Jules César de Shakespeare Résumé et analyse

Jules César de Shakespeare Résumé et analyse

Résumé

En 44 av. J.-C., le général Jules César retourne à Rome victorieux après avoir vaincu son rival Pompée. Les citoyens romains l'encouragent alors qu'il défile dans les rues. Mais il n'est pas bien accueilli par tout le monde. Deux tribuns, Flavius et Marullus, craignent que César ne soit devenu trop idolâtré ; ils dépouillent les statues de César de leurs parures cérémonielles. Alors que César se prépare à saluer le public à la fête de Lupercal, un devin s'approche. "Méfiez-vous des Ides de mars [le 15 mars]", avertit-il. César l'ignore.

Les amis de César Cassius et Brutus discutent de la quête du pouvoir du chef. Cassius craint que César ne devienne un dictateur. Il craint que la république romaine ne soit ainsi détruite, emportant avec elle la liberté de ses citoyens. Brutus partage les préoccupations de Cassius mais reste fidèle à César.

Cassius concocte un complot d'assassinat pour tuer César. Il fait appel à Casca, Decius, Trebonius, Ligarius, Metellus Cimber et finalement Brutus comme conspirateurs. Ils envisagent de tuer Antoine, un proche associé de César, mais décident de ne pas le faire. Pendant ce temps, la femme de César, Calphurnia, a un rêve inquiétant qui, selon elle, prédit la mort de César. César rejette ses craintes et se rend de toute façon au Sénat sur les Ides de mars.

Au Sénat, César refuse la pétition de Metellus Cimber visant à rapatrier un frère banni. Sur le signal, les conspirateurs se lèvent et attaquent César. Quand Brutus frappe, César - choqué par la trahison de son ami - dit : "Et tu, Brutè ?" ("Vous aussi, Brutus?")

Antoine découvre les conspirateurs avec le corps de César. Antony pleure mais convainc les conspirateurs qu'il prendra leur parti en public.

Aux funérailles de César, Brutus parle en premier. Il raconte à la foule qu'il a tué César par amour pour Rome et par peur de la dangereuse ambition de César. La foule croit Brutus et est d'accord avec lui. Antoine parle ensuite. Il s'adresse à la foule comme "Amis, Romains, compatriotes", gagnant leur faveur, et dit que César était un bon dirigeant qui est mort d'une mort cruelle. Il donne de multiples exemples du manque d'ambition dictatoriale de César, dévoile le corps de César et lit la foule la volonté de César, qui légue de l'argent à chaque citoyen. Le discours et les actions d'Antony ritent la foule contre les conspirateurs, comme Antony l'avait prévu. Cassius et Brutus sont forcés de quitter la ville et construisent des armées pour combattre les forces d'Antony.

Octavius César arrive à Rome. Octave est le petit-neveu et le fils adoptif de Jules César. Il a également été nommé successeur de son grand-oncle. Après les funérailles, il rencontre Antoine et le général Lepidus. Les trois prévoient de dépasser les forces de Brutus et de Cassius et de gouverner Rome eux-mêmes.

Brutus et Cassius se disputent alors qu'ils étaient dans le camp en train de se préparer à la bataille. Cassius refuse de punir un soldat qui accepte des pots-de-vin ; Brutus craint qu'ils ne sombrent tous dans la corruption s'ils n'agissent pas honorablement, et la mort de César sera vaine. Finalement, les deux se réconcilient. Brutus avoue que sa femme, Portia, s'est suicidée après la longue absence de Brutus.

Plus tard dans la nuit, Brutus reçoit la visite du fantôme de César. Le fantôme dit que Brutus le reverra le lendemain - à Philippes, le site de la bataille avec Antoine, Octavius et les forces de Lépide.

A Philippes, la bataille commence. Les forces de Cassius perdent rapidement du terrain. Cassius envoie son serviteur Pindarus voir comment les troupes de Brutus se portent ailleurs sur le champ de bataille. Pindarus rapporte de mauvaises nouvelles - l'ami et compagnon de soldat de Cassis Titinius a été capturé. Titinius célèbre en fait une victoire avec ses troupes, mais Pindarus et Cassius regardent de trop loin pour le voir. Cassius, désespéré, demande à Pindarus de le tuer.

Brutus continue à se battre mais perd contre l'opposition. Antony a appelé à la capture de Brutus, mort ou vivant. Brutus tombe sur son épée plutôt que de retourner à Rome comme esclave. Il prétend (comme Cassius à sa mort) que César est vengé.

Antoine et Octavius, maintenant vainqueurs, tombent sur le Brutus déchu. Antony loue la noblesse de Brutus et décide de l'enterrer en héros de guerre.

 

Analyse

Jules César de Shakespeare explore les caractéristiques d'un bon leadership. Le pouvoir, la capacité de bien parler, la sagesse dans l'élaboration des lois, la stratégie sur le champ de bataille, la bravoure - toutes ces caractéristiques sont nécessaires. Les personnages de Jules César montrent tous ces traits. Pourtant, aucun d'entre eux n'est un leader parfait, ils sont tous imparfaits. Il reste au public à décider par lui-même qui aurait été le leader idéal pour Rome.

 

Tyrannie et pouvoir

Shakespeare explore le thème de la tyrannie tout au long de la pièce et à travers la question centrale de l'œuvre : César est-il un tyran et son meurtre est-il justifié ? Bien que le public ne soit présenté aucune preuve directe de la tyrannie de César, Cassius utilise un langage figuratif pour convaincre d'abord Casca puis Brutus que César est en effet un tyran qui doit être exécuté pour son propre bien et pour celui de Rome. Cassius compare César à un loup qui considère les Romains comme des moutons. Il déclare que si César devenait roi et donc tyran, Cassius se considérerait comme un esclave, et il préférerait s'enlever la vie plutôt que de vivre asservi.

La poursuite du pouvoir, alimentée par l'ambition, est étroitement liée au thème de la tyrannie. L'ambition très discutée de César lui vaut la place de leader. Comme Antony le souligne dans son discours funèbre, le règne de César a maintenu Rome économiquement stable. Les sénateurs qui envient César ou qui ne sont pas d'accord avec ses méthodes montrent eux-mêmes une certaine forme d'ambition. Bien qu'il accuse César d'ambition, Cassius poursuit lui-même le pouvoir. Il envoie de fausses preuves concernant César pour tromper Brutus en lui faisant croire du mal à son ami. En utilisant ce mensonge et la pression des pairs, il persuade Brutus d'accepter le rôle de facto de chef du complot dans l'assassinat de César. L'ambition conduit César, et plus tard Antoine, à ignorer les besoins des autres. Une fois son grand-oncle mort, Octave commence sa montée vers le pouvoir, défiant Antoine en ce qui concerne les stratégies de combat.

 

Communication et persuasion

La communication chez Jules César est souvent une affaire de vie ou de mort. Les personnages de Shakespeare communiquent, ou tentent de communiquer, de plusieurs manières différentes : par le biais de conversations privées, de discours publics et de messages écrits. Même les interactions de caractères vues de loin sont interprétées comme des messages. Dans l'acte 5, par exemple, Pindarus rapporte par erreur que Titinius a été tué, et cette mauvaise communication entraîne la mort de Cassius.

Plus tôt, dans l'acte 2, scène 1, Cassius utilise la rhétorique dans la conversation et dans ses lettres falsifiées pour persuader Brutus de rejoindre les conspirateurs. Tout au long de la pièce, Shakespeare démontre le pouvoir de la parole publique et de la rhétorique pour motiver des groupes d'individus à agir facilement comme un seul. Marullus décrit ce phénomène dans l'acte 1 lorsqu'il réprimande les Romains pour avoir célébré la défaite de Pompée.

Dans l'acte 3, scène 2, Brutus et Antoine démontrent la facilité avec laquelle l'opinion publique peut être manipulée. Pendant les funérailles, sous l'influence d'Antony, le peuple passe d'une foule en colère à une foule de fourches et de torches prête à tuer les innocents. La foule chasse Brutus et Cassius de Rome, incitant à une guerre et ouvrant la voie à la prise du pouvoir par Antoine et Octave.

 

Libre arbitre versus destin

Les humains peuvent-ils utiliser le libre arbitre pour contrôler les dates ou les manières de leur mort ? La pièce tourne autour d'une mort majeure, celle de César, et se demande si elle était inévitable ou justifiée. César lui-même croit fermement au destin. La force de cette croyance peut être ce qui le tue - s'il avait tenu compte de l'intervention de présages, il ne serait peut-être pas allé au Capitole.

Cassius, en revanche, croit pouvoir changer son destin. Et cette croyance déclenche une chaîne d'événements qui conduit à sa mort. Cassius, Brutus, Titinius et Portia se suicident tous. Ils prennent la mort en main, selon leurs propres termes - une démonstration de libre arbitre, mais peut-être face à une mort que le destin a taillée pour eux.

Les personnages de Shakespeare tentent à plusieurs reprises de prendre le contrôle d'événements hors de leur contrôle, avec des résultats mitigés. Flavius et Marullus tentent de freiner la montée en flèche de l'image de soi de César en profanant ses statues. Brutus tente de gérer les perceptions du public lors des funérailles de César. Cassius met en branle les événements qui ont conduit à la chute de César, au nom de la liberté pour Rome.

Malgré les échecs fréquents de leurs actions audacieuses, les personnages principaux approuvent souvent le libre arbitre comme impératif, le seul moyen de sortir d'une vie impuissante et misérable. Brutus, par exemple, devient plus audacieux tout au long de la pièce. Dans le premier acte, il est mécontent du couronnement de César mais n'est pas convaincu qu'il peut changer quoi que ce soit. Au quatrième acte, il donne des ordres en toute confiance en temps de guerre.

 

Honneur

L'honneur d'une personne, c'est-à-dire l'intégrité ou des normes morales élevées, est un concept que Shakespeare utilise tout au long de la pièce. Brutus se considère comme un homme honorable, qui sert le bien général du peuple. Cassius utilise l'honneur comme un outil pour manipuler Brutus pour qu'il se joigne à la conspiration d'assassinat. Il flatte le sens de l'honneur de Brutus, disant qu'il aimerait que Brutus puisse se voir sous le même jour louable que les autres le voient. Une fois que Cassius convainc Brutus que César est devenu déshonoré, Brutus accepte de prendre part à l'assassinat. Dans son discours funèbre, Antony utilise l'honneur comme un moyen de discréditer Brutus et les autres conspirateurs et de dresser la foule contre eux.

 

Force et brutalité

Shakespeare illustre que la culture romaine, en particulier pour les hommes, dictait que la force physique était la preuve de la valeur tout autant que la perspicacité intellectuelle ou le sens politique. Les arguments ont été résolus par la bataille. Les personnages prêts à montrer de la force finissent au sommet, comme dans le cas du meurtre de 100 sénateurs d'Antony et d'Octavius (ou 70, selon le rapport exact). Les personnages réticents à montrer la force en profitent, comme lorsque Brutus résiste à tuer Antony.

Shakespeare ne le présente pas simplement, bien sûr, et permet à chaque personnage majeur de définir à sa manière ce que signifie être un leader. Ils luttent chacun pour prouver leur valeur : César en renversant l'argument de sa femme, par exemple, et Brutus en retenant ses émotions.

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