Commentaire composé du poème "Le Pain" de Francis Ponge

Commentaire composé du poème "Le Pain" de Francis Ponge

Photo by Jonathan Pielmayer on Unsplash
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Texte

Le pain

 

     La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.

     Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

     Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...

     Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. 

 

Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)

Commentaire composé

I La description du pain

 

Le pain est décrit de l’extérieur (la croûte) vers l’intérieur (la mie). La croûte est décrite par son aspect rugueux et la mie par son aspect spongieux. Il y a une franche opposition entre la croûte qui est valorisée « la surface du pain est merveilleuse » et la mie qui est dévalorisée « la mollesse ignoble sous-jacente ». « Mais brisons-la » a un double sens : briser la croûte ou briser la conversation.

 

II La métamorphose du pain

 

Le pain est une allégorie de la création du monde, une genèse. Le poète représente le big-bang «  le four stellaire », la formation des montagnes « les Alpes »… Il évoque les volcans t l’écorce terrestre « une masse amorphe en train d’éructer ». La mie représente le noyau terrestre « tissu pareil à celui des éponges ». La dernière phrase est une référence à l’eucharistie qui est dénigrée par le poète : « Car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation ».


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