Commentaire composé sur Melancholia (vers 13 à 48) De « Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour» à « C'est toi ? Va-t-en, infâme !»

Commentaire composé sur Melancholia (vers 13 à 48) De « Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour» à « C'est toi ? Va-t-en, infâme !»

I) Une représentation touchante de la misère

  1. Les difficultés rencontrées par la jeune femme

 

Victor Hugo présente la protagoniste en nous racontant une histoire qui se dégrade progressivement. La jeune femme passe par plusieurs étapes. Tout d’abord,le poète décrit l’environnement de la jeune femme : “Mais elle est seule, elle est sans parents, pauvre fille !” Nous apprenons ensuite qu’elle est misérable, mais travaille durement pour essayer de s’en sortir, gagner de quoi vivre : “Elle travaille, et peut gagner dans son réduit, En travaillant le jour, en travaillant la nuit”. L’auteur indique son âge, qui rajoute encore plus de désespoir dans la situation de la femme : “A dix-sept ans !” Vivant dans un logement minuscule elle est réduite à vendre ses meubles : “La faim passe bientôt sa griffe sous [...]  bague d'or”. Elle doit même vendre les souvenirs qu’elle a de son père : “La pauvre croix d'honneur de son vieux père, et pleure”. Pour appuyer sur le pathétique, Victor Hugo utilise pour la première fois le mot “honneur” pour montrer que c’est la fille d’un homme respectable, qu’elle a été bien élevée et cela souligne le contraste avec son déshonneur futur lorsqu’elle sera contrainte à la prostitution.

 

b) La compassion du poète envers la jeune femme

 

Victor Hugo montre que même étant une personne qui a le coeur pur (“L'enfant travaille et lutte encor. Elle est honnête”), qui travaille dur, elle est obligée de se prostituer à cause de sa misère: “La misère, démon, qui lui parle à l'oreille [...] se voit souvent.”  Le registre pathétique utilisé par Victor Hugo montre que la femme est en difficulté : “Seule ! — n'importe !”. Victor Hugo éprouve de la compassion pour la jeune femme en utilisant des mots appartenant au registre pathétique : “A dix-sept ans ! grand Dieu ! mais que faire ?...”. Les phrases sont courtes, exclamatives et interrogatives, Victor Hugo s’implique émotionnellement. La femme est destinée à être dans cette situation, et sans protection, dans le froid de “l’hiver”. L’hiver est le moment le plus difficile, il faut des réserves de nourriture. Victor Hugo personnifie la faim (“La faim passe bientôt sa griffe”), ce qui nous fait penser à un démon. La jeune femme est présentée comme une victime : “Ô jeunesse ! printemps ! aube ! en proie à l'hiver ! La faim passe bientôt sa griffe sous la porte”.

 

II) Le poids de la fatalité

a) La représentation du travail

 

Victor Hugo montre que la femme est esclave, soumise à un travail qui ne lui permet pas de vivre décemment. Il montre que des personnes bien éduquées ne devraient pas être se prostituer : “ Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour, Avoir droit au bonheur, à la joie, à l'amour, [...] Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile”. Le poète dénonce aussi le fait que c’est l’engrenage de la misère qui entraîne les jeunes filles dans “le gouffre” de la prostitution : “Elle tousse, elle a froid. Il faut donc qu'elle meure ! A dix-sept ans ! grand Dieu ! mais que faire ?...”

 

b) Le registre tragique

 

La jeune femme est victime de la société puisque le travail honnête ne permet pas de survivre et que l’argent vient avec le crime : “Malheureuse ! elle traîne une robe de soie”. En proie à son destin tragique (“La faim passe bientôt sa griffe sous la porte”), elle est morte moralement et socialement : “C'est fini. Les enfants, ces innocents cruels, La suivent dans la rue avec des cris de joie”. Les regards moqueurs que lui lancent les gens montrent qu’elle est condamnée par le peuple, alors que c’est la société qui la contraint à la prostitution. Ainsi, Victor Hugo dans ce poème appelle à davantage de compassion envers les prostituées.

 

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