Zola, L'Assommoir, la visite du musée du Louvre le jour du mariage de Gervaise, texte et commentaire composé

Zola, L'Assommoir, la visite du musée du Louvre le jour du mariage de Gervaise, texte et commentaire composé

Texte

 

La nudité sévère de l’escalier les rendit graves. Un huissier superbe, en giletrouge, la livrée galonnée d’or, qui semblait les attendre sur le palier, redoublaleur émotion. Ce fut avec un grand respect, marchant le plus doucementpossible, qu’ils entrèrent dans la galerie française.

Alors, sans s’arrêter, les yeux emplis de l’or des cadres, ils suivirentl’enfilade des petits salons, regardant passer les images, trop nombreuses pourêtre bien vues. Il aurait fallu une heure devant chacune, si l’on avait voulucomprendre. Que de tableaux, sacredié ! ça ne finissait pas. Il devait y en avoirpour de l’argent. Puis, au bout, M. Madinier les arrêta brusquement devant leRadeau de la Méduse ; et il leur expliqua le sujet. Tous, saisis, immobiles, setaisaient.

Quand on se remit à marcher, Boche résuma le sentiment général : c’étaittapé.

Dans la galerie d’Apollon, le parquet surtout émerveilla la société, unparquet luisant, clair comme un miroir, où les pieds des banquettes se reflétaient. Mademoiselle Remanjou fermait les yeux, parce qu’elle croyait marcher sur del’eau. On criait à madame Gaudron de poser ses souliers à plat, à cause de saposition. M. Madinier voulait leur montrer les dorures et les peintures du plafond ; mais ça leur cassait le cou, et ils ne distinguaient rien. Alors, avant d’entrer dansle salon carré, il indiqua une fenêtre du geste, en disant :

— Voilà le balcon d’où Charles IX a tiré sur le peuple.

 

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