Maupassant, La Parure, étude d’ensemble, lecture analytique

Maupassant, La Parure, étude d’ensemble, lecture analytique

Photo by Scott Webb on Unsplash
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Le personnage de Mathilde Loisel apparaît d’emblée dans La Parure de Maupassant comme une femme capricieuse, ambitieuse et insatisfaite, comme Emma dans Madame Bovary de Flaubert. Bien que mariée à un homme qui l’aime éperdument et qui se tue au travail pour lui faire plaisir, elle se sent frustrée et le reproche sans cesse à son mari qui va jusqu’à sacrifier ses économies durement gagnées pour lui offrir une robe de bal. La scène du bal, que l’on peut encore rapprocher de la scène du bal à Vaubyessard dans Madame Bovary de Flaubert, va marquer un tournant dans la vie des personnages. En effet, c’est pour se rendre à ce bal que les économies du ménage ont été dépensées en toilette. C’est aussi pour se rendre à ce bal que Mathilde emprunte la rivière de diamants à son amie madame Forestier. Après avoir perdu la rivière de diamants, Mathilde fait le choix de mentir à son amie en remplaçant le collier par un autre, acheté au prix fort. Ce choix décisif de cacher la vérité va précipiter le couple dans une vie de misère et d’isolement  : « la rue des martyrs », « ils n’avaient pas de voiture », « il fait froid », « tortures », « privations ». La chute de la nouvelle, inattendue, est très cruelle : les diamants de madame Forestier étaient factices ! La morale de cette nouvelle est donc double. D’abord, il faut apprendre à se contenter de ce que l’on a, car si Mathilde n’avait pas voulu paraître plus riche qu’elle ne l’était, elle n’aurait pas emprunté le collier de madame Forestier et n’aurait pas sombré dans la misère. Ensuite, la vérité, même si elle est difficile à dire, vaut toujours mieux que le mensonge, car si Mathilde avait avoué tout de suite la perte du collier à son amie, celle-ci lui aurait dit que les diamants étaient faux et le couple Loisel ne se serait pas endetté. Ainsi, dans sa nouvelle intitulée La Parure, Maupassant dresse une critique de la société matérialiste du XIXème siècle où les valeurs morales sont oubliées au profit des apparences, des jeux de pouvoir et de l’argent.

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