Analyse du Misanthrope de Molière

Analyse du Misanthrope de Molière

Alceste

 

Du début à la fin de la pièce, Alceste est un symbole immuable de candeur et de sincérité. Alceste croit que tout ombrage fait à la vérité est détestablement immoral. Une position aussi extrême commande le respect d'un personnage comme Éliante. Cependant, en général, l'attitude inflexible d'Alceste provoque une série de conflits, allant de sa frustration à l'égard de Célimène à ses problèmes sociaux et juridiques avec Oronte. En fin de compte, le dévouement d'Alceste à la vérité est la source de sa désillusion totale, car il décide de se retirer définitivement du monde et des "vices" de son époque.

 

Philinte

 

Contrairement à Alceste, Philinte symbolise le cours de la raison pratique et de la modération : il incarne l’idéal de l’honnête homme du XVIIème siècle. Bien qu'il soit conscient de la folie et de l'hypocrisie humaines, Philinte explique que les gens doivent "s'entendre". Sa philosophie s'oppose directement à celle de son ami Alceste, mais, fidèle à ses croyances, Philinte n'abandonne jamais son compagnon. Le nom de Philinte est dérivé de la racine grecque phil-, qui signifie "amour" ou "ami".

 

Célimène

 

Célimène symbolise la préciosité. À maintes reprises, Molière la dépeint comme intelligente, pleine d'esprit et plus agile que ses prétendants et adversaires. Ainsi, sa polyvalence lui sert bien. Les scènes entre Alceste et Célimène la montrent constamment prendre le dessus.

 

Sincérité contre hypocrisie

 

On rencontre ce thème dès la scène d’exposition du Misanthrope, dans laquelle Alceste reproche à Philinte son manque de sincérité. Alceste estime que non seulement les amitiés authentiques, mais toutes les relations humaines, nécessitent des expressions totalement authentiques d'opinion et d'émotion. Rien ne doit être méprisé autant que l’hypocrisie. Ainsi, Alceste ne peut pas supporter les flatteries, la tromperie et les manières artificielles si typiques du comportement des tribunaux. Il considère tous ces comportements comme méprisables. Les implications de sa conviction - à la fois comique et poignante - sont explorées dans l’ensemble de la pièce. Le premier test de la sincérité d'Alceste se trouve à l’acte 1, scène 2, lorsqu'Oronte demande sincèrement le jugement d'Alceste sur le sonnet qu'il a écrit. Alors que Philinte est consciencieusement poli envers le courtisan pompeux, Alceste insiste pour rendre son verdict - à savoir que le sonnet est enfantin et maladroit. Oronte, comme on pouvait s'y attendre, se met en rage. Dans l'acte 11, scène 1, Alceste a du mal à persuader Célimène de se comporter différemment, et elle lui rappelle qu'une certaine flatterie peut être nécessaire si les gens veulent éviter les blessures que les commérages et l'envie peuvent leur causer.

 

Rationalité contre extrémisme

 

Dans la scène d’exposition, Molière présente le contraste entre rationalité et extrémisme. Au début de la pièce, Alceste (extrémiste) et Philinte (rationnel) sont opposés. Au fur et à mesure que l'intrigue se déroule, cependant, la plupart des personnages majeurs, y compris Oronte, Célimène et Arsinoé, apportent des éléments extrémistes d'une manière ou d'une autre. Seule Éliante rejoint Philinte dans le camp rationaliste. Il est donc logique qu'à la fin de la pièce, ce soient les deux personnages qui seront unis dans le mariage.

 

Amour

 

À la fin de l'acte 1, scène 1, Alceste fait remarquer à Philinte que "la raison ne règne pas dans l'amour". L'irrationalité de la parade nuptiale et de la dévotion romantique occupe une place importante dans l’ensemble de la pièce. Les variations les plus complexes de ce thème entourent la figure de Célimène, dont la manipulation coquette de ses admirateurs masculins (Alceste, Oronte, Acaste et Clitandre) constitue une source majeure de comique dans la pièce. Comme certains commentateurs l'ont noté, la manipulation experte de ses admirateurs par Célimène ne peut l'empêcher de finir par être isolée. À la fin de la pièce, elle rejette un avenir solitaire avec Alceste, affirmant qu'une vie au-delà des limites de la société n'a aucun attrait pour elle. Néanmoins, où ira-t-elle, maintenant que ses prétentions ont été démasquées ? La pièce n'offre aucune réponse à cette question.

 

La comédie sociale

 

Outre l'insincérité, Alceste déteste la comédie sociale de la cour. Ce thème est facilement apparent dans la confrontation entre Alceste et Oronte dans l'acte 1, scène 2, où Oronte cherche à obtenir un statut social en obtenant l'approbation d'Alceste pour son sonnet. Dans l'acte 2, scène 3, cependant, Célimène avertit Alceste que les commérages sont capables de causer des blessures importantes à ceux qu’ils offensent - un avertissement qui est amplement vérifié au cours de la pièce. La prétention sociale est le sujet de la satire cinglante dans l'acte 111, scène 1, où Acaste se montre égocentrique, suffisant et détestable. La satire que Molière fait d’Arsinoé se flétrit également, car il la montre comme une précieuse hypocrite qui complote pour la promotion sociale et les triomphes amoureux, principalement en utilisant les commérages comme une arme.

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