Analyse de L'étranger de Albert Camus

Analyse de L'étranger de Albert Camus

Parce que Meursault croit que la vie n'a pas de sens, il est détaché de la société et facilement affecté par ses sens accrus. Il a également des difficultés à communiquer avec les gens, ce qui provoque souvent une mauvaise interprétation de ses actions.

 

Une vie dénuée de sens et détachée

Meursault ne croit pas en Dieu ; il considère la vie comme dénuée de sens et toute tentative de découvrir le sens à la vie comme absurde. Dans la première partie, Camus révèle ce thème à travers les actions détachées du personnage. Lors des funérailles de sa mère, Meursault est retiré, fume pendant la veillée et se concentre davantage sur le temps chaud que sur la perte de sa mère. Il ne sait pas s'il aime Marie, mais il l'épousera parce que l'amour et le mariage n'ont aucun sens pour lui. Peu importe qu'il écrive une lettre qui meise une femme en danger ; de telles préoccupations n'ont pas non plus de sens pour lui. Quand Meursault tire sur l'Arabe, il le fait sans aucun sentiment d'animosité. L'Arabe ne signifie rien pour lui.

Dans la partie 2, Camus montre la menace que les opinions de Meursault représentent pour les autorités juridiques et religieuses. Le procureur du procès de Meursault construit une affaire basée sur le caractère moral de Meursault, le dépeignant comme un monstre sans cœur en raison de la manière impitoyable dont il a agi aux funérailles de sa mère. L'establishment est déterminé à affirmer sa propre vision du monde, même si cela provoque l'exécution de Meursault. De ce point de vue, le meurtre des Arabes est secondaire à l'indifférence sans cœur de Meursault.

Camus introduit de nombreux foils, des personnages qui illuminent d'autres personnages par des contrastes, pour illustrer le détachement de Meursault. Marie et Raymond, son amant et ami, montrent chacun une passion pour la vie. Marie veut épouser Meursault, et Raymond veut sa vengeance. Meursault trouve le mariage et la vengeance vides de sens. Thomas Pérez et Salamano ont chacun de forts attachements sentimentaux. En effet, Pérez ressent un lien émotionnel si fort avec la mère de Meursault qu'il s'évanouit presque dans sa tentative de suivre le cortège funèbre. Cependant, Meursault n'impose aucune valeur au sentiment. La petite femme robotise le sens aux routines ; pour Meursault, les routines ne signifient rien. Il est l'étranger souvent silencieux, aliéné de la société et même de lui-même.

En explorant ce thème, Camus présente Meursault comme une sorte de Jésus séculier. Dans son introduction à une édition de 1955 du roman, Camus a décrit le personnage comme "un homme qui ... accepte de mourir pour la vérité" et l'a appelé "le seul Christ que nous méritons". Des comparaisons entre Meursault et Jésus peuvent être faites à plusieurs moments du procès du protagoniste, dans lequel il est injustement caractérisé sur la base de ses croyances et de sa condamnation.

La percée de Meursault à la fin du roman, quand il embrasse sa différence par rapport aux autres, montre que sa mort est en fait un triomphe sur l'establishment. Cela le libère de leur jugement sur ses croyances.

 

Vie physique

Les sensations physiques ont un effet profond sur Meursault ; il se laisse passivement influencer par des forces extérieures. Meursault peut être caractérisé comme un sensualiste qui ne vit que dans le but de ressentir des sensations agréables, telles que fumer une cigarette, nager ou embrasser Marie. Cependant, dans sa passivité, Meursault est également fortement affecté par des sensations dures et désagréables. Pendant le cortège funèbre, les odeurs deviennent si oppressives pour Meursault qu'elles brouillent ses pensées. Les effets du soleil rigoureux le font se tenser et tirer sur l'Arabe.

En prison, Meursault est incapable de compter sur des sensations agréables pour la diversion. En raison de cette privation, il a souvent recours à des réminiscences nostalgiques, rappelant des moments où il jouissait de sensations agréables chez lui. À la fin du roman, Meursault semble se rendre compte que pour s'engager dans la vie, une personne doit accepter les plaisanteries et les dures réalités de la vie de la même manière.

 

Mauvaise communication

Camus explore le thème de la mauvaise communication à travers des personnages qui interprètent mal les paroles et les actions de Meursault pour les adapter à leurs propres visions du monde. Dans la première partie, Raymond en déduit à tort que Meursault sympathise avec son complot de vengeance et veut être son ami. Dans la deuxième partie, la communication entre les autorités judiciaires et Meursault tombe complètement en panne. En conséquence, les autorités interprètent les actions de Meursault de manière conventionnelle, affirmant qu'il a assassiné sa mère parce qu'il n'a pas fait preuve de tristesse lors de ses funérailles.

Camus montre également que des circonstances externes et internes peuvent entraver la communication. Dans le vestiaire de la prison, le vacarme fort des voix qui crient rend la communication entre Meursault et Marie presque impossible. Meursault lui-même est incapable de communiquer les motivations derrière ses propres actions. Il tâtonne pour les mots alors qu'il essaie d'expliquer ce qui s'est passé quand il a tiré sur l'Arabe, parce qu'il n'a pas la capacité de se réflexion.

Le propre style de communication de Meursault engendre une mauvaise communication. Dans un exemple d'ironie dramatique, il est incapable de dire des mensonges qui l'aideraient à vivre dans le respect des conventions sociales. Il ne dit pas qu'il est amoureux de Marie quand elle le lui demande. Il ne dit pas qu'il est désolé d'avoir tué l'Arabe parce qu'il ne l'est pas. Il ne pleure pas aux funérailles de sa mère, même si c'est prévu. À l'exception de Marie, d'autres personnages sont ennuyés par la franchise de Meursault et le considèrent comme sans cœur et mauvais.

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