Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir Résumé

Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir Résumé

 

Altérité et opposition

L'homme et la femme ne sont pas opposés, bien que linguistiquement, ils soient constitués comme une paire opposée. On pourrait dire que l'humanité se compose de deux types d'individus, et la relation entre eux n'est que la notion de différences asymétriques - ou d'altérité. La première reconnaissance par le nourrisson humain des limites de son corps, et sa séparation des autres corps et objets de son monde, est caractérisée par l'analyste britannique D.W. Winnicott comme "moi" et "pas moi". En d'autres termes, le premier trope de la cognition reconnaît la différence. Pour l'enfant, cette différence peut être aussi grande que son corps et la chaîne de perles qu'il a souvent saisie en se nourrissant. "pas moi" peut être une odeur nauséabonde ou le parfum sucré du parfum d'une mère. Si une personne est essentielle, l'autre est le négatif de cette personne. Simone de Beauvoir suit le philosophe allemand Hegel (1770-1831) lorsqu'elle déclare : « Le sujet [...] s'affirme comme l'essentiel et met en place l'autre comme non essentiel, comme l'objet ». Le mâle, le sujet souverain, opère par opposition.

 

Altération et réciprocité

L'altérité est le terme désignant la relation entre les sexes, mieux comprise comme un mode cognitif, une façon de percevoir la différence. Par exemple : dans un pays étranger, un étranger apparaît, un chevalet sous son bras, une artiste à la recherche de nouvelles perspectives. Elle se distingue à près de sept pieds de haut. Les habitants lèvent les sourcils et détournent le regard. Elle n'est pas vue telle qu'elle est, mais comme extraterrestre, comme Autre. Cette réponse à la différence est, dans un vocabulaire existentiel, oppositionnelle. L'altérité oppositionnelle caractérise la perception masculine. L'homme se considère comme essentiel, et l'autre comme non essentiel. La réponse initiale est défensive.

Cependant, si un local est assez courageux pour vouloir danser avec l'étranger suave, ou, peut-être, il est intrigué par la nouveauté, il doit la reconnaître non pas comme Autre, mais comme un individu qui le voit et peut être vu. Dans ce scénario, tous deux sont des sujets souverains, liés par la différence et capables de fonctionner dans une relation réciproque. L'image qu'ils présentent n'est pas un homme de taille réglementaire dansant avec une femme imposante, mais une image de conversation animée, de sourires et de rires, et peut-être éventuellement de larmes : Soi et Soi, plutôt que Soi et Autre. Cette relation alternative est la relativité, et la réciprocité en est la conséquence fonctionnelle. La femme libérée, rejetant son arité, demande l'individuation en opérant réciproquement.

 

Transcendance et immanence

La transcendance est l'expansion de l'individu vers un avenir ouvert. Le sujet moral n'accomplit sa liberté qu'en se surpassant perpétuellement vers d'autres libertés. La vie morale consiste en une tendre la main, un progrès vers le bien de l'humanité. L'immanence est un virage vers l'intérieur. Beauvoir déclare que lorsque la femme est définie comme Autre, comme un utérus ou un corps sexuel, "une tentative est faite de la geler en tant qu'objet et de la condamner à l'immanence". Même la femme indépendante se retrouve divisée entre sa féminité, son immanence potentielle et son désir de fonctionner comme un être humain transcendant.

 

Le rêve d'une réalité commune

Dans la conclusion de Le deuxième sexe - "Les hommes et les femmes doivent ... au-delà de leurs différenciations naturelles, affirmer sans équivoque leur fraternité" - deux mots se démarquent : différenciations et fraternité. Le premier est un processus transcendant, l'acte de trier les différences, de les tenir dans sa main et de les examiner. L'histoire et la biologie des femmes de Beauvoir ont clairement fait le tri, et avec le tri, elle a fourni une compréhension, une appréciation de l'acte de respecter la différence plutôt que de la lire comme oppositionnelle. Le deuxième mot, fraternité, révèle que dans un monde d'appréciation de la différence, d'acceptation de la différence, soi et les autres se dissipent. Ce qui prend leur place, c'est le soi et le soi, deux moi souverains dans lesquels le sexe biologique n'est plus le facteur déterminant d'une relation. Dans un tel monde, l'altérité est une richesse et conduit à un potentiel d'échange, à une communauté de moi souverain et à une fraternité d'êtres humains individuels.

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