Commentaire composé sur Musset, On ne badine pas avec l’amour, acte II, scène 5

Commentaire composé sur Musset, On ne badine pas avec l’amour, acte II, scène 5

Photo by Victor Benard on Unsplash
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Texte

Musset, On ne badine pas avec l’amour, acte II, scène 5

 

CAMILLE.

Depuis près de dix ans que nous avons vécu éloignés l'un de l'autre, vous avez commencé l'expérience de la vie. Je sais quel homme vous êtes, et vous devez avoir beaucoup appris en peu de temps avec un coeur et un esprit comme les vôtres. Dites-moi, avez-vous eu des maîtresses ?

PERDICAN.

Pourquoi cela ?

CAMILLE.

Répondez-moi, je vous en prie, sans modestie et sans fatuité.

PERDICAN.

J'en ai eu.

CAMILLE.

Les avez-vous aimées ?

PERDICAN.

De tout mon coeur.

CAMILLE.

Où sont-elles maintenant ? Le savez-vous ?

PERDICAN.

Voilà, en vérité, des questions singulières. Que voulez-vous que je vous dise ? Je ne suis ni leur mari ni leur frère ; elles sont allées où bon leur a semblé.

CAMILLE.

Il doit nécessairement y en avoir une que vous ayez préférée aux autres. Combien de temps avez-vous aimé celle que vous avez aimée le mieux ?

PERDICAN.

Tu es une drôle de fille ! Veux-tu te faire mon confesseur ?

CAMILLE.

C'est une grâce que je vous demande de me répondre sincèrement. Vous n'êtes point un libertin, et je crois que votre coeur a de la probité. Vous avez dû inspirer l'amour, car vous le méritez et vous ne vous seriez pas livré à un caprice. Répondez-moi, je vous en prie.

PERDICAN.

Ma foi, je ne m'en souviens pas.

CAMILLE.

Connaissez-vous un homme qui n'ait aimé qu'une femme ?

PERDICAN.

Il y en a certainement.

CAMILLE.

Est-ce un de vos amis ? Dites-moi son nom.

PERDICAN.

Je n'ai pas de nom à vous dire ; mais je crois qu'il y a des hommes capables de n'aimer qu'une fois.

CAMILLE.

Combien de fois un honnête homme peut-il aimer ?

PERDICAN.

Veux-tu me faire réciter une litanie, ou récites-tu toi-même un catéchisme ?

CAMILLE.

Je voudrais m'instruire, et savoir si j'ai tort ou raison de me faire religieuse. Si je vous épousais, ne devriez-vous pas répondre avec franchise à toutes mes questions et me montrer votre coeur à nu ? Je vous estime beaucoup, et je vous crois, par votre éducation et par votre nature, supérieur à beaucoup d'autres hommes. Je suis fâchée que vous ne vous souveniez plus de ce que je vous demande ; peut-être en vous connaissant mieux je m'enhardirais.

PERDICAN.

Où veux-tu en venir ? Parle ; je répondrai.

CAMILLE.

Répondez donc à ma première question. Ai-je raison de rester au couvent ?

PERDICAN.

Non.

CAMILLE.

Je ferais donc mieux de vous épouser ?

PERDICAN.

Oui.

CAMILLE.

Si le curé de votre paroisse soufflait sur un verre d'eau et vous disait que c'est un verre de vin, le boiriez-vous comme tel ?

PERDICAN.

Non.

CAMILLE.

Si le curé de votre paroisse soufflait sur vous et me disait que vous m'aimerez toute votre vie, aurais-je raison de le croire ?

PERDICAN.

Oui et non.

CAMILLE.

Que me conseilleriez-vous de faire le jour où je verrais que vous ne m'aimez plus ?

PERDICAN.

De prendre un amant.

CAMILLE.

Que ferai-je ensuite le jour où mon amant ne m'aimera plus ?

PERDICAN.

Tu en prendras un autre.

CAMILLE.

Combien de temps cela durera-t-il ?

PERDICAN.

Jusqu'à ce que tes cheveux soient gris, et alors les miens seront blancs.

CAMILLE.

Savez-vous ce que c'est que les cloîtres, Perdican ? Vous êtes-vous jamais assis un jour entier sur le banc d'un monastère de femmes ?

PERDICAN.

Oui, je m'y suis assis.

CAMILLE.

J'ai pour amie une soeur qui n'a que trente ans, et qui a eu cinq cent mille livres de revenu à l'âge de quinze ans. C'est la plus belle et la plus noble créature qui ait marché sur terre. Elle était pairesse du parlement et avait pour mari un des hommes les plus distingués de France. Aucune des nobles facultés humaines n'était restée sans culture en elle, et, comme un arbrisseau d'une sève choisie, tous ses bourgeons avaient donné des ramures. Jamais l'amour et le bonheur ne poseront leur couronne fleurie sur un front plus beau. Son mari l'a trompée ; elle a aimé un autre homme, et elle se meurt de désespoir.

PERDICAN.

Cela est possible.

CAMILLE.

Nous habitons la même cellule, et j'ai passé des nuits entières à parler de ses malheurs ; ils sont presque devenus les miens ; cela est singulier, n'est-ce pas ? Je ne sais trop comment cela se fait. Quand elle me parlait de son mariage, quand elle me peignait d'abord l'ivresse des premiers jours, puis la tranquillité des autres, et comme enfin tout s'était envolé ; comme elle était assise le soir au coin du feu, et lui auprès de la fenêtre, sans se dire un seul mot ; comme leur amour avait langui, et comme tous les efforts pour se rapprocher n'aboutissaient qu'à des querelles ; comme une figure étrangère est venue peu à peu se placer entre eux et se glisser dans leurs souffrances ; c'était moi que je voyais agir tandis qu'elle parlait. Quand elle disait : Là, j'ai été heureuse, mon coeur bondissait ; et quand elle ajoutait : Là, j'ai pleuré, mes larmes coulaient. Mais figurez-vous quelque chose de plus singulier encore ; j'avais fini par me créer une vie imaginaire ; cela a duré quatre ans ; il est inutile de vous dire par combien de réflexions, de retours sur moi-même, tout cela est venu. Ce que je voulais vous raconter comme une curiosité, c'est que tous les récits de Louise, toutes les fictions de mes rêves portaient votre ressemblance.

PERDICAN.

Ma ressemblance à moi ?

CAMILLE.

Oui, et cela est naturel : vous étiez le seul homme que j'eusse connu. En vérité, je vous ai aimé, Perdican.

PERDICAN.

Quel âge as-tu, Camille ?

CAMILLE.

Dix-huit ans.

PERDICAN.

Continue, continue ; j'écoute.

CAMILLE.

Il y a deux cents femmes dans notre couvent ; un petit nombre de ces femmes ne connaîtra jamais la vie, et tout le reste attend la mort. Plus d'une parmi elles sont sorties du monastère comme j'en sors aujourd'hui, vierges et pleines d'espérances. Elles sont revenues peu de temps après, vieilles et désolées. Tous les jours il en meurt dans nos dortoirs, et tous les jours il en vient de nouvelles prendre la place des mortes sur les matelas de crin. Les étrangers qui nous visitent admirent le calme et l'ordre de la maison ; ils regardent attentivement la blancheur de nos voiles, mais ils se demandent pourquoi nous les rabaissons sur nos yeux. Que pensez-vous de ces femmes, Perdican ? Ont-elles tort ou ont-elles raison ?

PERDICAN.

Je n'en sais rien.

CAMILLE.

Il s'en est trouvé quelques-unes qui me conseillent de rester vierge. Je suis bien aise de vous consulter. Croyez-vous que ces femmes-là auraient mieux fait de prendre un amant et de me conseiller d'en faire autant ?

PERDICAN.

Je n'en sais rien.

CAMILLE.

Vous aviez promis de me répondre.

PERDICAN.

J'en suis dispensé tout naturellement ; je ne crois pas que ce soit toi qui parles.

CAMILLE.

Cela se peut, il doit y avoir dans toutes mes idées des choses très ridicules. Il se peut bien qu'on m'ait fait la leçon, et que je ne sois qu'un perroquet mal appris. Il y a dans la galerie un petit tableau qui représente un moine courbé sur un missel ; à travers les barreaux obscurs de sa cellule glisse un faible rayon de soleil, et on aperçoit une locanda italienne, devant laquelle danse un chevrier. Lequel de ces deux hommes estimez-vous davantage ?

PERDICAN.

Ni l'un ni l'autre et tous les deux. Ce sont deux hommes de chair et d'os ; il y en a un qui lit et un autre qui danse ; je n'y vois pas autre chose. Tu as raison de te faire religieuse.

CAMILLE.

Vous me disiez non tout à l'heure.

PERDICAN.

Ai-je dit non ? Cela est possible.

CAMILLE.

Ainsi vous me le conseillez ?

PERDICAN.

Ainsi tu ne crois à rien ?

CAMILLE.

Lève la tête, Perdican ! Quel est l'homme qui ne croit à rien ?

PERDICAN, se levant.

En voilà un ; je ne crois pas à la vie immortelle. Ma soeur chérie, les religieuses t'ont donné leur expérience ; mais, crois-moi, ce n'est pas la tienne ; tu ne mourras pas sans aimer.

CAMILLE.

Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir ; je veux aimer d'un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas. Voilà mon amant.

Elle montre son crucifix.

PERDICAN.

Cet amant-là n'exclut pas les autres.

CAMILLE.

Pour moi, du moins, il les exclura. Ne souriez pas, Perdican ! Il y a dix ans que je ne vous ai vu, et je pars demain. Dans dix autres années, si nous nous revoyons, nous en reparlerons. J'ai voulu ne pas rester dans votre souvenir comme une froide statue ; car l'insensibilité mène au point où j'en suis. Écoutez-moi : retournez à la vie, et tant que vous serez heureux, tant que vous aimerez comme on peut aimer sur la terre, oubliez votre soeur Camille ; mais s'il vous arrive jamais d'être oublié ou d'oublier vous-même, si l'ange de l'espérance vous abandonne, lorsque vous serez seul avec le vide dans le coeur, pensez à moi, qui prierai pour vous.

 

 

Le Romantisme est un mouvement littéraire du XIX siècle qui vise à l’évocation des sentiments. Cependant l’exaltation des sentiments peut aussi servir à une cause comme On ne badine pas avec l’amour où Musset dans un dialogue argumentatif présente les caractéristiques du romantisme grâce à un personnage porte parole Camille. Il se sert aussi de Perdican pour mener une réflexion sur l’amour et sur le libertinage. Ainsi nous nous demanderons en quoi ce duel entre Camille et Perdican propose t-il une réflexion sur l’amour et sur les différentes visions de cette vision. Pour répondre à cette problématique nous analyserons dans un premier temps les différentes argumentation de Camille et de perdican. Puis nous étudierons la vision romantique et libertine de ce texte. Enfin nous verrons les différentes conceptions de l’amour qui peut-être éternel ou cyclique. 

Commentaire composé

Le Romantisme est un mouvement littéraire du XIX siècle qui vise à l’évocation des sentiments. Cependant l’exaltation des sentiments peut aussi servir à une cause comme On ne badine pas avec l’amour où Musset dans un dialogue argumentatif présente les caractéristiques du romantisme grâce à un personnage porte parole Camille. Il se sert aussi de Perdican pour mener une réflexion sur l’amour et sur le libertinage. Ainsi nous nous demanderons en quoi ce duel entre Camille et Perdican propose t-il une réflexion sur l’amour. Pour répondre à cette problématique nous analyserons dans un premier temps les différentes argumentation de Camille et de perdican. Puis nous étudierons la vision romantique et libertine de ce texte. Enfin nous verrons les différentes conceptions de l’amour qui peut-être éternel ou cyclique. 

 

I Un duel d’orgueil entre homme et femme

a) Fonctionnement de l’argumentation de Camille

 

“Je voudrais m'instruire, et savoir si j'ai tort ou raison de me faire religieuse. Si je vous épousais, ne devriez-vous pas répondre avec franchise à toutes mes questions et me montrer votre coeur à nu ? Je vous estime beaucoup, et je vous crois, par votre éducation et par votre nature, supérieur à beaucoup d'autres hommes. Je suis fâchée que vous ne vous souveniez plus de ce que je vous demande ; peut-être en vous connaissant mieux je m'enhardirais.” : Camille ne cesse de parler afin de faire avouer Perdican sur ses intentions ainsi elle domine le débat. 

 

“Les avez-vous aimées ?” : Camille harcèle Perdican de questions rhétoriques pour le faire avouer. 

 

“Si le curé de votre paroisse soufflait sur un verre d'eau et vous disait que c'est un verre de vin, le boiriez-vous comme tel ?” : Elle se sert de la religion comme élément argumentatif. 

 

“Il s'en est trouvé quelques-unes qui me conseillent de rester vierge. Je suis bien aise de vous consulter. Croyez-vous que ces femmes-là auraient mieux fait de prendre un amant et de me conseiller d'en faire autant ?”: Camille lui parle de son intimité afin de créer un lien plus intime entre eux, toujours dans le but de lui faire avouer ses ambitions. 

 

“Répondez-moi, je vous en prie, sans modestie et sans fatuité.” : Elle utilise aussi des phrases courtes dans le but de le presser. Ainsi il n’a pas le temps de réfléchir et est donc plus susceptible de l’obliger à lui répondre.

 

“Est-ce un de vos amis ? Dites-moi son nom.” : Camille essaye de jouer avec la jalousie puisqu’elle demande le nom d’un honnête homme à Perdican sans doute dans le but de le rencontrer. 

 

“par votre éducation et par votre nature, supérieur à beaucoup d'autres hommes.”: Elle essaye aussi de l’amadouer en le complimentant.

 

b) Fonctionnement de l’argumentation de Perdican

 

“Pourquoi cela ?” : Perdican essaye de résister au piège de Camille en retournant les questions à Camille ou en répondant par des répliques très courtes sans précision. 

 

“Cet amant-là n'exclut pas les autres.” : Perdican tient tête, il ne veut pas s’avouer vaincu même si son amour pour Camille ne cesse de grandir. 

 

“De tout mon coeur.”: Perdican connaît les sentiments de Camille à son égard c’est pourquoi il joue avec ses sentiments.

 

“Ma foi, je ne m'en souviens pas.” L’argumentation de Perdican est aussi fondée sur la mauvaise foi puisqu’il dit ne se souvenir de rien.

 

“Cela est possible.” : Il se montre aussi indifférent afin de déjouer les plans de Camille.

 

II L’opposition entre la vision romantique de l’amour et la vision libertine

a) Camille, porte parole de l’auteur 

 

Dans ce dialogue, Camille domine de par la longueur de ses répliques.

 

“Les avez-vous aimées ?” : Par ailleurs, elle est le porte parole de l’auteur puisqu’elle essaye de faire justice en mettant Perdican face à ses erreurs.

 

 “votre coeur à nu” : On trouve un champ lexical de l’amour et des sentiments ce qui concorde avec le mouvement romantique qui prône l’exaltation de la sensibilité et des sentiments. 

 

“je vous ai aimé, Perdican.” : Elle dévoile clairement ses sentiments et ne cesse de parler d’elle. Camille possède toutes les caractéristiques du héros romantique.

 

b) Perdican, détracteur du romantisme 

 

“De prendre un amant.” : Perdican est à l’opposé du héros romantique puisqu’il prône le libertinage et incite même les autres à le pratiquer. 

 

“Tu en prendras un autre.” : Il ne voit pas le mariage comme une union sacrée puisqu’il prône l’infidélité. 

 

“En voilà un ; je ne crois pas à la vie immortelle. Ma soeur chérie, les religieuses t'ont donné leur expérience ; mais, crois-moi, ce n'est pas la tienne ; tu ne mourras pas sans aimer” : Il essaye de désorienter Camille en lui exposant une vérité.

 

“Tu as raison de te faire religieuse.”: Il se contredit pour essayer d’en finir avec cette discussion qui le met mal à l’aise. 

 

 

III Un conflit entre l’amour humain et l’amour divin

a) Une vision cyclique de l’amour charnel 

 

“Jusqu'à ce que tes cheveux soient gris, et alors les miens seront blancs.” : Pour Perdican, l’amour est un cycle, il est donc temporaire. 

 

“Tu en prendras un autre.” : La vision de l’amour selon Perdican montre l’humain comme un objet sexuel que l’on remplace lorsqu’il ne convient plus. 

 

“De prendre un amant.” : Le verbe “prendre” est à l’infinitif, on a ainsi l’impression que c’est une vérité générale et donc que l’amour cyclique est normal. Par ailleurs, la neutralité de la tonalité de cette phrase renforce cette idée de normalité. 

 

b) Opposée à l’éternité de l’amour divin

 

“Combien de temps avez-vous aimé celle que vous avez aimée le mieux ?” : On retrouve au début de l’extrait l’association du temps et de l’amour dans une question de la part de Camille. On voit donc une nouvelle fois l’importance de l’amour éternel pour Camille. 

 

“Connaissez-vous un homme qui n'ait aimé qu'une femme ?” : Encore une fois, Camille interroge Perdican quant à l’amour éternel puisqu’ici elle demande si l’amour unique existe. 

 

“Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir ; je veux aimer d'un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas.”: La vision cyclique de l’amour de Perdican s’oppose à celle de Camille pour qui l’amour est éternel. En effet, pour elle, si l’amour n’est que temporaire alors il mène à la souffrance. Le champ lexical de l’éternel ( “éternel”, “ serments” et la négation associée au verbe violer) montre son réel désir d’amour de longue durée. 

 

“Elle montre son crucifix.” : c’est d’ailleurs après cette réplique qu’elle expose son crucifix comme pour montrer que l’amour divin est éternel par opposition à l’amour humain. 

 

“PERDICAN.

Cet amant-là n'exclut pas les autres.

CAMILLE.

Pour moi, du moins, il les exclura.” : Camille s’enferme elle-même dans un schéma de solitude pour éviter la souffrance liée aux relations interpersonnelles. C’est une mystique. Elle n’écoute pas les arguments de Perdican. 

 

Conclusion : 

 

Ainsi Musset se sert dans ce texte d’un duel entre deux personnages afin de mener une réflexion sur l’amour. En effet, l’amour est présenté d’un point de vu romantique avec la vision éternelle de l’amour que livre Camille, mais aussi d’un point de vue libertin avec le personnage de Perdican qui prône un amour cyclique fait de plaisirs fugaces. 

 

Ce texte répond bien aux caractéristiques du drame romantique évoquées dans la préface de Cromwell de Victor Hugo.


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