Le mythe de Sisyphe de Camus Résumé

Le mythe de Sisyphe de Camus Résumé

 

Un raisonnement absurde

Le mythe de Sisyphe vise à examiner pleinement le problème du suicide, à savoir s'il existe un raisonnement logique pour le défendre. La question de savoir si la vie a un sens doit être abordée pour résoudre le problème. Camus émet l'hypothèse que le suicide n'est pas défendable, même si une personne ne croit pas en Dieu ou en la punition divine. Il pense qu'il existe deux méthodes pour arriver à une réponse à la question : par la preuve ou par l'histoire. La plupart des gens qui se suicident le font parce qu'ils croient qu'il n'y a aucune raison de vivre, et Camus appelle la reconnaissance de ce sentiment que la vie n'a pas de sens "l'absurde". L'absurde naît à l'intérieur d'une personne lorsque la question de « pourquoi » se pose en réponse à sa vie. De là, deux voies émergent : le suicide ou l'acceptation de l'absence de sens. L'absurde est l'inconfort sur son humanité, et l'esprit d'une personne essaie constamment de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux. Tout ce que tout le monde peut savoir avec certitude, c'est qu'il a des sentiments et qu'il sait qu'il existe, et qu'il sait que le monde existe parce qu'il peut le toucher. Camus croit cependant que le monde est fondamentalement irrationnel, et donc essayer de trouver un seul sens pour lui est futile. En affrontant le fait que le monde est irrationnel, l'absurde naît en une personne. Une fois que la prise de conscience commence, on ne peut pas y échapper.

De nombreux philosophes suggèrent la religion comme une voie de sens ou une évasion des luttes de la vie, mais Camus trouve ce raisonnement un bond en avant. Il croit que la réponse réside dans l'acceptation de "l'ail" de l'absurdité, et non de la "guérison" de la religion. Cependant, il accepte que le philosophe religieux et le philosophe abstrait commencent par la même question sur le sens de la vie, mais leurs conclusions divergent. Camus arrive à la conclusion que la vie est en fait mieux vécue s'il n'y a pas de sens, et en contemplant sa nature absurde. Une façon de le faire est de ne pas se résigner à la notion d'avoir un but. La vie doit être vécue à travers une quantité d'expériences, et non basées sur la qualité des expériences ou d'autres jugements de valeur. L'absurdité de sa vie et sa mort éventuelle sont tout ce dont une personne a besoin pour la réveiller afin qu'elle puisse vraiment faire l'expérience de l'être.

 

L'homme absurde

Camus fournit une série d'exemples qui, selon lui, personnifient "l'homme absurde" - une personne qui valorise le courage et la raison plutôt que la nostalgie et la croyance. Son premier exemple est l'archétype fictif de Don Juan, qui remonte à une pièce espagnole du XVIIe siècle. Camus le caractérise comme un homme absurde parce que bien qu'il soit connu pour sa séduction, il accepte que le résultat sera toujours le même - il ne cherche pas un sens plus profond ou un amour illusoire. La personne absurde peut également être trouvée dans le drame, en tant qu'acteur et son rôle, parce que les acteurs vivent et meurent au sein des personnages qu'ils incarnent sur scène. L'acteur ne peut vivre que dans le présent. Le dernier exemple de Camus est le conquérant absurde, qui, aspirant à une vie éternelle qu'il ne pourra jamais avoir, choisit de rejoindre l'histoire et de vivre une vie d'action libérant les individus de la société qui les rend impuissants.

 

Création absurde

Camus croit que l'absurde peut aussi être trouvé dans la création de l'art lorsqu'il ne tente pas de donner un sens ou une consolation. Il utilise l'exemple du romancier russe du XIXe siècle Fiodor Dostoïevski (1821-1881), dont les protagonistes remettent constamment en question le sens de la vie. Certains d'entre eux réfléchissent au raisonnement du "suicide logique" et arrivent à la même conclusion que Camus sur l'absurdité du monde. Bien qu'une grande partie de l'œuvre de Dostoïevski corresponde à la définition de l'art absurde de Camus, Camus conclut que la logique de Dostoïevski fait finalement "le saut" avec lequel Camus n'est pas d'accord en embrassant la croyance en l'existence de Dieu et en une vie éternelle pour les âmes humaines. Enfin, Camus considère la responsabilité de l'artiste absurde de "donner au vide ses couleurs" à travers l'expression d'une pensée qui magnifie et nie de manière contradictoire, tout en acceptant la futilité de la créativité.

 

Le mythe de Sisyphe

Camus introduit le mythe grec de Sisyphe pour illustrer ses idées sur l'absurde. Dans le mythe, Sisyphe est condamné par les dieux à rouler éternellement un rocher sur une colline escarpée, puis à le récupérer après qu'il soit redescendu jusqu'au fond. Aux yeux de Camus, Sisyphe est le héros absurde ultime parce qu'il accepte son destin et vit dans le présent éternel sans se fatiguer de trouver un sens à sa situation critique. De cette façon, Sisyphe est encore supérieur à son sort. Il est aussi une parabole de l'ouvrier moderne, qui accomplit souvent la même tâche encore et encore jusqu'à la mort, et dont le sort n'en est pas moins absurde.

 

Annexe: L'espoir et l'absurde dans l'œuvre de Franz Kafka

Camus conclut par un examen attentif de l'absurde dans la littérature de l'auteur germanophone Franz Kafka du XXe siècle (1883-1924). Camus souligne comment le travail de Kafka oscille entre le tragique et le quotidien ainsi qu'entre l'absurde et le logique. Ce sont ces contradictions qui font de son travail un exemple de l'absurde pour Camus. Cependant, Camus conclut que Kafka ne fait qu'illustrer le problème de l'absurde. Comme tous les autres artistes dont Camus parle, Kafka abandonne plutôt l'absurde pour chercher la consolation en Dieu et l'éternel.

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