Maupassant, La Parure, étude d’ensemble, lecture analytique

Maupassant, La Parure, étude d’ensemble, lecture analytique

Les étapes du récit

Le personnage principal appartient à la bourgeoisie. Dans la première phrase, l’expression « née, comme par une erreur du destin » signifie que les ambitions de l’héroïne ne sont pas en adéquation avec son milieu social modeste puisqu’elle rêve d’être une riche princesse. Le personnage principal est une femme orgueilleuse et prétentieuse, toujours insatisfaite. Son mari est très amoureux d’elle, il fait de son mieux pour rendre sa femme heureuse. C’est un couple mal assorti et l’on devine qu’ils ne vont pas être heureux ensemble.

Le nom Loisel évoque les oiseaux, des animaux légers et fragiles. Mathilde ne veut pas aller au bal du ministère parce qu’elle estime qu'elle n’a rien à se mettre. Elle voudrait être la reine du bal et pour cela il lui faudrait une nouvelle robe, sans quoi elle se sentirait ridicule. Son mari se sacrifie et lui offre toutes ses économies qu'il aurait voulu utiliser pour s’offrir des parties de chasse.

Mathilde s’amuse beaucoup à la fête car elle est admirée par les hommes. Son mari s’ennuie pendant qu’elle joue les princesses. Ce passage de la fête est une réécriture du conte Cendrillon puisqu’à la fin du bal Mathilde recouvre sa magnifique robe d’un manteau de pauvresse et doit rentrer chez elle dans le fiacre le plus misérable qui soit. De plus, la rivière de diamants disparaît comme par enchantement. Leur adresse, « rue des martyrs », laisse entrevoir les conséquences catastrophiques de la perte du collier emprunté à Madame Forestier et la descente aux enfers qui en découlera.

Les époux Loisel choisissent de ne pas dire la vérité à Madame Forestier et de remplacer le collier en secret. Il payent de dix ans de leur vie le prix de leur mensonge puisque s’ils avaient dit la vérité tout de suite ils auraient su que la parure était fausse et ils s’en seraient tirés pour cinq cent francs. La chute est cruelle et les émotions des deux personnages sont soulignées par la ponctuation expressive.

Synthèse

Photo by Scott Webb on Unsplash
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Le personnage de Mathilde Loisel apparaît d’emblée dans La Parure de Maupassant comme une femme capricieuse, ambitieuse et insatisfaite, comme Emma dans Madame Bovary de Flaubert. Bien que mariée à un homme qui l’aime éperdument et qui se tue au travail pour lui faire plaisir, elle se sent frustrée et le reproche sans cesse à son mari qui va jusqu’à sacrifier ses économies durement gagnées pour lui offrir une robe de bal. La scène du bal, que l’on peut encore rapprocher de la scène du bal à Vaubyessard dans Madame Bovary de Flaubert, va marquer un tournant dans la vie des personnages. En effet, c’est pour se rendre à ce bal que les économies du ménage ont été dépensées en toilette. C’est aussi pour se rendre à ce bal que Mathilde emprunte la rivière de diamants à son amie madame Forestier. Après avoir perdu la rivière de diamants, Mathilde fait le choix de mentir à son amie en remplaçant le collier par un autre, acheté au prix fort. Ce choix décisif de cacher la vérité va précipiter le couple dans une vie de misère et d’isolement  : « la rue des martyrs », « ils n’avaient pas de voiture », « il fait froid », « tortures », « privations ». La chute de la nouvelle, inattendue, est très cruelle : les diamants de madame Forestier étaient factices ! La morale de cette nouvelle est donc double. D’abord, il faut apprendre à se contenter de ce que l’on a, car si Mathilde n’avait pas voulu paraître plus riche qu’elle ne l’était, elle n’aurait pas emprunté le collier de madame Forestier et n’aurait pas sombré dans la misère. Ensuite, la vérité, même si elle est difficile à dire, vaut toujours mieux que le mensonge, car si Mathilde avait avoué tout de suite la perte du collier à son amie, celle-ci lui aurait dit que les diamants étaient faux et le couple Loisel ne se serait pas endetté. Ainsi, dans sa nouvelle intitulée La Parure, Maupassant dresse une critique de la société matérialiste du XIXème siècle où les valeurs morales sont oubliées au profit des apparences, des jeux de pouvoir et de l’argent.

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