Lecture analytique de Balzac, La fille aux yeux d’or, la description de la société

Lecture analytique de Balzac, La fille aux yeux d’or, la description de la société

Photo by Grillot edouard on Unsplash
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Texte

Avez-vous vu ces petites baraques, froides en été, sans autre foyer qu’une chaufferette en hiver, placées sous la vaste calotte de cuivre qui coiffe la halle au blé ? Madame est là dès le matin, elle est Factrice aux halles et gagne à ce métier douze mille francs par an, dit-on. Monsieur, quand madame se lève, passe dans un sombre cabinet, où il prête à la petite semaine, aux commerçants de son quartier. À neuf heures, il se trouve au bureau des passe-ports, dont il est un des sous-chefs. Le soir, il est à la caisse du Théâtre Italien, ou de tout autre théâtre qu’il vous plaira choisir. Les enfants sont mis en nourrice, et en reviennent pour aller au collège ou dans un pensionnat. Monsieur et madame demeurent à un troisième étage, n’ont qu’une cuisinière, donnent des bals dans un salon de douze pieds sur huit, et éclairé par des quinquets ; mais ils donnent cent cinquante mille francs à leur fille, et se reposent à cinquante ans, âge auquel ils commencent à paraître aux troisièmes loges à l’Opéra, dans un fiacre à Longchamp, ou en toilette fanée, tous les jours de soleil, sur les boulevards, l’espalier de ces fructifications. Estimés dans le quartier, aimés du gouvernement, alliés à la haute bourgeoisie, Monsieur obtient à soixante-cinq ans la croix de la Légion-d’Honneur, et le père de son gendre, maire d’un arrondissement l’invite à ses soirées. Ces travaux de toute une vie profitent donc à des enfants que cette petite bourgeoisie tend fatalement à élever jusqu’à la haute. Chaque sphère jette ainsi tout son frai dans sa sphère supérieure. Le fils du riche épicier se fait notaire, le fils du marchand de bois devient magistrat. Pas une dent ne manque à mordre sa rainure, et tout stimule le mouvement ascensionnel de l’argent.

 

 

Balzac, La fille aux yeux d’or.

Lecture analytique

Balzac dresse dans ce texte un tableau très réaliste de la société de temps. Les bourgeois sont dans une pauvreté extrême et il arrive souvent de cumuler plusieurs emplois. Les parents travaillent trop pour pouvoir élever leurs propres enfants qui sont placés chez des nourrices. Plus tard ils sont envoyés en pension ce qui fait qu'ils ne vivent pratiquement jamais avec leurs parents. À cette époque les appartements les plus pauvres se trouvent dans les étages supérieurs, contrairement à maintenant. Les bourgeois travaillent dur pendant toute leur jeunesse, ils prennent leur retraite à la cinquantaine, or a cette époque 50 ans c'est déjà bien vieux. Tout l’argent du ménage est alors dépensé pour se montrer dans les lieux à la mode afin d’essayer de monter dans la société. Balzac explique dans ce texte les mécanismes de la société du XIXe siècle. Les parents sacrifient souvent toute une vie de travail afin de que leurs enfants aient une vie meilleure dans une classe sociale un rang plus élevé que la leur. L'ascension sociale ne se fait pas par son propre mérite mais elle est hérité de ses parents qui se sont offerts en sacrifice.


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