas ? ») Ses affirmations sont simplistes et brutales: pour démontrer, il se contente d'affirmer et de répéter ("J'ai de la force parce que j'ai de la force!": le mot "force" est répété 7 fois en 5 lignes). Tout ce passage est rendu burlesque par les redondances. Mais Ionesco ridiculise son attitude et montre son caractère dangereux, puisque à force de gesticuler il renverse le VM -> effet comique ; ses affirmations brutales sont vraiment brutales, et sa force "morale" se transforme en violence physique! 

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