Lecture analytique de Gustave FLAUBERT, L'Education sentimentale, 3e partie, chap. 1

Lecture analytique de Gustave FLAUBERT, L'Education sentimentale, 3e partie, chap. 1

Photo by Gabriel Garcia Marengo on Unsplash
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Texte

Au mois de juin 1848, Frédéric Moreau, le héros de L'Education sentimentale, et sa maîtresse Rosanette, font un séjour à Fontainebleau. 

 

Ce soir-là, ils dînèrent dans une auberge, au bord de la Seine. La table était près de la fenêtre, Rosa-nette en face de lui; et il contemplait son petit nez fin et blanc, ses lèvres retroussées, ses yeux clairs, ses bandeaux châtains qui bouffaient, sa jolie figure ovale. Sa robe de foulard écru collait à ses épaules un peu tombantes; et, sortant de leurs manchettes tout unies, ses deux mains découpaient, versaient à boire, s'avançaient sur la nappe. On leur servit un poulet avec les quatre membres étendus, une matelote d'anguilles dans un compotier en terre de pipe, du vin râpeux, du pain trop dur, des couteaux ébréchés. Tout cela augmentait le plaisir, l'illusion. Ils se croyaient presque au milieu d'un voyage, en Italie, dans leur lune de miel.

 

 

Gustave FLAUBERT, L'Education sentimentale, 3e partie, chap. 1 (1869).

 


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