Commentaire composé sur la fable de La Fontaine Le Loup et le chien

Commentaire composé sur la fable de La Fontaine Le Loup et le chien

La fable est d’abord destinée à l'éducation des enfants (fables d’Esope et de Phèdre dans l'Antiquité) est reprise par La Fontaine, qui en fait un genre poétique en vers. Le récit est souvent très court, suggère un enseignement qui reste parfois implicite.  Nous allons nous demander comment la forme fixe de la fable permet-elle à la Fontaine de délivrer un message fort? Premièrement, nous verrons comment La Fontaine parvient-il à faire la vivacité du dialogue puis, nous verrons la stratégie argumentative  des deux protagonistes. 

 

I) La vivacité du dialogue 

• Les noms des animaux ont des majuscules-- les animaux sont personnifiés et humanisés 

• Vers hétérométriques - les vers de mètres différents (alexandrin, décasyllabe, octosyllabe) entraînent une diversité : décasyllabes «Un loup n’avait que les os et la peau», et octosyllabes  «Sire loup l’eût fait volontiers», alexandrins «Presque rien, dit le chien : donner la chasse aux gens»

• Les paroles des animaux sont rapportées au style direct, ce qui confère de la vivacité au récit. 

• La fable est dynamique (que des actions) et théâtrale car elle met en scène deux animaux (symbolique, allégorique)

• Le chien est attaché et dépendant du maître pour sa nourriture et son affection. Il appartient au monde des domestiques, de la servitude. Confort matériel, le chien incarne les courtisans qui obéissent aveuglement au Roi pour obtenir des faveurs, des récompenses. Le loup est libre. Il est valorisé par l’emploi de « Maître Loup ». La liberté est un trésor, le loup est affligé par le mot « attaché ». Opposition entre pauvre mais libre et opulent et soumis.

  • Allitération en [K] - consonne violente- “L’attaquer, le mettre en quartiers”

• Le discours est théâtralisé par des stichomythies qui accélèrent le rythme de la fable au vers «Qu’est-ce là ? lui dit-il. — Rien. — Quoi ! rien ! — Peu de chose. — Mais encor ?» 

 

II) Les deux personnages ont une stratégie argumentative :

• Le chien essaye de convaincre le loup de devenir “esclave” de l’homme. Il essaye de le tenter en lui montrant la vie qu’il mène. Il démontre la situation du loup en la comparant  la sienne, 

• Le Chien fait une accumulation des bénéfices qu’il a pour tenter le loup: “Os de poulets, os de pigeons” “Sans parler de mainte caresse.”

• Le loup doit flatter le Chien pour pouvoir commencer la conversation : “Entre en propos, et lui fait compliment”- allusion aux gens de la Cour qui doivent être des flatteurs pour subsister.

• description en dyptique: - description négative et  description méliorative avec des antithèses: “Misérable [...] Cancres, hères et pauvres diables,” oppose a “bien meilleur destin, os de poulet, os de pigeon, mainte caresse”, différence de mode de vie

 

Conclusion : Cette fable donne une vision réaliste du monde et critique violente de la cour de Louis XIV. La Fontaine fait le portrait de deux personnages qui ont des valeurs opposées. Pour le Loup la  liberté exige un prix, ici celui de la faim. D’ailleurs La Fontaine a dit à propos de ses fables dans la Préface : “Je n’appelle pas gaieté ce qui excite le rire, mais un certain charme, un air agréable que l’on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux.” 

 

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