Commentaire composé sur Pierre de Marbeuf, Et la mer et l'amour

Commentaire composé sur Pierre de Marbeuf, Et la mer et l'amour

Photo by Torsten Dederichs on Unsplash
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Texte

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,

Et la mer est amère, et l'amour est amer,

L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,

Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

 

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,

Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,

Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,

Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage ?

 

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,

Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau

Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes. 

 

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,

Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,

Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

 

 

Pierre de Marbeuf, Et la mer et l'amour… 1628

Commentaire composé

I La comparaison entre la mer et l’amour

 

“Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage, Et la mer est amère, et l'amour est amer,” : on remarque une allitération  en [r], ce qui renvoie à la souffrance du poète. Ces deux premiers vers débute la comparaison entre la mer et l’amour. L'auteur effectue des coupes à l'hémistiche, la mer et l’amour sont donc égaux. 

“L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer, Car la mer et l'amour ne sont point sans orage” : P. De Marbeuf continue la comparaison entre l’amour et la mer. Il compare l’amour à quelque chose de dangereux tel la navigation. 

“Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage, Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer, Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer, Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage ?” : il poursuit sa comparaison entre l’amoureux et le marin. Il met son lecteur en garde, on peut supposer qu'il s’y connaît en navigation et en amour.

 “La mère de l'amour eut la mer pour berceau,” : Marbeuf fait allusion à la mythologie et au tableau de Botticelli “Vénus sortie des eaux” pour lier encore plus intimement la mer au thème de l’amour.

“Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.” : le poète explique que le feu sort de l'amour ainsi que la mère de l'amour sort de l'eau. Donc on peut dire que le feu sort de l'eau. Mais l'eau des larmes ne peut pas éteindre le feu allumé par l'amour. C’est le thème développé dans le dernier tercet : “Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux, Ton amour qui me brûle est si fort douloureux, Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.”

 

 

II L’amour est perçu comme une souffrance

 

Tout d’abord on remarque que les rimes sont embrassées, le poète aimerait donc embrasser sa compagne. 

 

“Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage, Et la mer est amère, et l'amour est amer,” : Dès le premier vers le poète exprime la souffrance qu’exerce l’amour sur les hommes. Il va ensuite développer ce thème tout au long du poème.

“L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer” : pour lui l’amour entraîne la noyade émotionnelle parce que l’eau symbolise les émotions. 

“Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage, Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer, Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer, Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage ?” : d’après le poète, l'amour fait souffrir, donc si nous ne sommes pas prêt à souffrir il ne faut pas s'engager sur ce terrain. 

“Le feu sort de l'amour” : l’amour suscite la passion, présentée comme un feu dévorant.

“sa mère sort de l'eau Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.” : ici l'amour est décrit comme redoutable. L'enjambement vient renforcer l'idée d'agitation de mouvement. C'est un poème baroque qui donne une vision cyclique de l'amour et de la vie. 

“Ton amour qui me brûle est si fort douloureux, Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.” : le poète nous parle de ses propres sentiments sur l'amour, c’est donc un poème lyrique (pronoms personnels sujets) bien que très théorique dans sa première partie. 

Avec la métaphore “la mer de mes larmes”, le poète exprime son immense souffrance vis à vis d’un amour qui n’est pas réciproque. 

 


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