Lecture analytique de Marivaux, Les Fausses confidences acte I scène 2

Lecture analytique de Marivaux, Les Fausses confidences acte I scène 2 (Dubois : Laissons cela, Monsieur jusqu’à la fin)

Analyse

En quoi cette exposition est-elle originale ?

Supériorité du valet Dubois sur son ancien maître et sur sa maîtresse :

intelligence

manipulation

psychologie masculine mais aussi féminine

maîtrise des codes et des classes sociales

PREMIER MOUVEMENT : DISCUSSION ENTRE DUBOIS ET DORANTE

“DUBOIS: Laissons cela, Monsieur; tenez, en un mot je suis content de vous, vous m’avez toujours plu ; vous êtes un excellent homme, un homme que j’aime, et si j’avais bien de l’argent il serait encore à votre service.” Dubois, ancien valet de Dorante, lui fait part de son amour. Même s’il n’est plus son valet, il serait près à tout pour lui. 

“DORANTE: Quand pourrais-je reconnaître tes sentiments pour moi? ma fortune serait la tienne [...] demain” Dorante n’a pas d’argent il est ruiné, c’est pour cela que Dubois n’est plus son valet, il n’a pas l’argent pour le payer. 

Dorante a peur d’aller conquérir Madame, il fait des hypothèses des pires choses qui pourraient lui arriver.

“DUBOIS: Hé bien, vous vous en retournerez” L’esprit beaucoup plus tranquille, Dubois essaye d'effacer ces hypothèses pour qu’il prenne son courage à deux mains et qu’il y aille.

“DORANTE: Cette femme-ci a un rang dans le monde ; [...] veuve d’un mari qui avait une grande charge dans les finances; et tu crois qu’elle fera quelque attention à moi, que je l’épouserai, moi qui ne suis rien, moi qui n’a point de bien ?” Madame a une position sociale élevée, ayant hérité de la fortune de son mari. Dorante se sent contraint de pouvoir faire tout ce que Dubois lui dit de faire vu qu’il n’a pas d’argent. 

“DUBOIS : Point de bien! Votre mine est d’un Pérou, [...]il n’y a point de plus grand seigneur que vous à Paris. [...] et notre affaire est infaillible [...] ; il me semble que je vous vois déjà en déshabillé dans l’appartement de Madame.” Une fois de plus, Dorante trouve l’excuse qu’il est ruiné pour ne pas conquérir Madame, sauf que Dubois va la contredire en disant qu'il est un des hommes les plus beaux de Paris. En effet il compare la mine de Dorante avec celle d’un Pérou, à savoir que la mine c’est le teint de Dorante, et que le “Pérou” fait écho aux mines d’or du Pérou. Donc même s’il n’est pas riche, il possède toute la richesse sur son visage. Pour lui donner le moral, Dubois va lui dire qu’il va réussir, qu’il le voit déjà “en déshabillé” à savoir “ en tenue légère”. 

“DUBOIS: [...]. Vous êtes actuellement dans votre salle et vos équipages sont sous la remise” Il continue à le projeter dans son rêve qui selon lui deviendra réalisable. 

“DORANTE: Elle a plus de cinquante mille livres de rente, Dubois” Madame possède une somme considérable.

“DUBOIS : Ah! vous en avez bien soixante, pour le moins?” Madame possède le double que Dorante.

“DORANTE: Et tu me dis qu’elle est extrêmement raisonnable?” 

“DUBOIS: Tant mieux pour vous, tant pis pour elle. Si vous lui plaise, elle en sera si honteuse, elle se débattra tant, elle deviendra si faible, qu’elle ne pourra se soutenir qu’en épousant; [...]” à l’époque, une femme ne peut pas regarder un autre homme qui ne soit son mari. Donc selon Dubois,  bien que Madame soit raisonnable si elle est amoureuse elle devra l’épouser. 

DEUXIÈME MOUVEMENT : DERNIÈRE TIRADE DE DUBOIS

"DUBOIS: Oh! vous m’impatientez avec vos terreurs : eh que diantre!”

Dubois est avant tout un valet, même s’il n’est plus le valet de Dorante, c’est un valet. Il est de rang inférieur que lui. Il n’a pas le droit de lui parler ainsi.

“un peu de confiance ; vous réussirez, vous dis-je”

Dubois est persuadé que Dorante va réussir puisque même si c'est un valet il a confiance en son intelligence.

“Je m’en charge, je le veux, je l’ai mis là” 

Rythme ternaire qui souligne une argumentation infaillible ainsi Dorante l’obéit au doigt et à l'œil, il lui confie tout. 

Dubois entreprend de manipuler les pensées de Madame pour que Dorante puisse la conquérir.

“ je connais l’humeur de ma maîtresse, je sais votre mérite, je sais mes talents, je vous conduis, et on vous aimera”

Répétition du pronom “je”, qui souligne son enthousiasme pour aider son ami, ainsi que sa vaste connaissance de tous les sujets.

“on vous aimera, toute raisonnable qu’on est ; on vous épousera, tout ruiné que vous êtes, entendez vous ? Fierté, raison , richesse, il faudra que tout se rende”

Emploi du futur, qui évoque la certitude des faits à venir. 

Dubois fait tomber une à une les raisons que Madame aurait pour ne pas l’épouser.

Il est sûr que son plan va marcher.

"Quand l’amour parle, il est le maître, et il parlera” "L'amour et moi nous ferons le reste

Dubois, étant un valet, nous donne ici l'impression d’être un philosophe. Selon lui, rien ne peut gagner face à l'Amour.

Nous pouvons dire que ce texte fait preuve d’une âme révolutionnaire puisqu' il va nous montrer combien la passion et l’amour font face aux classes sociales et à la fortune. En effet ce livre à été écrit en 1737, une époque où une femme était contrainte d’épouser un homme qu’on lui avait destiné de par sa richesse et non de par l’amour qu’elle lui porte. 

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