Commentaire composé sur Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard Acte I Scène 6

Analyse de Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard Acte I Scène 6

Image par Bianca Mentil de Pixabay
Image par Bianca Mentil de Pixabay

Dorante et Silvia veulent paraître des domestiques. Ils ont le souci de bien faire donc ils s’inventent des noms, ils se tutoie l’un l’autre et ils utilisent des expressions familières. Cependant, leurs rôles ne sont pas très bien joués, ils sont très peu crédibles. Ils le font volontairement car ils ne veulent pas être des vrais domestiques. Mais ils le font aussi involontairement car ils gardent leur langage précieux comme par exemple ils utilisent du subjonctif imparfait avec une demande de remerciement.

Au début de la scène, Silvia est distante de Dorante. Elle met des barrières entre elle et Dorante. Silvia fait régulièrement des apartés pour montrer les barrières qui séparent Dorante et elle. Mais, plus la scène avance, plus ils commencent à se connaître et donc pensent à la même chose, réagissent de la même manière. Silvia et Dorante commence a avoir un intérêt l’un l’autre. Mais Silvia reste embarrassée et Dorante continue à rester dans son propre jeu. 

Silvia et Dorante on le souci de bien faire et de paraître comme des domestiques. Ils y arrivent en se tutoient, en parlant de leurs maîtres : “ta maîtresse te vaut-elle ?”. Ils parlent de leurs maîtres pour faire jouer leurs rôles de domestiques mais aussi pour en apprendre davantage sur leur futur. Silvia et Dorante tentent de se démarquer d’un valets ordinaire. Dans les pièces de Marivaux, il y a toujours un jeu de travestissements en utilisant des fausses tenues, des faux noms mais il crée aussi des personnages comme par exemple Dorante qui n’est pas un valet grossier : “le fils d'honnêtes gens qui n'étaient pas riches”. Dorante, utilise aussi une phrase à double sens : “on est quelquefois fille de condition sans le savoir”. Silvia et Dorante sont aussi étonnés l’un par l’autre : “quel homme pour un valet !”. Cependant, Silvia et Dorante joue très mal leurs rôles. En effet, ils tiennent quand même à se démarquer, pour ne pas devenir de vrais valets. Ils essayent de parler comme Lisette et Arlequin mais n’arrivent pas à imiter leur langage car eux ont un langage précieux et soutenu. Ils font des jeux d’exclamations, ils se posent de nombreuses questions qui prouvent leur étonnement : “dis-moi, qui es-tu toi qui me parles ainsi ?”. De plus, ils reprennent les termes de l’autre : “l'histoire de tous les valets”, “L’histoire de tous les maîtres”. Ils utilisent aussi le subjonctif imparfait pour parler : “j'aimerais mieux qu'il me fût permis”. Ils utilisent un langage soutenu et poli : « Tu me permettras peut-être bien de te remercier de ce que tu me dis là par exemple ? ». Enfin, ils font des répliques courtes et spontanées alors qu’ils sont censés jouer un rôle, ils doivent alors être à l’aise. En utilisant ce langage, ils donnent une impression de spontanéité tout en étant travaillé. Aucun, de Silvia ou de Dorante ne veux se révéler. Ils entament donc une joute galante, à laquelle ils prennent plaisir. Cependant ce comportement est étranges pour des valets mais ni SIlvia ni Dorante ne s’en rendent compte. Ils sont surpris car l’autre leur a paru mieux qu’ils ne l’avaient imaginé : “Quel homme pour un valet !” mais ils sont aussi déçu l’un l’autre car ils n’ont pas récupéré les renseignements qu’ils désiraient. Le spectateur qui sait tout, lui, peut apprécier à juste titre les événement et les conversations.

Silvia pensait que Dorante allait lui faire la cour c’est pour cela qu’elle met donc des barrières entre eux : “on m'a prédit que je n'épouserai jamais qu'un homme de condition” cependant, Dorante, lui, est plus joueur et pourrait parfaitement envisager de la séduire. Les apartés de Silvia sont révélateurs pour le spectateur car on voit son trouble et on vois qu’elle essaie de se nier à elle-même qu’elle est amoureuse :  “À la fin, je crois qu'il m'amuse”. Elle agit contrairement à ses désirs : “Malgré tout ce qu'il m'a dit, je ne suis point partie”. Silvia se découvre pour les spectateurs. L’amour entre Dorante et Silvia impose aux personnages de la retenue. Ils ne se connaissent pas et parlent de façon détachée et se reprochent mutuellement d’oublier les sujets de leur conversation : “il ne s'agit ici que de mon maître.” De plus, ni l’un ni l’autre n’ont envie d’en parler. Ils hésitent même à en dire plus, simulent leur émoi pour ne pas trop se dévoiler. Ils emploient du conditionnel pour continuer à se connaître l’un l’autre. Alors leur but initial de leur travestissement devient donc secondaire. L’amour entre Silvia et Dorante se crée avec une distinction, une élévation des pensées et de l’élégance de Dorante qui étonnent alors Silvia et l’intéressent donc : “je te souhaite de bon cœur”, “tu le mérites”. Ils éprouvent alors de la sympathie et de la compassion. Silvia montre alors clairement qu’il l’intéresse. Cependant, Dorante, lui, plus franc dévoile ses sentiments : “j'aimerais mieux qu'il me fût permis de te demander ton cœur” “Tu pourrais bien te passer de m'en faire sentir, toi”. Silvia, elle alors gênée, esquive les compliment de Dorante : “changeons d'entretien”. Elle préfère alors partir pour éviter de se révéler, mais fait un départ différé de nombreuses fois avec la répétition de “Adieu”. Dorante tente tant bien que mal de la retenir avec des mauvais prétextes : “Attends, Lisette, je voulais moi-même te parler d'autre chose ; mais je ne sais plus ce que c'est.” Mais Silvia n’arrive pas à partir non plus. Ils se rendent alors compte de l’importance de leurs liens : “singuliers”, “notre aventure est unique”.

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