Lecture analytique de la fable de La Fontaine Le vieillard et les trois jeunes hommes

Remarques d’ensemble :

4 parties dans la fable, chacune est close par un octosyllabe :

- V1 à 4 (introduction)

- V5 à12

- V13 à 27

- V28 à 36

 

Dans le titre, la conjonction de coordination marque l’opposition. 

 

Le vieillard s’exprime par l’alexandrin vers long parce qu’il a sa vie derrière lui.

Les jouvenceaux emploient l’octosyllabe vers court parce qu’ils ont leur vie devant eux.

 

Cette fable est une théâtralisation de la vie.

 

Etude linéaire

1ère partie : les 12 premiers vers montrent l’insolence des jeunes hommes.

V1 on remarque l’imparfait de durée ou de répétition. 80 ans au 17ème siècle c’est l’équivalent de 100 aujourd’hui. 

V2 gradation : bâtir durée brève, planter durée longue.

V3 trois jouvenceaux la trinité donc 3 = 1, ils sont les 3 aspects de la jeunesse que l’auteur a séparés pour renforcer la théâtralité de la fable.

du voisinage : cadre géographique.

V4 assurément il radotait ironie qui renvoie à l’absence de capacités intellectuelles.

 

V5 la majuscule à Dieux est inattendue paganisme.

V6 à la durée de planter on ajoute la durée des fruits.

V7 Patriarche c’est le chef de famille qui a une longue vie, qui est vénérable et qui a de nombreux descendants. C’est la sagesse mais c’est aussi l’expérience accumulée. Réf aux Saintes Ecritures.

V9 un avenir qui n’est pas fait pour vous  insolence et méchanceté des jeunes gens.

V10 les erreurs renvoie à la religion chrétienne où l’on peut racheter ses fautes.

V11 et 12 ne convient qu’à nous péché d’orgueil, ils se croient invincibles, et toute faute doit être expiée ça annonce leur mort prochaine et la fin de la fable.

 

2ème partie : la réponse du vieillard.

V14 l’établissement c’est la construction qui a un fondement.

V15 les Parques blêmes elles tissent la vie des individus.

V17 le terme c’est la fin donc la durée.

V18 la voûte c’est ce qui enferme, idée que l’homme est prisonnier de son destin. 

V21 les arrière-neveux les petits-enfants au sens latin, ça vient du latin nepos, nepotem, (parentèle = ligne directe de parenté + 1).

V23 se donner des soins pour le plaisir d’autrui générosité du vieillard opposée à l’égoïsme des jouvenceaux.

V27 au 17ème siècle les tombeaux étaient réservés aux riches personnalités, mais là le mot est employé pour la sonorité (inhumer = mettre dans la terre).

 

3ème partie : l’épilogue.

C’est une réflexion de La Fontaine vieillissant. 

Cette morale est inaccessible à des enfants, elle est philosophique.

Les 3 accidents sont différents.

V29 se noya dès le port allant à l’Amérique au 17ème siècle c’étaient les voleurs et les prostituées qui partaient pour l’Amérique. Le 1er jouvenceau veut vivre des aventures mais il meurt avant même d’avoir commencé le voyage.

V31 dans les emplois de Mars servant la République, la République c’est la chose publique. Le 2ème jouvenceau veut faire carrière dans l’armée mais il meurt à la guerre.

V33-34 tomba d’un arbre que lui-même il voulut enter, enter = greffer. Le 3ème jouvenceau meurt bêtement, sans avoir pris de vrais risques, contrairement aux deux autres.

V35 pleurés du vieillard charité du vieillard, 1ère vertu chrétienne par opposition à l’orgueil des jouvenceaux, 1er des 7 péchés capitaux.

 

Conclusion :

C’est une réflexion sur le destin et la destinée. 

Le destin c’est ce qui est écrit d’avance, la destinée c’est ce qu’on accomplit.

On va tous mourir un jour, rien ne sert d’éviter la mort puisque c’est le but final de l’existence (le destin de l’homme). Mais il ne faut pas pour autant aller à sa rencontre et la provoquer (la destinée).

L’épilogue peut donc se lire de 2 façons :

- les jouvenceaux ont pris des risques, on peut dire que s’ils sont morts c’est parce qu’ils l’ont bien cherché (lecture qui privilégie la destinée).

- On peut aussi penser que le vieillard a vécu vieux parce qu’il était charitable et généreux, il méritait de vivre, contrairement aux jouvenceaux qui étaient coupables du péché d’orgueil (lecture qui privilégie le destin) morale chrétienne. 

Mythe du chiffre 3 : les 3 fautes successives permettent l’effacement des péchés.

L’un triomphe du multiple.

 

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