Analyse de Gargantua de Rabelais, Chapitre 50, Le discours aux vaincus

Analyse de Gargantua de Rabelais, Chapitre 50, Le discours aux vaincus

I) Le discours aux vaincus

Gargantua s’adresse à ses ennemis vaincus. Le discours direct rend le récit plus vivant car c’est comme si Gargantua s’adressait à nous. Ce discours est prononcé car il nous montre ce qu’il a l'intention de faire. Il a l’intention de libérer tous les prisonniers, leur donner des ressources, d’allouer le pays vaincu à son héritier légitime et, pour s’assurer que le jeune prince devienne un bon gouvernant, il lui envoie son précepteur Ponocratès qu’il charge de lui donner une éducation humaniste. Gargantua s’adresse de façon bienveillante aux vaincus.

II) Le portrait du prince idéal

Gargantua évoque ses parents car toute sa famille était bienveillante et il veut l’être à son tour en libérant les prisonniers, ainsi il s'inscrit dans la tradition humaniste familiale. Gargantua donne deux exemples,  celui de Moise : “Je remarque que Moïse, l’homme le plus doux qu’il y ait eu de son temps sur cette terre, punissait sévèrement les mutins et les séditieux du peuple d’Israël.”. Ce passage nous fait comprendre que nous pouvons être bienveillant tout en punissant ceux qui le méritent. Et celui de Jules César : “Je remarque que Jules César était un empereur si débonnaire que Cicéron dit de lui que sa fortune n’avait rien de plus grand que de pouvoir épargner et pardonner à tous, et sa vertu rien de meilleur que de le vouloir toujours ; pourtant, malgré cela, en certaines circonstances il punit rigoureusement les auteurs de rébellion.” Ce passage nous fait comprendre que la bienveillance c’est aussi de faire l’équilibre entre les actes pardonnables et ceux impardonnables comme les rébellions. Gargantua est considéré comme bon vainqueur car même après sa victoire, il libère les prisonniers, il leur donne une seconde chance et afin de construire un monde meilleur, il entreprend d’éduquer les vaincus à la manière de penser humaniste. Gargantua a une attitude opposée à celle de Picrochole l’envahisseur : “Je regrette de tout mon cœur que Picrochole ne soit pas ici. Car je lui aurais fait comprendre que c’est contre ma volonté et sans espoir d’accroître mon bien ou ma réputation qu’a été faite cette guerre.”

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