Analyse de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem, la description de la ville de Constantinople (aujourd’hui Istanbul)

Analyse de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem, la description de la ville de Constantinople (aujourd’hui Istanbul)

Image par Evren Ozdemir de Pixabay
Image par Evren Ozdemir de Pixabay

De “Nous abordâmes à Galata” à “les oiseaux dont il fait sa proie”.

1/ L’avis du voyageur est négatif car il décrit la ville comme morte. Dans la première partie du texte, il insiste sur le silence qui est du à la terreur : “Vous voyez autour de vous une foule muette qui semble vouloir passer sans être aperçue, et qui a toujours l’air de se dérober au regard du maître”. Dans la deuxième partie du texte, le narrateur exprime une violence qui est invisible et partout perceptible : “Aucun signe de joie, aucune apparence de bonheur ne se montre à vos yeux : ce qu’on voit n’est pas un peuple, mais un troupeau qu’un imam conduit et qu’un janissaire égorge.” 

2/ Les indices qui montrent que ce voyage n’est pas imaginaire sont que le narrateur découvre et décrit ce qu’il à vu de ses propres yeux et il renforce la valeur de son témoignage par des exemples précis tels que les enfants des rues qui font des singeries et sont qualifiés de “infâmes” c’est-à-dire sans honneur car sans éducation, aussi sauvages que les singes qu’ils miment : “Vous apercevez d’infâmes enfants qui exécutent des danses honteuses devant des espèces de singes assis en rond sur de petites tables.”

3/ Les sens dans cette description sont l’ouïe et la vue mais l’ouïe est le sens le plus décrit dans ce texte car le silence qui l’entoure est décrit comme un silence de mort qui produit une atmosphère surnaturelle qui donne l’impression que le narrateur se promène dans un grand cimetière peuplé de fantômes rasant les murs : “Les cimetières sans murs, placés au milieu des rues, sont des bois magnifiques de cyprès”. La paix semble uniquement réservée aux morts puisque les vivants vivent toujours sous la menace d’une exécution : “Les colombes font leurs nids dans les cyprès et partagent la paix des morts.”

5/ Au début du texte le narrateur utilise le passé simple car c’est un récit de voyage : “Nous abordâmes à Galata : je remarquai sur le champ le mouvement des quais.” Mais très rapidement il utilise le présent de narration qui permet d’impliquer le lecteur dans son récit en rendant son témoignage plus vivant et réel pour le lecteur : “Les tristes sons d’une mandoline sortent quelquefois du fond d’un café.”

6/ Chateaubriand commence sa description en décrivant Istanbul par le manque, c’est-à-dire que sa description en négatif qui induit une comparaison implicite avec Paris, souligne dès le départ les privations subies par le peuple Turc maintenu dans la pauvreté et la soumission : “L’absence presque totale des femmes, le manque de voitures à roues, et les meutes de chiens sans maîtres.” 

7/ La métaphore : “ce qu’on voit n’est pas un peuple, mais un troupeau qu’un imam conduit et qu’un janissaire égorge” souligne la barbarie du sultan qui maintient son peuple en esclavage dans des conditions inhumaines de pauvreté et de servitude, en régnant par la terreur et la fascination : “Rien ne peut les soustraire au sacrifice ; ils sont entraînés par un pouvoir fatal : les yeux du despote attirent les esclaves, comme les regards du serpent fascinent les oiseaux dont il fait sa proie.” 

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