Humain trop humain de Nietzsche Explication

Humain trop humain de Nietzsche Explication

 

L'Esprit Libre

Friedrich Nietzsche consacre Humain, trop humain aux "esprits libres". Il explique dans la première préface qu'un esprit libre fait l'expérience d'une "grande libération" et rompt avec les traditions qui la maintenaient auparavant "entraquée" ou liée. Nietzsche mentionne spécifiquement l'attrait des traditions morales avec "ce respect envers les jeunes, cette réserve et cette délicatesse devant tout ce qui est honoré et vénéré depuis longtemps". Nietzsche soutient que les liens avec la maison et "cette gratitude pour le sol à partir duquel ils ont grandi" saisissent les gens et les empêchent de se libérer. Nietzsche soutient que le processus de libération du passé nécessite "une curiosité dangereuse véhémente pour un monde non divulgué". Une personne qui commence à sentir qu'il est « mieux de mourir que de continuer à vivre ici » est sur le point de la liberté.

Vivre comme un esprit libre a ses défis. Nietzsche écrit que la libération est "en même temps une maladie qui peut détruire l'homme qui l'a". L'aube soudaine de la liberté inspire de la fierté et une curiosité qui "se démène autour des choses les plus interdites". Une personne qui ne se sent plus liée à l'histoire ou aux traditions devient parfois aliénée et séparée. Nietzsche écrit que "la solitude l'entoure et l'embrasse, toujours plus menaçante, étouffante". Nietzsche promet que c'est la première phase de la libération et que "c'est encore un long chemin vers cette énorme certitude et cette santé débordantes". Il note que la "liberté d'esprit mûre" consiste en une autodiscipline qui "permet l'accès à de nombreux modes de pensée contradictoires". Les esprits libres jouissent de la capacité d'aborder la vie comme s'il ne s'agissait que d'une "expérience" et de s'engager aventureusement avec le monde.

 

Sensations morales et vie religieuse

Nietzsche examine "l'histoire des sensations morales" comme un moyen "d'alléger le fardeau de la vie". Il craint que la morale ait été aveuglément pédalée et appliquée, et il voit la nécessité d'examiner de plus près ses origines. Nietzsche écrit que « la philosophie plus ancienne ne sait rien » sur l'origine de la morale. Nietzsche soupçonne qu'il viendra les mains vides dans sa recherche de quelque chose de substantiel dans l'histoire des sensations morales. Il écrit de son attente selon laquelle "une fausse éthique est érigée, la religion et les monstres mythiques sont alors à leur tour appelés à la contreforter". Il promet de persévérer « dans un travail qui ne se lasse pas d'entasser pierre sur pierre » au service d'une enquête critique sur les traditions morales.

Nietzsche jette le doute sur la "vie religieuse" et la croyance en "un Dieu qui désire que nous fassions le bien". Il allègue que la religion offre une "amélioration momentanée" ou une amélioration du sentiment de souffrance qui vient avec l'idée que tous les maux seront un jour surmontés. Nietzsche considère la religion comme une erreur avec des conséquences "pacifiantes et bénéfiques" pour les personnes souffrantes. Il soutient que les "méthodes rigoureuses d'application de la vérité" découvriront que la religion ne se compose que de dogmes ou de croyances fixes qui n'ont aucun mérite.

 

Culture et société

Nietzsche concentre son attention sur le rôle des artistes et des écrivains dans l'avancement de la culture. Il fait la distinction entre les forces de la "culture supérieure et inférieure" qu'il observe travailler dans toute l'Europe. Il soutient que "la Renaissance italienne contenait en elle toutes les forces positives auxquelles nous devons la culture moderne". La Renaissance en Europe a eu lieu du XIVe au XVIIe siècle et a introduit un regain d'intérêt pour les œuvres d'art et de littérature classiques. Nietzsche note que la Renaissance a accru "l'enthousiasme pour la science et le passé scientifique" ainsi qu'une "passion pour la véracité". Les valeurs associées à la science et à la recherche de la vérité informent le travail de Nietzsche dans Humain, trop humain.

Nietzsche souligne l'importance du génie dans l'évolution de la culture. Il avertit qu'un "meilleur avenir que l'on souhaite pour l'humanité doit nécessairement être, à certains égards, un avenir pire". Nietzsche soutient que l'évolution de la culture n'est pas simplement l'accumulation des "excellences des premiers stades". Il soutient plutôt que "chaque saison a son propre charme et ses propres excellences et exclut celles des autres saisons". Nietzsche nie ainsi la possibilité d'un idéal ultime vers lequel toute l'histoire vise. Son point de vue implique un relativisme qui suggère que chaque grande culture présente des traits spécifiques qui reflètent des moments particuliers de l'histoire. Nietzsche soutient que "la culture supérieure est nécessairement mal comprise" parce qu'elle est vaste et complexe. Il insinue que la capacité à comprendre les nuances de la culture supérieure exige la flexibilité d'esprit dont font preuve les esprits libres.

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