Le Rouge et le noir de Stendhal, Le portrait de M. de Rênal, Livre I, chapitre 1 De « Si, en entrant à Verrières, le voyageur demande à qui appartient cette bel

Le Rouge et le noir de Stendhal, Le portrait de M. de Rênal, Livre I, chapitre 1 De « Si, en entrant à Verrières, le voyageur demande à qui appartient cette belle fabrique de clous» à « sont aussi la récompense de la science de M. de Rênal dans le commerce du fer.»

Dans un premier lieu le narrateur procède à une description physique de M. de Rênal : “un grand homme, il a un grand front, un nez aquilin, et au total sa figure ne manque pas d'une certaine régularité “. Puis, rapidement, le narrateur place M. de Rênal par rapport au village : “ À son aspect tous les chapeaux se lèvent rapidement”, “Tel est le maire de Verrières, M. de Rênal” et “ Les murs en terrasse qui soutiennent les diverses parties de ce magnifique jardin, qui, d'étage en étage, descend jusqu'au Doubs”. A travers les différents exemples cités il est facile de se rendre compte que M. de Rênal est un personnage central dans la vie du village, et que tous le respectent profondément. De plus il serait descendant d’une lignée espagnoles antique, et chevalier de plusieurs ordres : “Sa famille, dit-on, est espagnole, antique, et, à ce qu'on prétend, établie dans le pays bien avant la conquête de Louis XIV.” et “Il est chevalier de plusieurs ordres”. Cette généalogie est impossible à vérifier puisque trop ancienne, on peut donc se douter que M. de Rênal fabule sur ses origines afin de se construire une identité respectable.

Cependant, le voyageur parisien, étranger à ce village, perçoit rapidement les failles de ce personnage prétentieux : “Mais bientôt le voyageur parisien est choqué d'un certain air de contentement de soi et de suffisance mêlé à je ne sais quoi de borné et de peu inventif. On sent enfin que le talent de cet homme-là se borne à se faire payer bien exactement ce qu'on lui doit, et à payer lui-même le plus tard possible quand il doit.”

Le premier à se rendre compte est éloigné de la situation et peut donc porter sur la ville un regard neuf, c’est le voyageur parisien. De plus certaines métaphores à la fin du texte appuient ces accusations : “Au-delà c'est une ligne d'horizon formée par les collines de la Bourgogne, et qui semble faite à souhait pour le plaisir des yeux” représentant l’incapacité des campagnards à voir la supercherie, “Les murs en terrasse qui soutiennent les diverses parties de ce magnifique jardin, qui, d'étage en étage, descend jusqu'au Doubs” qui représente le caractère supérieur de M. de Rênal, mais qui reste pourtant attaché aux bassesses du monde. C’est donc le narrateur qui se cache derrière le voyageur parisien, afin que le lecteur prenne conscience des sens cachés des descriptions du paysage.

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