La Divine comédie de Dante : Le Purgatoire Résumé et analyse

La Divine comédie de Dante : Le Purgatoire Résumé et analyse

 

Cantos 1-9 : Arrivée

Après avoir terminé sa terrible tournée de l'enfer, le pèlerinage de Dante se poursuit alors qu'il voyage à travers le centre de la terre et émerge à la surface d'une grande masse continentale. Le continent est entouré d'un rivage et possède une large plaine herbeuse menant à l'intérieur, mais sa caractéristique la plus distinctive est une immense montagne avec des falaises en terrasses. C'est le mont Purgatoire, et son ascension constituera la prochaine étape du voyage de Dante. Son guide à travers l'Enfer, l'ancien poète romain Virgile, continue de l'accompagner, ayant exceptionnellement obtenu la permission (par le poète Dante) de quitter les limbes pour le faire. Virgile est condamné aux limbes parce qu'il a vécu avant le temps du Christ. Cependant, en tant que païen de vertu, il n'a pas besoin d'entrer en Enfer. Quand ils atteindront le sommet, Virgile confiera Dante aux bons soins de Béatrice, la bien-aimée de Dante, qui est maintenant parmi les bienheureux du Ciel.

Cependant, avant que Dante puisse entrer dans le Purgatoire, il doit naviguer dans une série de niveaux inférieurs traditionnellement appelés l'Ante (avant)-Purgatoire. Ce sont les zones d'attente pour les âmes qui ne sont pas encore prêtes à commencer à se purger du péché. Une région d'Ante-Purgatory est consacrée à ceux qui ont été excommuniés de l'Église et qui n'ont pas fait amende honorable. Un autre retient ceux qui ont reporté le repentir jusqu'à la fin de leur vie, et un troisième est attribué à ceux qui sont morts non baptisés, mais qui ont cherché Dieu au dernier moment. Une vallée luxuriante - la soi-disant vallée des princes - contient des rois, des membres de la famille royale et des nobles qui ont négligé leurs devoirs spirituels au cours de leur vie. Tous ces groupes d'âmes, comme les pénitents plus haut sur la montagne, décrivent le Purgatoire comme un endroit doux-amer : ils sont attristés par leur séparation d'avec Dieu, mais encouragés par la connaissance qu'ils finiront par atteindre le paradis.

Alors qu'il traverse l'Ante-Purgatoire, Dante reconnaît et converse avec de nombreuses figures de la vie réelle dont les âmes attendent de commencer leur ascension. Cette inclusion de ces personnages historiques, commencée dans l'Enfer, se poursuivra tout au long du Purgatoire. Beaucoup de personnages sont surpris de trouver Dante, un être humain encore vivant, errant dans un endroit dont les autres habitants sont déjà morts. Après plusieurs de ces conversations, Dante et Virgile atteignent une porte gardée par un ange, qui inscrit la lettre "P" (pour peccato, italien signifiant "péché") sept fois sur le front de Dante.

 

Cantos 10-26 : Mont Purgatoire

Une fois que Dante et son guide entrent dans la porte, ils sont au Purgatoire proprement dit : une série de sept terrasses, chacune créée pour la purification d'un péché capital différent. Contrairement à la vision de l'enfer de Dante, dans laquelle chaque pécheur souffre éternellement en un seul endroit et d'une seule manière, les âmes pénitentes du Purgatoire passent du temps sur de multiples terrasses de la montagne. Une âme monte d'une terrasse de son plein gré une fois que le péché correspondant a été purgé. Il se dirige ensuite vers la terrasse suivante, atteignant finalement le sommet de la montagne où le paradis vous attend. Alors que Dante suit leurs progrès, il est témoin des punitions des âmes mais n'y participe pas. À chaque niveau, un ange efface l'un des P de son front, effaçant symboliquement la tache ou la punition à cause de ce type de péché.

Les trois premières terrasses traitent les péchés que Virgile décrit comme un « amour mal dirigé » : l'orgueil, l'envie et la colère. Les orgueilleux, qui occupent le niveau le plus bas, sont amenés à porter de lourdes pierres. Ils marchent le long d'une route pavée de sculptures qui montrent des exemples légendaires de fierté et d'humilité. Les envieux sont aveuglés en se faisant taire les paupières cousues avec du fil de fer, et leurs vêtements sont les chemises aux cheveux grossiers portées par les pénitents médiévaux. Sur la troisième terrasse, les en colère sont enveloppés dans une épaisse fumée, ce qui les empêche de voir. Dante remarque brièvement sur la pertinence de ces punitions, mais ses remarques ne sont pas aussi mesquines et vindicatives qu'elles l'étaient dans l'Enfer.

La quatrième et la terrasse du milieu sont consacrées à la paresse (c'est-à-dire à la paresse), que Virgile diagnostique comme une sorte d'"amour insuffisant". Ceux qui étaient paresseux dans la vie courent maintenant énergiquement, proclamant à haute voix les avantages d'être zélés et vifs dans leur foi. Ils ne s'arrêtent jamais pour se reposer mais sont poussés vers l'avant comme s'ils étaient fouettés par un fouet invisible.

Les terrasses cinq à sept abritent les pécheurs qui, selon l'explication de Virgile, aimaient excessivement les biens terrestres. Les avares (c'est-à-dire avides) sont couchés à plat, le visage contre terre, pour symboliser leur amour des choses matérielles. Viennent ensuite les gourmands, qui sont tourmentés par la faim et la soif ; la vue de leurs corps émaciés remplit Dante de pitié. Sur la dernière et la plus haute terrasse, les lubriques sont purifiés par les flammes. En passant par le rideau de feu à ce niveau, Dante termine sa visite du Purgatoire, et le dernier P sur son front disparaît.

 

Cantos 27–33 : Le Paradis terrestre

Les sept derniers cantos décrivent une région intermédiaire entre les punitions du Purgatoire et les joies du Ciel : le Paradis terrestre, également connu sous le nom de Jardin d'Eden. Dante est stupéfait par la beauté du jardin et apprend ses origines divines de la dame Matelda. Dans le Paradis terrestre, découvre-t-il, il y a deux ruisseaux, connus sous le nom de Lethe et Eunoe. Boire dès le premier d'entre eux apporte l'oubli de ses péchés, tandis que boire de l'autre permet à une âme de se souvenir plus clairement de ses bonnes actions. Tous deux feront partie de la préparation de Dante pour sa visite au Ciel.

Avant de quitter le sommet de la montagne, Dante est témoin de deux visions élaborées. Dans la première, une procession représentant les vertus, les dons divins et les livres de la Bible escorte un char symbolisant l'Église. Au centre de la procession se trouve un gryphon, une bête mythologique qui est mi-lion et mi-aigle. Cette nature de "twyforme" marque le gryphon comme un symbole du Christ, qui est considéré à la fois comme humain et divin dans la pensée catholique traditionnelle. Lorsque la procession s'arrête, Dante se retrouve face à face avec Béatrice, son amour perdu. Elle le réprimande pour son péché et le pousse à confesser ses fautes. Il le fait mais s'évanouit de pure émotion. Il est alors partiellement submergé dans les eaux de Lethe, qu'il absorbe.

La deuxième vision concerne l'Arbre de la Connaissance, dont Adam et Ève ont autrefois mangé avec péché. Le gryphon attache le char (c'est-à-dire l'église) à l'arbre, qui éclate soudainement en feuilles et en fleurs. Puis, la majorité de la procession part, laissant Béatrice et quelques compagnons en charge du char et de l'arbre. Sous les yeux de Dante, l'arbre est attaqué par un aigle, qui frappe alors le char. D'autres créatures s'approchent et attaquent également le char, qui est endommagé mais pas détruit. Enfin, le char devient un monstre, qui est délié et conduit dans les bois par un géant menaçant.

Troublé et confus par cette vision, Dante est consolé par Béatrice, qui promet que l'Église survivra à ses troubles actuels. Elle demande ensuite à Dante d'écrire ce qu'il a vu et entendu dans le Paradis terrestre. Une fois qu'il a juré de le faire, Dante boit Eunoe, le ruisseau du souvenir. Cette dernière action le laisse purifié et prêt pour son prochain séjour au Paradis, la dernière des trois parties majeures du poème.

 

Purification

La souffrance, au purgatoire de Dante, est une partie importante de la purification. Les punitions, cependant, ne sont pas des supports de torture conçus pour arracher les péchés d'une âme souffrant passivement. Au lieu de cela, les pénitents du Purgatoire jouent un rôle actif dans leur propre rédemption en priant et en chantant des hymnes, souvent en groupe. Ils récitent également, pour leur propre bénéfice et celui des autres, des exemples des vertus auxquelles ils aspirent et des vices auxquels ils souhaitent éviter. Les âmes sur la terrasse de la colère, par exemple, s'inspirent les unes les autres avec des histoires de personnes célèbres qui ont fait preuve de clémence alors que la colère aurait été la réponse naturelle (Canto 15). Ils se rappellent également les résultats horribles lorsque la colère n'est pas contrôlée (Canto 14). Cet accent mis sur la participation active de l'âme individuelle est l'une des choses qui distingue la vision de Dante des autres versions médiévales du Purgatoire.

En fait, c'est l'âme individuelle, et non Dieu, qui juge la durée appropriée de son séjour au Purgatoire. Statius l'explique dans Canto 21, où il décrit l'achèvement de sa propre pénitence après de nombreux siècles : "La volonté seule donne la preuve de pureté / quand, entièrement libre de changer sa place sacrée, / elle aide et balaie l'âme, bien disposée."

Le purgatoire, confirme Statius, n'est pas un lieu mis en place pour que Dieu purifie les âmes d'une manière mécanique. Au lieu de cela, le Purgatoire est un royaume réservé aux âmes pour se purifier à la fois par la souffrance physique et par la contemplation active de leurs péchés. Les âmes du Purgatoire prennent cette activité purificatrice très au sérieux, et elles y vont avec un grand zèle. Un excellent exemple est la pénitence du pape Adrien V (Canto 19), qui, après avoir discuté avec Dante pendant un petit moment, demande à être laissé seul pour continuer ses prières. Opprimé par un poids surnaturel et attristé par son propre péché, ce pape voit sans aucun doute une conversation avec Dante comme un soulagement bienvenu de la lourde tâche qui l'est à accomplir. Néanmoins, il congédie le poète, sachant que sa pénitence ne peut continuer sans sa participation volontaire et consciente.

 

Voir et ne pas voir

Des images de la vue et de l'aveuglement sont utilisées dans tout le Purgatoire pour représenter la réceptivité de Dante à la vérité divine. En tant que mortel pécheur, Dante ne reconnaît souvent pas les messagers angéliques que Dieu envoie pour le guider et l'encourager dans son chemin. Il les voit, mais pas comme des humains ailés familiers par l'art représentatif occidental. Au lieu de cela, ils lui apparaissent comme des flous lumineux au-dessus de l'océan (Canto 2) ou comme des rayons de soleil sillonnant dans le ciel (Canto 15). Dans ce dernier cas, il réagit avec peur et aversion, se plaignant à Virgile de la luminosité excessive : « Mon doux père, qu'est-ce que c'est ? » Je l'ai dit. / « Je n'en protège pas assez mes yeux. / Il se déplace, semble-t-il, vers nous tout le temps. »

Virgile, le modèle de sobriété et de lucidité, reconnaît immédiatement la lumière brillante comme un ange et avertit Dante de ne pas avoir peur. Au moment où il atteindra le Ciel, Dante sera beaucoup plus habitué à percevoir ces êtres lumineux.

Si la vision représente la capacité de percevoir et de comprendre la vérité de Dieu, l'aveuglement - l'absence de la vision - en vient naturellement à symboliser le contraire. Le Purgatoire invoque deux fois la cécité physique comme moyen de mettre en valeur le refus ou l'incapacité des pécheurs à reconnaître ce qui est juste. Sur la deuxième terrasse, où les envieux sont punis, les pénitents ont les yeux littéralement cousus. Cette pratique signale extérieurement leur cécité, pendant la vie, aux mérites des autres. De même, les courroucés - incapables de voir à travers leurs propres impulsions émotionnelles - sont enveloppés d'une fumée nocive qui peut ou non être hallucinogène ! (Dante, comme indiqué ci-dessous, a tendance à "voir les choses" même lorsque le ciel est clair, de sorte que le rôle de la fumée est difficile à évaluer.)

Les visions - que Dante voit dans un état onirique - jouent également un rôle majeur au Purgatoire. Dante a trois rencontres de ce type lors de son voyage vers le haut du Purgatoire, et chacune semble délibérément orchestrée pour le bénéfice du poète. Dans le premier (Canto 9), Dante rêve d'être saisi et porté par un aigle royal ; son corps endormi est, quant à lui, porté à mi-chemin de la montagne pour hâter son progrès. Puis, dans Canto 19, Dante a la vision d'un vieux hag qui devient une sirène (une dangereuse créature mythologique grecque qui a attiré les marins jusqu'à leur mort avec un beau chant) et qui s'avère être une leçon d'objet pour reconnaître et résister à la tentation.

En eux-mêmes, ceux-ci pourraient être rejetés comme l'esprit de Dante jouant des tours sur lui, mais le cadre est erroné pour une telle tromperie. Le purgatoire, rappelle à plusieurs reprises Dante au lecteur, est le territoire de Dieu, de sorte que toute tromperie apparente doit avoir un but plus élevé d'une sorte ou d'une autre. En gardant cela à l'esprit, il est plus facile de comprendre la description de Dante de ses autres visions à flanc de montagne (Cantos 15 et 17) comme une "fausse erreur". Les visions, suggère cette expression célèbre évocatrice, ne reflètent pas avec précision ce qui est sous les yeux de Dante, et ne sont pas censées le faire. Leur but est de faire un geste vers des vérités plus profondes inhérentes au Divin.

 

Contrapasso

Tant dans l'Enfer qu'au Purgatoire, les peines sont adaptées au crime. Les maudites âmes de l'Enfer offrent les exemples les plus mémorables et les plus horribles : les faux prophètes, par exemple, ont la tête tordue pour regarder derrière eux - et non devant eux, comme ils prétendaient le faire dans la vie. Les schismatiques, ceux qui ont semé la division entre croyants religieux ou la discorde entre les familles, sont eux-mêmes littéralement coupés en morceaux. Cette notion de punition divine ressemblant physiquement ou métaphoriquement au péché est appelée contrapasso, un mot italien signifiant à peu près "rétribution" ou contrepoint.

Au Purgatoire aussi, une sorte de contrapasso prévaut, mais d'une manière plus douce et moins vicieuse qu'en Enfer. Chacun des sept péchés capitaux a sa punition distincte, et un sens de la justice poétique est évident dans chacun. Les fiers sont physiquement alourdis, ce qui les force à adopter une posture humble plutôt que de se pavaner avec arrogance. L'envie et la colère, les péchés que l'on pourrait dire "aveugle" une personne, sont punis par la perte de la vue. Les envieux, qui dans la vie étaient aveugles à la bonté des réalisations des autres, ont les paupières cousues fermées. Les courrois, dont le jugement a été obscurci par leurs passions, se promènent dans une fumée dense et âcre. Le schéma se poursuit sur des terrasses plus élevées : les gourmands sont tourmentés par la faim, les brûlures lubriques dans les flammes qui représentent leur passion.

Certaines des punitions du purgatoire de Dante sont, sans aucun doute, à égalité avec l'Enfer en termes d'effroi. Les glouttoneux, en particulier, sont décrits en termes conçus pour éloigner le lecteur vers un mélange de sympathie et de dégoût. Le contraste du Purgatoire est cependant différent de celui de l'Enfer à au moins deux égards. L'une est la nature transitoire et déterminée de la punition : les pénitents ne souffrent pas sans fin. Au lieu de cela, ils subissent une forme de purification spirituelle qui les rapprochera de Dieu. En se rappelant (et, soit dit en passant, Dante) ce fait, ils rendent leur punition un peu plus supportable pour le moment.

L'autre différence majeure est l'attitude de Dante envers les âmes souffrantes. Dans l'Enfernohe se réjouit, quelque peu cruellement, du fonctionnement souvent violent de la justice divine. "Il vous sait bien", semble-t-il souvent dire en regardant les pécheurs être cuits dans la poix, grillés par le feu de l'enfer ou enterrés dans la glace éternelle. Ce genre de gloratoire est pratiquement absent du purgatoire, où Dante est généralement beaucoup plus compatissant envers les âmes qu'il rencontre - peut-être parce qu'il s'attend à partager leur sort. Les gloutons susmentionnés, par exemple, placent Dante à un tel degré de pitié qu'il remet presque en question l'équité de leur punition.

Le Purgatoire de Dante est une œuvre richement symbolique, employant différentes personnes, différents lieux et différentes choses comme emblèmes de divers aspects du voyage de l'âme vers le salut. Beaucoup de ces symboles sont locaux à un passage spécifique du texte et sont discutés dans les Insights pour ce passage. Les symboles décrits ici sont plus généraux et reviennent ou persistent tout au long du poème.

 

La montagne

Le mont Purgatoire, le cadre de l'action majeure du poème, est lui-même un symbole massif. L'acte d'escalader une montagne a des caractéristiques en commun avec l'idée de croissance spirituelle de Dante. D'abord et avant tout, l'escalade d'une montagne demande des efforts, surtout si - comme Dante dans le poème - l'alpiniste est encore de la chair et du sang, plutôt qu'un esprit désincarné. Cela peut également nécessiter de l'ingéniosité lorsque l'itinéraire n'est pas évident, un problème rencontré par Dante plusieurs fois tout au long du Purgatoire. Les moments où Dante découvre un col ou un sentier sont comme les moments "a-ha" de son développement moral ; ils se distinguent de l'effort quotidien d'essayer d'être une bonne personne. Escalader une montagne permet également de voir de plus en plus le paysage environnant. Dante ne passe pas beaucoup de temps à regarder la vue, mais il se retrouve à s'approcher de "vistas" plus clairs de la pensée alors qu'il monte ce paysage divin que lui seul est autorisé à voir.

Théologiquement, la hauteur de la montagne la distingue également de l'enfer et du ciel d'une manière intéressante. Les vivants occupent la surface de la terre, de sorte que les âmes de l'Enfer de Dante sont physiquement plus éloignées de Dieu que celles qui sont encore en vie. Plus on va loin, plus la séparation est grande. Le ciel, en revanche, est un royaume complètement distinct de la terre, et Dante doit littéralement sortir de l'atmosphère terrestre pour l'atteindre. Le purgatoire, comme à tous les autres égards, se situe entre les deux. En tant que montagne, elle est encore physiquement attachée à la terre, mais elle pointe vers le haut, pas vers le bas comme la caverne de l'enfer en forme d'entonnoir. De même, les âmes du Purgatoire sont toujours "attachées" à leur vie passée de diverses manières, mais au fur et à mesure qu'elles se purifient, elles s'élèvent au-dessus de leur condition terrestre pour s'approcher de Dieu.

L'analogie alpine, cependant, ne va que jusqu'ici. Le mont Purgatoire n'est pas une montagne ordinaire, et les façons dont il diffère d'un pic terrestre sont elles-mêmes importantes. D'une part, le Purgatoire n'a pas de temps à dire, et son étrange configuration en terrasses n'est évidemment pas l'œuvre de la nature. Ces deux traits illustrent le statut du Purgatoire en tant que "monde à part" et soulignent le rôle de Dieu dans sa création et son maintien. De plus, l'escalade d'une montagne fatigue généralement une personne, mais comme Virgile le souligne dans le Canto 4, cela ne se produit pas sur le mont Purgatoire. Au lieu de cela, la montée devient plus facile à mesure que l'on monte, parce que l'on est à la fois moins accablé par les taches du péché et plus proche de Dieu.

 

Les Sept P

Juste avant que Dante n'entre au Purgatoire proprement dit, un ange prend le bout d'une épée tranchante et écrit la lettre P sept fois sur son front. La lettre est généralement acceptée pour signifier peccato (péché), écrite sept fois pour représenter les péchés capitaux.

Plus généralement, les lettres marquent Dante comme un pécheur et, par conséquent, comme un participant symbolique à la souffrance pénitentielle du Purgatoire. Le mot clé ici est symbolique : Dante ne subit pas réellement les punitions intenses et parfois physiquement défigurantes de chaque terrasse. Il a parfois un bref avant-goût de ce que vivent les pénitents réels, comme lorsqu'il est aveuglé par la fumée sur la troisième terrasse ou qu'il doit marcher à travers le feu du septième. Pourtant, il ne s'attarde jamais assez longtemps pour vraiment ressentir toute la force des douleurs rédemptrices du Purgatoire. Certaines des âmes rencontrées par Dante sont là depuis un millénaire ; son voyage, en revanche, prend moins de quatre jours. En fin de compte, Dante est témoin de la souffrance des pénitents sans s'y immerger. Les Ps, bien qu'ils aient pu faire mal lorsqu'ils ont été gravés pour la première fois dans sa peau, sont plus un itinéraire spirituel qu'un récit de péchés absous.

Un autre rôle, moins évident, joué par le Ps est la création d'un sentiment de continuité dans le poème. Chaque fois que Dante monte d'une terrasse à l'autre, il arrive que certaines choses indiquent son progrès. L'un des P est effacé, parfois sans même que Dante s'en aperçoive vraiment, et un passage pertinent des Béatitudes est prononcé par un ange. Ces gestes répétés fournissent une sorte d'échafaudage narratif sur lequel Dante peut construire le reste de son conte visionnaire.

Écrire commentaire

Commentaires: 0