Maupassant, Apparition, étude d’ensemble, lecture analytique

Maupassant, Apparition, étude d’ensemble, lecture analytique

Photo by Pete Bellis on Unsplash
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Le narrateur est « le vieux marquis de la Tour-Samuel, âgé de quatre-vingt-deux ans ». Le fait qu’il soit si vieux peut faire penser qu’il perd la raison et se laisse dépasser par son imagination, mais on nous précise que c’est un ancien soldat, donc un homme courageux et habitué à affronter le danger.

Il raconte que dans sa jeunesse un ami à lui avait aimé passionnément sa femme mais que celle-ci était morte un an seulement après leurs noces. Cet ami ne s’étant jamais remis de ce chagrin avait demandé au marquis de lui rendre service en allant récupérer un document dans son ancienne chambre nuptiale. L’atmosphère de ce début de nouvelle est mystérieuse et angoissante. Le personnage du marquis éprouve de la terreur en racontant cette histoire, et Maupassant espère que cette terreur se communiquera à son lecteur. Le narrateur insiste beaucoup sur la mort de la jeune femme, comme si elle avait été punie d’avoir trop aimé, donc on s’attend à la voir réapparaître à l’état de spectre.

Le marquis a pour mission de récupérer des lettres dans le tiroir du secrétaire de la chambre. Pendant son voyage il est très joyeux, mais la vue de la lettre le met en colère parce qu’elle est cachetée et il prend cela pour un manque de confiance de la part de son ami. 

Lorsqu’il voit le jardinier, le marquis est d’abord surpris. Puis il se met en colère parce que de toute évidence, le jardinier veut l’empêcher d’entrer, certainement pour ne pas qu’il dérange le fantôme.

Cette scène est ancrée dans le réel car la définition du fantastique c’est « l’intrusion du mystère dans le réel » (Pierre-Georges Castex).

Le fantôme est d’abord perçu par le narrateur par ses sens tactiles ce qui augmente sa terreur, la vue ne venant qu’en dernier lieu pour confirmer la présence du spectre. Le narrateur s’enfuit sous le coup de la panique, puis, une fois rentré chez lui, il essaye de se convaincre qu’il a rêvé, mais la présence des cheveux sur sa veste confirme que la femme morte était bien présente. Cette nouvelle correspond donc bien à la définition du fantastique donnée par T. Todorov.

Cette nouvelle a une fin ouverte puisqu’on ne sait pas ce que deviennent le fantôme et son époux, tous deux mystérieusement disparus.

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