Lecture analytique de Carole Martinez – Du domaine des Murmures, le mariage

Lecture analytique de Carole Martinez – Du domaine des Murmures, le mariage

Photo by Vidar Nordli-Mathisen on Unsplash
Photo by Vidar Nordli-Mathisen on Unsplash

On voit que Dieu est en colère, il essaye de protéger la jeune femme “des cordes d’eau tendues à la verticale du parvis se sont soudain abattues comme une herse”, “les hurlements des arbres que le vent fouettait”.

 

“l’église des Franches Montagnes” : l’adjectif “franc” signifie “libre”.

 

“où la noce s’était réfugiée.” : les hommes craignent la colère de Dieu.

 

“dans la nef” : elle est à l’intérieur de l’église donc elle rentre sous la protection de Dieu.

 

“Les deux cloches, pourtant lancées à toutes volées, n’avaient pu chasser l’orage.” : les hommes utilisent les cloches comme un moyen de communication  pour essayer d’apaiser la colère divine mais ça ne fonctionne pas.

vocabulaire médiéval : “à la fille de l’un de ses vassaux”, “Lothaire”, “suzerain”, “jouvencelle”, “merveille”.

 

“je n’ai pas dit « oui »” : la jeune fille oppose une résistance passive face à la domination masculine. Elle n’a pas la force physique de lutter contre les hommes et sa voix n’est jamais écoutée parce que c’est une femme. Son seul recours est donc de retourner sa violence contre elle-même : “je me suis tranché l’oreille”. Elle est prête à mourir en martyre : “ prenant pour modèle Ode, la future sanctifiée”, si sa volonté de devenir religieuse (“La  puissance  de  mon engagement”) n’est pas respectée : “M’adressant alors à l’archevêque, j’ai déclaré que je m’étais déjà offerte au Christ, mais que personne jusqu’ici n’avait voulu l’entendre, tant il est dur pour une fille d’être écoutée même d’un père juste et aimant.” Une fille est dans le monde féodal toujours un instrument de pouvoir dans les mains de son père, même s’il a de l’affection pour elle : “à mes maîtres présents et à venir”.

 

“J’étais résolue à me couper le nez, sans doute ai-je eu pitié de ma beauté. J’ai épargné mon visage.” : La jeune chrétienne a le coeur empli de compassion, y compris pour elle-même, selon le commandement de Jésus : “Charité bien ordonnée commence par soi-même”.

 

“Ne m’arrachant qu’une oreille, dont le cartilage a un peu résisté sous ma lame pourtant soigneusement affûtée.”: on imagine la douleur qui est une preuve de son immense courage et de sa résolution inébranlable à se libérer du joug masculin.

 

“La noce, d’abord scandalisée, s’est apaisée face à mon sang répandu, son grondement s’est tu pour percevoir  ma  voix.” : la violence apparaît comme la seule solution pour être écoutée.

 

“Le  souffle  qui  portait  mes  mots n’était  pas  naturel.” : Le souffle surnaturel du Saint-Esprit lui vient en aide pour appuyer ses paroles.

 

“ma douleur maîtrisée, ma beauté de statue et ce long ruban de sang dans mes mèches dorées, dans mon voile transparent, tout  leur  a  soudain  semblé  merveille.”: En ancien français, la merveille c’est le miracle. Ici la jeune fille est présentée comme une sainte, “À  cela  se  mêlaient  le  ciel  liquéfié  cernant  la  scène” : le ciel lui dessine une auréole autour de ses cheveux d’or qui symbolisent la pureté. 

 

“l’étonnante immobilité du grand pontife à l’habit violet, crosse en main.” : la crosse représente le pouvoir.

 

“L’orage crachait sa colère, grondait comme une énorme bête, tandis que, calmement, je disais non à l’archevêque Thierry, vicaire du Christ et suzerain de mon père, je disais non à mon père, à Lothaire, à mes maîtres présents et à venir, je disais non pour la première fois.” : comme elle est sous la protection de Dieu, elle peut rester calme puisqu’elle ne craint rien car sa foi la protège.

 

C’est un texte poétique grâce à la transformation surnaturelle du paysage.

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0