Analyse de L'appel de la forêt de Jack London

Analyse de L'appel de la forêt de Jack London

Civilisation contre nature

 

Jack London oppose le thème de la civilisation à celui de la nature à travers les étapes de la transformation de Buck. Dans un premier temps, Buck vit la vie douillette d'un chien domestiqué sur un vaste domaine californien que London dépeint comme le summum de la civilisation. Buck se considère comme le souverain de ce royaume. La deuxième étape commence de façon spectaculaire : Buck est capturé et vendu comme un chien de traîneau, et bientôt il fait face au monde non civilisé du Grand Nord, un monde sans règles ni confort. Alors que Buck apprend que les chiens du Nord suivent la « loi du plus fort » et doivent tuer ou être tués, il commence à se connecter à ses instincts primitifs. Mais bien qu'il soit régi par la loi de la nature, Buck n'est pas encore sauvage ; il passe la plupart de son temps avec les humains. François, Perrault et le métis écossais accomplissent des tâches de civilisation, livrant des dépêches et du courrier, et Buck forme un lien d'amour fort avec John Thornton. La deuxième étape est donc une étape intermédiaire dans laquelle Buck se connecte à ses instincts primitifs dans un cadre rude mais humain. Dans la dernière étape, Buck s'immerge dans la nature tout en menant le traîneau à chiens de Thornton. Ici, les instincts primordiaux de Buck atteignent leur plein potentiel, et il devient un prédateur féroce. Après la mort de Thornton, Buck rompt avec la communauté humaine et se rend complètement à l'appel de la forêt en devenant le chef d'une meute de loups.

 

Loi et hiérarchie

 

Dans « L’appel de la forêt », London oppose deux ensembles de règles : "la loi du plus fort" et "la loi de l'amour et de la fraternité". Pour London, "la loi du plus fort" régit le monde non civilisé de la nature, et "la loi de l'amour et de la fraternité" se trouve le plus souvent dans la civilisation. La nature n'a pas de code de lois artificiel, elle est donc régie par la force et la survie des plus aptes. Buck triomphe dans la nature parce qu'il devient "un tueur […] en vertu de sa propre force et de ses prouesses, survivant triomphalement dans un environnement hostile où seuls les forts ont survécu ». London n'affirme jamais que "la loi du plus fort" est plus forte que "la loi de l'amour et de la fraternité". Au lieu de cela, il crée une dichotomie au sein de Buck chez qui les deux lois coexistent. Lorsqu'il rencontre John Thornton, Buck est déjà connecté à ses instincts primaires. Cependant, après avoir formé un lien d'amour fort avec Thornton, Buck réprime ses instincts sauvages et permet à son amour pour l'homme de le gouverner. Finalement, lorsque Buck traque des proies dans la forêt, son côté primitif se développe encore plus, créant une lutte interne entre la "loi du plus fort" et "la loi de l'amour et de la fraternité". Buck semble développer deux identités - le chien loyal et affectueux dans le campement de Thornton et le prédateur féroce dans la nature. London n'indique jamais quel côté de Buck est le plus fort. Cependant, lorsque Thornton meurt, Buck n'a plus de lien avec les humains et il est libre d'embrasser la nature.

 

Connaissances et pouvoir

 

London dépeint le thème du savoir et du pouvoir principalement grâce à la capacité de Buck à s'adapter à son environnement. Buck est toujours ouvert à l'apprentissage de nouvelles compétences et à l'adoption de son instinct. Par exemple, il est perplexe sur la façon de dormir les froides nuits d'hiver dans le Nord, mais il apprend bientôt que les autres chiens de traîneau creusent dans la neige, et il fait de même. En outre, Buck observe comment Spitz se bat et utilise cette connaissance pour le vaincre. Plus Buck apprend, plus il devient puissant, ce qui lui permet d'embrasser l'appel de la nature. L'auteur souligne également ce qui se passe lorsque des personnes et des chiens civilisés ne s'adaptent pas à la nature. Parmi ces chiens, le narrateur déclare : "Ils [les chiens domestiques] étaient trop mous, mourant sous le labeur, le gel et la famine". Les humains Hal, Charles et Mercedes sont trop stupides, fiers et vaniteux pour s'adapter à la nature. Leur ignorance les conduit à sous-alimenter et à maltraiter les chiens, et finalement, cette ignorance les tue. Pour Jack London, le manque de connaissances conduit à la faiblesse et à la mort.

 

Appartenance

 

Pour London, le thème de l'appartenance est directement lié à l'importance de la communauté. Tout au long du roman, Buck aspire à faire partie d'une communauté. Sur le domaine du juge, Buck appartient à une communauté civilisée et se contente parfaitement de sa place dans celle-ci. Si Buck n'avait jamais été capturé, il aurait vécu ses jours en paix sans jamais entendre l'appel de la nature. Cependant, lorsque Buck est poussé dans le Grand Nord, il doit adapter son comportement à une nouvelle communauté non civilisée, sinon il ne survivra pas longtemps. Puis, lorsqu'il rencontre John Thornton, Buck développe un amour pour lui et veut rester avec lui. Il veut appartenir à la communauté de Thornton, qui se compose des amis de cet homme et d'autres chiens. London suggère également que les gens aspirent à appartenir à une communauté. Parce que François et Perrault prennent leur rôle dans la communauté tellement au sérieux, ils font face à toutes sortes de difficultés pour livrer leurs dépêches. Thornton et ses amis recherchent la compagnie de prospecteurs dans diverses villes en plein essor, et le respect de cette communauté est important pour eux. Pour gagner cela, Thornton demande à Buck d'accomplir une tâche apparemment impossible, en tirant un traîneau chargé de 1 000 livres de farine. London considère la communauté comme essentielle à la survie. Lorsque Buck se mutine contre Spitz, l'attelage de chiens devient indiscipliné et leur sens de la communauté est fracturé. Si les troubles persistent, la vie de l’équipage du traîneau sera en danger ; un attelage inefficace les rendra plus vulnérables à l'environnement difficile. François en est bien conscient. Lorsque Buck bat Spitz et prend la direction de l’attelage, la communauté est restaurée et le traîneau à chiens parcourt la distance en un temps record. A l’inverse, Hal, Charles et Mercedes sont inadaptés à la communauté du Grand Nord. Parce qu'ils ne font aucun effort pour s’intégrer, ils se mettent eux-mêmes et leurs chiens en danger.

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