Explication du Message d'Andrée Chedid

Explication du Message d'Andrée Chedid

L’incipit nous présente le personnage de Marie d’une façon originale puisqu’on commence par décrire sa douleur lorsqu’elle est abattue dans la rue par un franc tireur. Ensuite on apprend son prénom, Marie, qui est le prénom féminin le plus porté dans le monde, ce qui signifie qu’elle représente toutes les femmes victimes de la violence. Le personnage de Steph est décrit beaucoup plus en détails puisqu’on connaît son métier, l’endroit où il habite, son caractère et que son portrait physique est très détaillé, ce qui est important pour la suite de l’histoire puisque c’est grâce à une photo qu’Anya le reconnaîtra sur le pont. On en sait plus sur Steph que sur Marie mais à travers la description de leur relation tumultueuse, on peut déduire le caractère de Marie. Le cadre spatiotemporel ne permet pas de situer précisément l’action, on comprend juste que c’est une guerre civile au XXème siècle (“macadam”), bien que l’on ait des informations spatiales (dans une rue) et temporelles (en journée). Le narrateur adopte principalement le point de vue du personnage de Marie. Le récit est fait en focalisation interne et grâce à l’emploi du discours indirect libre, le narrateur nous donne accès aux émotions et aux pensées du personnage : “Faire comme si rien ne s’était passé”. Ce début de roman est tragique parce que le personnage se bat contre une force qui la dépasse (la mort et le temps qui passe). Il est aussi dramatique parce que la mort du personnage permet à l’auteur de véhiculer un message pacifiste en montrant l’horreur de la guerre. Dans le dernier paragraphe, l’allitération en [s] souligne la souffrance liée au sentiment amoureux, toujours changeant et instable. 

Dans le chapitre 6, l’auteur prend la parole pour exprimer de façon poétique le message philosophique de son roman. Le peu d’informations données sur le lieu, le temps et les personnages de l’histoire a pour but de donner une portée universelle à son message en permettant à tout être humain de s’identifier aux personnages, quelle que soit leur situation géographique ou temporelle. Cette prise de parole est mise en évidence par les italiques et le discours direct. L’auteur dénonce les comportements belliqueux des hommes qui font la guerre en tout lieu et en tout temps, sans répit. Elle donne de l’humanité une image profondément pessimiste. Sa vision sombre est soulignée par les énumérations et les variations de rythme, ainsi que les allitérations en [s] et en [r] qui traduisent le désespoir de l’auteur.

C'est tragique car au final Marie meurt sans avoir le temps de dire à Steph qu'elle l’aimait. Marie était condamnée à mourir dès le premier chapitre, sa lutte contre la mort était avant tout une lutte contre le temps.

Gorgio était le seul franc-tireur dans les parages donc c’est certainement lui qui a tiré dans le dos de Marie. Et il n’assume pas ses actes et il a un choc émotionnel lorsqu’il voit  la réalité en face il se rend compte que c’est un tueur, cette prise de conscience ébranle son identité déjà fragile.

Il se rend compte qu’il a tué des innocents et tous ses crimes lui remontent à l’esprit, il a tellement honte qu’il se laisse tuer. Il meurt d'abord psychologiquement  puis physiquement. Le geste de Steph se justifie par sa haine envers Gorgio et son besoin de vengeance. Il sombre dans le désespoir. On ne sait pas ce qu’il pense car on est en focalisation externe. C’est une fin pessimiste.

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