Lecture analytique sur Maupassant, La main

Lecture analytique sur Maupassant, La main

Image par Free-Photos de Pixabay
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La description de la main devient de plus en plus précise au fil de la nouvelle grâce aux expansions du nom qui donnent des informations supplémentaires. A la façon dont est organisée la description, on comprend que le juge Bermutier se rapproche. Il commence par regarder la main sans donner plus de détails : “c’était une main, une main d’homme” Ensuite il donne la couleur de la main, et précise son état  : “une main noire desséchée”. Puis il rentre dans des détails beaucoup plus précis tels que les traces de sang, et évoque la manière dont la main a été coupée : “des traces de sang ancien”, “sur les os coupés net, comme d’un coup de hache vers le milieu de l’avant-bras”. Tous ces détails donnent un sentiment de peur au juge Bermutier car les détails sont tous inquiétants.

Dans le dialogue entre le juge Bermutier et sir John Rowell, on remarque une opposition, car l'anglais lui explique la présence de la main sans aucune réaction. Il lui explique d’une manière neutre qui révèle qu’il a l’habitude de la voir : “L’anglais répondit tranquillement”, “L’anglais prononça avec douceur”. Le fait que sir John Rowell réponde aussi calmement fait supposer qu’il est sûrement l'auteur de ce crime. En effet, si ce n’était pas lui qui avait commis ce meurtre, il aurait réagi différemment. De plus il explique que c’est la main de son ennemi : “C’été ma meilleur ennemi. Il vené d’Amérique.”

Le narrateur opère un changement de rythme dans la deuxième partie en introduisant une ellipse narrative pour accélérer le récit : “Une année entière s’écoula”. Il ralentit son récit juste après pour montrer la longueur de la scène : “Une demi-heure plus tard”, “jamais”. Cela donne alors une impression d’étirement du temps.

A la fin de la nouvelle, l'analyse que le juge Bermutier fait du cadavre de sir John Rowell ressemble fortement à une autopsie. Il décrit le cadavre très précisément comme par exemple le fait qu’il soit étendu sur le dos, au milieu de la pièce. Il en tire aussi très rapidement une conclusion : “L’anglais était mort étranglé !” Le médecin pratique une autopsie amenant à la même conclusion que le juge : “On dirait qu’il a été étranglé par un squelette”. Le lecteur avait aussi deviné. En effet, dès le début du texte, des indices étaient semés pour créer un climat de peur : “Non pas une main de squelette, blanche et propre”. Dans le dernier paragraphe un frisson de fantastique apparaît. Le suspense s’installe car la main qui était accrochée au mur a disparu et la chaîne assez forte pour “tenir en laisse un éléphant”, est brisée.  Mais on ne peut pas être certain que ce que nous raconte le narrateur est vrai, ce qui laisse une hésitation entre le fait que cela soit réel ou que cela soit une histoire inventée de toute pièce.

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