Résumé et explication du Contrat social de Rousseau

Résumé et explication du Contrat social de Rousseau

Jean-Jacques Rousseau estime que certains concepts et activités tenus pour acquis dans la vie moderne ne sont pas naturels pour les êtres humains. Il s'agit notamment de la propriété, de l'inégalité et de la loi. Dans l'état de la nature, les êtres humains sont libres et égaux. Ils sont libres en ce sens qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent, et ils sont des égaux moraux en ce sens que la liberté d'aucune personne n'est supérieure à celle d'une autre. Cette liberté est essentiellement la liberté des effets coercitifs d'une société civile gouvernée par une ou plusieurs personnes qui n'ont pas à l'esprit l'intérêt supérieur de leurs sujets. En outre, les gens sont libérés des exigences arbitraires de la société. Les attentes de se conformer aux normes sociétales et aux besoins artificiels créent une dépendance psychologique et rendent les gens vulnérables à la domination. Cette dépendance ne se limite pas aux faibles et aux pauvres, elle est également créée par le luxe et la richesse. La liberté dans l'état de la nature n'est toutefois pas absolue. Elle est limitée par l'impératif de la préservation de soi et, plus généralement, de l'instinct et des désirs. Ces désirs ou passions génèrent des besoins réels et perçus. Les besoins réels sont ceux qui assurent la survie, tels que la nourriture et la reproduction. Les besoins perçus sont générés par la société. Ceux-ci comprendront des choses telles que l'amitié et la propriété. Une société civile légitime préservera au moins un rapprochement avec la liberté naturelle, qui est largement concentrée dans la volonté générale. En se concentrant sur le bien de l'ensemble, les besoins artificiels qui créent la dépendance et l'inégalité ne surviendront pas. Rousseau doit encore concilier ce qui semble être un conflit potentiel entre la volonté individuelle et la volonté générale. Bien que la souveraineté puisse l'emporter sur la volonté individuelle, il n'y a pas d'incohérence, dans la mesure où cette volonté fait également partie de la volonté générale et que la volonté générale est formalisée dans le souverain. Rousseau est également critiqué pour avoir maintenu des positions incohérentes sur la nature de la société. Parfois, il semble favoriser le communautarisme et, à d'autres moments, le libéralisme. Les deux sont sans doute réconciliés par la volonté générale qui vise le bien commun. Dans la mesure où la volonté d'un individu n'interfère pas avec le bien commun, il n'y a aucun obstacle à la liberté individuelle. De plus, ce qui rend la volonté générale possible, c'est l'hypothèse que ce qui est commun à chaque individu, c'est le désir de liberté, de préservation de soi et de sécurité - que le souverain est censé exprimer dans la loi. La société civile est à l'opposé de l'état de la nature. La formation de la société civile, soutient Rousseau, a ses origines dans la famille. Dirigés par le père, dont l'amour pour ses enfants inspire son désir de leur intérêt supérieur, les enfants finissent par gagner leur indépendance. Dans une société civile, le bien commun devient le but de la volonté générale, et la volonté générale préserve la liberté civile en promulguant la loi. La loi, à son tour, s'applique à la population, et non aux citoyens individuels en tant que tels. C'est le rôle du gouvernement de mettre en œuvre les lois. Rousseau ne précise pas quel type de gouvernement une société civile devrait adopter, bien qu'il ait une préférence pour l'aristocratie. Sa neutralité sur cette question repose sur son point de vue selon lequel il existe une myriade de variables qui rendent une forme de gouvernement préférable à une autre. Les formes les plus courantes, cependant, sont la monarchie (règle unique), l'aristocratie (règle de petit groupe) et la démocratie (règle de grand groupe/ou règle sociétale). Il convient de réitérer une distinction que Rousseau fait entre le souverain et le gouvernement. Le souverain est le corps politique, la voix collective légiférante des citoyens. Le gouvernement n'est pas le souverain. Il ne représente pas le peuple, mais veille plutôt à ce que sa voix soit entendue en appliquant la loi. La souveraineté est la volonté générale. La volonté générale est la voix des citoyens. Le but du souverain est d'assurer la liberté et l'égalité pour tous. L'accomplissement de ce rôle est ce qui donne au souverain une légitimité morale. Selon Rousseau, la volonté générale est une voix infaillible du bien public, et c'est l'obligation du souverain de la protéger. Bien que la volonté générale organise la forme du gouvernement et promulgue des lois, par exemple, elle est neutre par rapport aux particularités ; son seul but est le bien public. La volonté générale est, en fait, une idée. Elle est formalisée et incarnée par la souveraineté et l'organe politique qui se réunit pour débattre et légiférer. Rousseau distingue la volonté générale de la volonté collective, ce qui facilite la compréhension de la première. La volonté collective est simplement la somme des volontés individuelles, dans toutes leurs particularités et différences. Par conséquent, la volonté générale, qui a un objectif sur lequel tous peuvent s'entendre, sert essentiellement de volonté unique. Selon Rousseau, la liberté individuelle est un état naturel. Cette liberté est préservée et protégée par le contrat social. Elle est également mise en balance dans une société ordonnée dans laquelle le bien de tous est protégé. Ainsi, du point de vue du souverain, l'impératif est que l'individu soit en accord avec la volonté générale - ou à tout le moins, la volonté individuelle ne peut pas usurper la volonté générale. Les intérêts privés ne peuvent pas être considérés comme les intérêts de tous les autres. Le pouvoir du souverain garantit un domaine de liberté - en fait, une liberté égale pour tous - en vertu de la loi. Mis à part la participation aux affaires souveraines, la liberté individuelle n'est pas marquée par l'autorité politique. Rousseau fait la distinction entre le souverain et le gouvernement. Le gouvernement est séparé du peuple, car il doit maintenir à la fois son impartialité et sa légitimité. Le souverain, en tant qu'organe, est le collectif de tous les citoyens. Le gouvernement est l'organe administratif de l'État. En tant que pouvoir exécutif, il exécute et administre les lois générées par le souverain. Lorsque les citoyens se réunissent à "l'Assemblée du peuple", des lois sont proposées et votées. Leur tâche est de déterminer "si elle est conforme ou non à la volonté générale, qui est la leur". En votant, chacun exprime son opinion. Le "décompte des votes donne la déclaration de la volonté générale". Rousseau est catégorique sur le fait qu'il y ait une assemblée physique, c'est-à-dire que les citoyens puissent proposer et voter les lois. De plus, ces assemblées doivent être régulières.

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