Lecture analytique du premier rendez-vous dans la garçonnière du chinois dans L'Amant de Marguerite Duras

Lecture analytique du premier rendez-vous dans la garçonnière du chinois dans L'Amant de Marguerite Duras

Lecture analytique

De "Elle est sans sentiment très défini, sans haine, sans répugnance non plus, alors est-ce sans doute déjà là du désir" à "Elle lui dit qu'elle ne veut pas qu'il lui parle, que ce qu'elle veut c'est qu'il fasse comme d'habitude il fait avec les femmes qu'il emmène dans sa garçonnière".

 

 

Dans ce passage il y a un déséquilibre flagrant entre les sentiments éprouvés par chacun des personnages. En effet, le chinois est très amoureux et en éprouve des manifestations physiques : "Lui, il tremble". Il souffre de sentir que son amour n'est pas réciproque : "Il dit qu'il est seul, atrocement seul avec cet amour qu'il a pour elle". Au contraire la jeune fille est surtout "attentive à l'extérieur des choses", comme Meursault, le personnage principal de L'Etranger d'Albert Camus. Bien que la jeune fille soit vierge et donc ignorante de ce qui va se passer, c'est elle qui prend les initiatives car elle ne ressent aucune émotion, à part "une légère peur". Elle est centrée sur l'analyse de sa propre personnalité : "elle sait qu'il ne la connaît pas, qu'il ne la connaîtra jamais, qu'il n'a pas les moyens de connaître tant de perversité". Ce caractère froid et dérangeant de la jeune fille est manifesté dans l'écriture par les phrases courtes qui donnent une impression de neutralité et de malaise dans cette scène d'amour qui n'en n'est pas une.

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