Commentaire composé sur Marivaux, Le jeu de l’amour et du hasard, acte I scène 7

Commentaire composé sur Marivaux, Le jeu de l’amour et du hasard, acte I scène 7

Photo by Joanna Nix on Unsplash
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Dans les propos et les relations des deux personnages, la condition sociale prend une place importante. En effet, Silvia et Dorante, en ayant échangé de places avec leurs valets adoptent une attitude différente, en fonction de leurs rangs sociaux fictifs. Mais, on remarque que le langage ne peut cacher leurs natures profondes.  

 

I) Un premier face à face

Dans ce genre de pièce où il y a du théâtre dans le théâtre, l’utilisation de l'aparté est  nécessaire : il permet d’aider le spectateur à comprendre l’histoire, et l’avis secret des personnages. Dans cette scène, les apartés sont utiles car ils nous aident à en savoir plus sur les pensées de Silvia et Dorante qu’ils ne peuvent pas prononcer à voix haute puisqu’ils ne connaissent pas leurs véritables identités, comme on le voit dans la réplique : “Cette fille ci m’étonne, il n’y a point de femme au monde à qui sa physionomie ne fit honneur”. 

Au cours de la scène, on remarque que la stratégie de Silvia est mise à mal par celle de Dorante. En effet, Silvia tombe sur le charme de son futur époux qu’elle croit seulement serviteur. Elle est prise à son propre piège puisque Dorante a de son côté eu la même idée qu’elle en empruntant l’identité de son valet Arlequin. Dorante drague tellement Silvia que celle ci n’arrive pas à mener la conversation. La réplique “le trait est joli absolument, mais je te le répète encore, je ne suis pas faite aux cajoleries de ceux dont la garde-robe ressemble à la tienne” montre qu’elle n’arrive pas à se faire entendre et qu’elle est obligée de répéter ses propos. 

 

II) Le jeu de l’amour en marche

Dès le début de leur rencontre, Dorante tombe sur le charme de Silvia, comme nous le montre sa réplique “Lisette, ta maîtresse te vaut-elle?”. Même si celle-ci a l’apparence d’une servante, Dorante ne résiste pas à ses charmes. Sa réplique “Quelle espèce de suivante est tu  donc avec ton air de princesse?” montre qu’il n’arrive pas à croire qu’une si belle femme soit seulement servante, puisque celle-ci garde son attitude noble. 

Dans la réplique “il faut pourtant qu’il s'exécute, on m’a prédit que je n’épouserai jamais qu’un homme de condition et j’ai juré que je n’en écouterai pas d’autres”, Silvia tente de dissuader Dorante de la séduire en lui disant qu’elle n’épousera qu’un homme de condition, insinuant que Dorante ne serait pas assez haut-placé pour elle. Malheureusement, Dorante lui réplique qu’il a fait la même promesse “Parbleu, cela est plaisant, ce que tu as juré pour homme je l’ai juré pour femme”.  Par ailleurs, Silvia tente de déstabiliser Dorante, en lui disant ouvertement qu’elle a compris qu’il voulait la séduire : “Bourguignon, cette question là m’annonce que suivant la coutume, tu arrives avec l’intention de me dire des douceurs, n’est il vrai?”. Mais, Dorante lui répond “ Ma foi je n’étais pas venu dans ce dessin là, je te l’avoue, tout valet que je suis je n’ai jamais eu de liaisons avec des soubrettes, je n’aime pas l’esprit domestique mais à ton égard c’est une autre affaire”. Il lui dit que justement, il cherche à la séduire car celle-ci ne ressemble pas à une servante car elle est élégante et a une attitude noble. On remarque alors qu’il commence petit à petit à comprendre qu’il a, face à lui sa future épouse. 

 

Finalement, les deux personnages voulant au début contrôler leurs destins se retrouvent piégés. Ils sont chacun surpris par l’apparence physique, comme nous le montrent les différents apartés, mais aussi  par le niveau de langue de l’autre.

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