Analyse du Malade imaginaire de Molière acte I scène 8 et premier intermède

Analyse du Malade imaginaire de Molière acte I scène 8 et premier intermède

Commentaire composé

Angélique veut prévenir Cléante du mariage que son père a conclu pour elle avec Thomas Diafoirus, le fils de l’un de ses médecins foireux comme l’indique son nom. Cependant elle ne peut pas aller le prévenir elle-même car son père la surveille de près depuis qu’elle a publiquement refusé cette union imposée par Argan afin de faire entrer un médecin dans sa famille pour l’avoir toujours à sa disposition. Angélique dénonce la cruauté de son père qui ne fait aucun cas de son bonheur mais ne pense qu’à ses propres intérêts en choisissant un mari qui lui convient à lui. Elle veut faire échouer les projets de son père et s’en remet à Toinette pour l’aider à faire avorter le mariage avec Thomas Diafoirus : «Qu’il dispose de son bien à sa fantaisie, pourvu qu’il ne dispose point de mon cœur». Angélique est très proche de sa servante, la différence de classe sociale est totalement effacée par l’affection sincère et profonde qui lie les deux femmes : «Ne m’abandonne point, je t’en prie, dans l’extrémité où je suis» / «Moi, vous abandonner ? J’aimerais mieux mourir.» Toinette est lucide quant aux intentions de Béline, la belle-mère d’Angélique, une femme vénale qui a épousé Argan pour son argent et veut se débarrasser au plus vite de ses deux fille afin d’avoir la main mise sur la totalité de sa fortune : «Votre belle-mère ne s’endort point, et c’est sans doute une conspiration contre vos intérêts où elle pousse votre père». Toinette est très protectrice à l’égard d’Angélique et incarne le personnage de la servante pleine de ressources, capable par son intelligence de faire échouer les plans de son idiot de maître : «Laissez-moi faire : j’emploierai toute chose pour vous servir ; mais pour vous servir avec plus d’effet, je veux changer de batterie, couvrir le zèle que j’ai pour vous, et feindre d’entrer dans les sentiments de votre père et de votre belle-mère. » 

 

Il y a trois intermèdes dans la pièce, et chacun deux sert à faire progresser l’intrigue principale en dévoilant des aspects cachés de la personnalité des personnages tout en amusant les spectateurs. Ici l’intermède a pour but à la fois de révéler la relation amoureuse entre Polichinelle et Toinette, mais aussi de transmettre à Polichinelle un message à la à l’intention de Cléante pour l’avertir du projet d’Argan qui a accordé la main d’Angélique à Thomas Diafoirus. L’intermède est chanté et dansé et donne lieu à une scène de bastonnade digne de la commedia dell’arte.

 

Le personnage de Polichinelle est un valet traditionnel de la commedia dell’arte. Ici il chante une sérénade pour sa bien-aimée Toinette présentée comme une «tigresse» ce qui rend le personnage comique tout en révélant un nouveau trait de sa personnalité : elle ne laissera pas tomber Angélique et se battra pour sauver sa maîtresse d’un mariage désastreux fomenté contre elle par son abominable père. La sérénade de polichinelle joue sur les clichés amoureux : « O Amour, Amour, Amour, Amour ! » ce qui souligne le ridicule de l’amoureux transi complètement soumis à sa dulcinée qui finalement en profite pour lui remettre le fameux billet destiné à Cléante. Polichinelle et Toinette forment un couple comique par opposition au couple Angélique - Cléante dont l’histoire prend des accents tragiques puisque le père de la jeune fille s’oppose à leur union et menace de l’enfermer dans un couvent, ultime solution pour se débarrasser d’elle.

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