Commentaire composé sur la mort du roi dans le roman de Laurent Gaudé, La mort du roi Tsongor

Commentaire composé sur la mort du roi dans le roman de  Laurent Gaudé, La mort du roi Tsongor

Photo by Mathew MacQuarrie on Unsplash
Photo by Mathew MacQuarrie on Unsplash

Commentaire composé

I Un récit romanesque

a) Le schéma narratif

 

Cet extrait respecte un schéma narratif traditionnel :

On y trouve tout d’abord une situation initiale : “[Katabolonga] laissa tomber le poignard à ses pieds. Il se tenait là, les bras ballants, incapable de rien faire”, où le personnage principale de ce texte ( Katabolonga) donne l’arme au roi, qui est son ami sans pouvoir rien y faire.

 

Ensuite, on relève un élément perturbateur : “Il se baissa, rapidement, prit le couteau et, sans que Katabolonga ait le temps de comprendre, il s'entailla les veines de deux gestes coupants.”, ici le roi commence une mort lente en s’entaillant les veines. Son ami toujours impuissant ce qui renforce l’inquiétude du lecteur. 

 

Puis la péripétie se met en place par le discours amical du roi pour Katabolonga : de “« Voilà. Je meurs.” à  “Aide-moi »”.

 

L’élément de résolution correspond au moment où Katabolonga poignarde le roi pour abréger ses souffrances, mais allume celle de l’ami du roi :   “D'un geste brusque, il planta le poignard dans le ventre du vieillard” . De plus il répète son geste ce qui montre qu’il agit sous une impulsion : “Et porta un nouveau coup.”

 

Et enfin la situation finale représente la mort du roi dans les bras de son ami ce qui accomplit la vengeance du peuple de Katabolonga :  “Le roi Tsongor était mort.”, 

“Katabolonga s'agenouilla, prit la tête du roi sur ses genoux.”

 

b) L’importance de la description

 

La description permet de nous faire vivre cette mort en temps réel.

 

“Il se tenait là, les bras ballants, incapable de rien faire.”: le narrateur décompose chaque gestes comme un effet de ralenti que l’on peut trouver dans les films.

 

 “Des poignets du roi coulait un sang sombre qui se mêlait à la nuit.”: le sang qui coule nous amène à visualiser la scène.

 

Chaque description est précise et détaillée ce qui donne au texte une tonalité réaliste: “Il se baissa, rapidement, prit le couteau et, sans que Katabolonga ait le temps de comprendre” 

 

“[Katabolonga] laissa tomber le poignard à ses pieds. Il se tenait là, les bras ballants, incapable de rien faire.(...)Des poignets du roi coulait un sang sombre qui se mêlait à la nuit” : on relève une assonance en [i] qui traduit la plainte du personnage.

 

 

II Un récit tragique

a) Le personnage du roi Tsongor

 

Le roi de Tsongor est un personnage souffrant qui est soumis à un destin sans issu, celui de la mort pour pouvoir venger le peuple de Katabolonga. 

 

On observe le champ lexical de la mort : “s'entailla les veines”, “sang”, “meurs”,  “tuer”

 

“Le roi Tsongor aurait voulu étreindre son ami, mais il ne le fit pas. Il se baissa, rapidement, prit le couteau et, sans que Katabolonga ait le temps de comprendre, il s'entailla les veines de deux gestes coupants.”: on observe des allitérations 

en [t] et en [p] qui retranscrivent la violence de la mort du roi.

 

L’antithèse de la “ lumière” et de la  “mort”, relate le constrate entre l’accomplicement  de la vengence et la tragédie de la mort du roi.

 

Le roi accepte et précipite même son destin en conservant son “calme” : “La voix du roi Tsongor retentit à nouveau. Calme et douce.” tout en demandant à son ami d’abréger sa souffrance : “Aide-moi”. 

 

b) Le personnage de Katabolonga

 

L’ami du roi doit accomplir sa vengeance en tuant celui qui a détruit son village mais contre sa volonté puisqu’il a maintenant de l’affection pour lui. Le destin s’abat sur Katabolonga, c’est une fatalité tragique.

 

Les voix des ancêtres seraient dans une tragédie antique prises en charge par le choeur qui porte la voix de la sagesse et du destin : “Katabolonga entendit, dans le trouble de son esprit, des voix lointaines rire en lui. C'étaient les voix vengeresses de la vie d'autrefois. Elles lui murmuraient dans sa langue maternelle qu'il avait vengé ses morts et qu'il pouvait être fier de cela.”

 

On relève un champ lexical de la vengeance : “les voix vengeresses”, “vengé ses morts”. Mais également celui de la violence : “planta le poignard”, “affaissa”, “La mort, d'un coup”

 

Il tue son ami contre sa volonté comme on peut le voir à son geste machinal et impulsif avec le poignard : “d’un geste brusque, il planta le poignard” , “Et porta un nouveau coup”. De plus le rythme est rapide ce qui retranscrit la respiration de Katabolonga.

 

 

Ainsi, cet extrait de roman fait de la mort du roi une tragédie en intégrant au récit les éléments traditionnels du tragique.


Écrire commentaire

Commentaires: 0